Faute avouée étant à moitié pardonnée, voici : l’auteur de ces lignes n’y connait pas grand chose à Resident Evil. Il y a pourtant neuf jeux principaux et tout un tas de titres secondaires et autres remakes, six films initiés par Paul W.S Anderson. Si j’avoue avoir jeté un oeil au début de la saga ciné et avoir quelques notions du lore, ce n’est pas ici que vous lirez une critique de fan hardcore.
Par contre, vous lirez celle de quelqu’un qui trouve que Zach Cregger est un réalisateur génial, qui le prouve une nouvelle fois avec ce sacré banger.

Resident Evil s’ouvre sur le héros de l’histoire brillamment interprété par Austin Abrams. Le bougre est un coursier à qui l’on confie une sacoche médicale à transporter en urgence à Racoon City. Un vaccin ? Un coeur à transplanter ? Peu importe. Il prend sa voiture et fonce dans les paysages enneigés. Jusqu’à croiser un lot d’embûches et découvrir que le virus d’Umbrella Corporation a fait des ravages.
Pour relancer la saga Resident Evil, Zach Cregger fait le choix de la petite échelle, de raconter l’histoire d’un nobody plutôt qu’un personnage des jeux vidéo, et de notre découverte de l’univers à travers ses yeux. Mais il le fait intelligemment : le personnage de Bryan pourrait être un joueur assis devant sa télé la manette en main. Cregger utilise d’ailleurs des éléments propres aux jeux vidéo. On n’échappe pas au plan avec une arme à la première personne mais il cale aussi sa caméra derrière le héros, un héros gauche, hésitant, maladroit mais prêt à aller jusqu’au bout.
Un joueur lambda en quelque sort, dans lequel je me suis reconnu moi qui suis nul au tir dans les jeux, Un joueur qui améliore son matériel, gagne en expérience, doit gérer son inventaire de munitions avec soin. Les décors changent au rythme des niveaux d’un jeu, avec des ennemis de plus en plus coriace, des routes barrées par des voitures parce qu’il faut qu’on suive la destination prévue, etc… Sans jamais forcer, Cregger nous faire voir un jeu vidéo filmé.

J’ai sûrement échappé à 3 millions d’easter eggs et de référence mais rien ne m’a empêché d’apprécier ce que je voulais à l’écran. La photo de Dariusz Wolski, habitué des derniers films de Ridley Scott, est superbe tout comme la narration est fluide et maligne. Bonus inattendu : ce Resident Evil à la sauce 2026 s’est révélé super drôle grâce à son personnage principal et quelques gags à répétition plutôt malins. Ca n’a pas empêché Cregger de rester dans l’horreur, avec quelques jumpscares solides et des moments bien gore.
Après une tentative de reboot en 2021 que tout le monde a oublié, l’univers de Resident Evil revient donc au cinéma par une petite porte en terme d’échelle mais un immense portail en terme de qualité. C’est drôle, gore, et parfaitement maitrisé.
Resident Evil, de Zach Cregger – Sortie en salles le 16 septembre 2026
