En 2023, Godzilla marquait une nouvelle fois de ses trop grosses pattes l’histoire du cinéma avec le très impressionnant Minus One, mis en scène et écrit par Takashi Yamazaki. Le réalisateur, également derrière les effets spéciaux du film avait pourtant à son palmarès le pas terrible Space Battleship Yamato ou encore le très dispensable film d’animation Lupin III The First. Il fallait bien le monstre le plus célèbre de l’histoire du cinéma pour qu’il trouve son sujet.

Minus One relançait la franchise à zéro, replaçant son monstre légendaire dans le contexte de la Seconde Guerre Mondiale. Le film était aussi impressionnant qu’émouvant, Takashi Yamazaki alternant des scènes d’envergure avec des moments bien plus intimes. Sa suite est encore plus réussie. Le réalisateur déclarant lui-même s’être inspiré des suites des films de James Cameron, on peut le dire sans hésiter : Godzilla Minus Zero est le Terminator 2 du film de monstres.

Minus Zero s’ouvre – c’est littéralement la première séquence- sur une autre créature que Godzilla, une bestiole que la promo vous cachait depuis le début et qui va changer vos idées préconçues sur le film. Cet autre monstre, capable de voler, et aux pouvoirs terrifiants va continuer à ravager un Japon qui n’en peut plus. Et une partie de l’équipe du premier volet, dont le pilote incarné par Ryūnosuke Kamiki et le professeur joué par Hidetaka Yoshioka et auquel il faut ajouter quelques nouveaux personnages dont un scientifique incarné par Min Tanaka.

En réutilisant la famille recomposée (c’était de base une superbe idée) au coeur du premier volet, Takashi Yamazaki pousse tous ses curseurs : les scènes sont encore plus dantesques que l’original et l’émotion encore plus au rendez-vous, vu comment on est désormais bien attachés aux personnages (alors que dans le premier volet, ça ne fonctionnait pas toujours). La jeune Akiko et son « bon voyage » magique vous fera verser quelques seaux de larmes.

Et Takashi Yamazaki multiplie les idées. Non content de reprendre ce qu’il faisait déjà très bien, il élargit son univers, montrant notamment les Américains (et les décrivant comme d’immondes crapules – on se demande comment il a obtenu une prod là-bas) et des personnages moins isolés. On voit d’avantage le Japon et les marques de la Seconde Guerre Mondiale. Il remplace les scènes de mer par des scènes de bataille aérienne. Et continue à faire appel à Naoki Satō à la musique, qui livre une partition presque wagnerienne, jonglant avec le superbe thème du film de 1954.

Développer d’avantage nous emmènerait sur le terrain du gros spoiler. Il y aurait beaucoup à dire, notamment autour de certains thèmes, mais la Toho nous a spécifiquement demandé de ne pas en révéler plus. Mais vous pouvez désormais imaginer à quoi ressemble le stupéfiant dernière acte, un affrontement dantesque entre Godzilla et l’autre créature.

Retenez donc ceci : Godzilla Minus Zero est plus réussi que son prédécesseur. On s’est fait marcher dessus par une créature de plusieurs dizaines de mètres et on a pleuré devant une petite fille qui en mesure à peine un. C’est un film gigantesque, littéralement, et sans aucun doute une des meilleures productions de 2026.

Godzilla Minus Zero, de Takashi Yamazaki – Sortie en salles le 4 novembre 2026

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