En 2007, le jeu vidéo Super Mario Galaxy sortait sur Wii et bousculait le genre. Troisième jeu de la saga Super Mario Bros en 3D, le jeu bénéficiait de deux très bonnes idées : un capteur de mouvement dans la manette permettait différentes interactions (notamment récupérer des petits cristaux d’étoiles) et les niveaux étaient composés de mini planètes à explorer, jouant notamment sur l’apesanteur. Auréolé du succès du premier film (1,3 milliard de recettes au box office mondial), Nintendo a pris les fans de court en annonçant une adaptation du jeu vidéo galactique quand on attendait une suite plus terre à terre.
Toujours réalisé par Aaron Horvath (Teen Titans Go) et Michael Jelenic (Teen Titans, Thundercats), toujours animé en France par Illumination, Super Mario Galaxy reprend une partie de l’histoire du jeu éponyme tout en l’adaptant à l’univers cinématographique. La galaxie est en danger car Bowser Jr veut libérer son papa pour mieux tout détruire. Pour cela, il va capturer Harmonie, la princesse des étoiles. Peach et Toad vont partir à sa recherche et Mario & Luigi vont suivre.

Vous lirez à droite et à gauche que le film n’a pas de scénario. En réalité, Super Mario Galaxy est encore plus un jeu Super Mario que le film précédent. Ici, les personnages doivent parcourir différents niveaux pour sauver une princesse. C’est tout. Mais c’est exactement ce qu’on veut voir à l’écran : des univers qui varient et des scènes de plates-formes. En l’occurrence, Illumination se fait plaisir tant l’animation est fluide, les scènes dynamiques et les arrières plans complexes. C’est beau, fun, coloré et les personnages bondissent joyeusement un peu partout.
Mais il a effectivement quelques soucis d’écriture. Embêtés par le premier film, et notamment le nouveau rôle de Peach qui n’est plus seulement une princesse en détresse, les scénaristes forcent quelques séquences. L’idée de vouloir reprendre tous les personnages pour mieux les séparer est maladroite et certains passages sont dispensables, notamment une séquence qui est principalement une référence au jeu Yoshi’s Island. Citons aussi Yoshi, teasé à la fin du premier film et ici finalement assez peu et mal utilisé. Illumination aurait sans doute mieux fait de couper des passages inutiles pour mieux se focaliser sur les possibilités offertes par les mini-planètes (finalement ici, assez sages).
Néanmoins, difficile de bouder son plaisir devant l’utilisation du lore. Quarante et un ans de jeux vidéo, ça représente des centaines d’univers et encore plus de personnages. Nintendo plonge à bras le corps dedans, utilisant joyeusement plein d’éléments devenus cultes des jeux, allant même jusqu’à redonner ces lettre de noblesse à Super Mario Bros 2, le jeu de 1988 où il était possible d’incarner Peach, une bonne idée qui fonctionne d’autant mieux avec le nouveau rôle du personnage.

Super Mario Galaxy le jeu avait une particularité : celle d’être le titre qui a peut-être l’histoire la plus dense. Mais on entre ici dans le territoire du spoiler. Ne cliquez que si vous avez vu le film.
Spoilers
S’ouvrant sur Harmonie, la princesse de l’espace qui lit une histoire aux lumas, des petites étoiles colorées, Galaxy répond enfin à ce qui n’était alors qu’une théorie de fans. En avançant dans le jeu, le joueur débloquait des pages d’un livre revenant sur les origines d’Harmonie. Et les indices laissés nous permettait de fantasmer ceci : Harmonie était la soeur de Peach. Mais cette théorie, qui a donné lieu à des spéculations et même à des fanfictions, n’avait jamais été confirmé par Nintendo qui s’était contenté de peu. Aujourd’hui, le film comble cette lacune. Il inclut aussi un autre personnage, le seul à venir d’une autre franchise. Fox McCloud, héros du jeu Star Fox, fait une apparition remarquée, très cool et pleinement justifiée par le scénario.
Super rythmé, Super Mario Galaxy manque de l’effet de surprise du premier volet pour mieux ressembler au jeu vidéo. Pendant 1h30 de péripéties, les héros bondissent de plate forme en plate forme pour espérer que la princesse ne soit pas dans un autre château. Pour une fois qu’un jeu vidéo est fidèlement transposé à l’écran, on ne va pas bouder notre plaisir.
Super Mario Galaxy, de Aaron Horvath et Michael Jelenic – Sortie en salles le 1er avril 2026
