On ne s’attendait pas à voir le réalisateur de It Follows et Under the Silver Lake revenir derrière la caméra avec un blockbuster grand public mais la vie est pleine de surprises. Dont des bonnes, comme le fait de s’être associé avec Bad Robot, société de prod pilotée par J.J Abrams pour un film de dinosaures, un vrai.

On remercie donc David Robert Mitchell de signer le blockbuster de l’été.

Nous sommes au début des années 80 dans une banlieue résidentielle américaine comme il en existe des milliers. Derrière les sourires de façade et les pelouses bien tondues se cachent des secrets. Elle n’a pas dit à son mari qu’elle écrivait en secret un roman dans sa cave. Il ne lui a pas avoué s’être fait viré. Leur quotidien en réalité pas ouf va être mis à l’épreuve quand … tout le quartier va être transposé à l’époque des dinosaures.

On pense forcément à Steven Spielberg. Non seulement à l’inévitable saga Jurassic Park mais aussi à la série Terra Nova qu’il a produit il y a quinze ans et qui jouait déjà avec une notion de voyage dans le temps. Ajoutez à cela Michael Giacchino à la musique (qui avait signé celles des Jurassic World), le thème de la famille et l’époque et on s’attend à voir une production Amblin. Pourtant, si la comparaison est inévitable, David Robert Mitchell cherche à l’éviter à travers sa mise en scène. On est loin d’un Super 8 qui voulait faire comme Spielberg, mais bien face à un long métrage vision de son réalisateur.

Grâce à une miraculeuse durée de 1h40, le film ne perd pas trop de temps pour mettre face aux créatures la famille Platt. C’est rythmé, malin et c’est, après tout, le vrai premier film montrant des dinosaures dans un environnement urbain. C’est gore aussi, Oak Street. Mais c’est très cool à regarder, autant pour les monstres préhistoriques, qui se veulent cette fois réalistes (avec des poils ou des plumes) que pour les protagonistes.

Saluons surtout la performance des personnages féminins, plus malins et débrouillards que leur alter ego masculin. Des personnages qui permettent à David Robert Mitchell d’évoquer les familles américaines faussement fonctionnelles, où tout le monde vit dans son coin sans jamais se parler à l’exception de quelques rares moments où on se retrouve autour d’une table pour faire semblant. Heureusement, l’épreuve colossale qui les attend devrait remettre de l’ordre dans tout ça.

Et comme sur CloneWeb, on n’a rien contre des fins heureuses, on n’a rien non plus contre celle-là. Certes, le réalisateur lâche une idée qu’on n’avait pas vu venir, mais on pense, par ici, qu’elle est plutôt honorable, lui permettant d’assumer son délire jusqu’au bout.

Bref, si vous aimez les dinosaures (mais qui n’aime pas ça ?), vous avez le choix entre le nouvel opus de la Pat Patrouille Mission Dino (un film d’animation tout à fait honorable si vous avez moins de six ans) et ce petit banger estival, rythmé, malin, bien troussé et qui rappelle que c’est ce qu’aurait dû être les troisièmes Jurassic Park/World.

La Fin d’Oak Street, de David Robert Mitchell – Sortie en salles le 19 août 2026

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