On va faire un bond de 11 ans dans le temps pour revenir à août 2000. 11 ans avant la sortie du film de Matthew Vaughn sur les origines de Magneto et Xavier, Bryan Singer sortait en salles le 1er film consacré aux X-Men, production qui fut également un des premiers films de super héros des années 2000 et qui fut suivi par une quantité assez incroyables de bouses.

A son époque, Bryan Singer n’avait pas de point de comparaison, n’avait pas à souffrir des précédents. Il avait le champs libre pour faire ce qu’il voulait avec un des univers super héroïques les plus vastes.

Il en résulte X-Men, 1er du nom, avec Hugh Jackman dans le rôle de Wolverine, Ian McKellen dans celui de Magneto et Patrick Stewart en Charles Xavier. C’est à ce film qu’est consacré Un Dimanche, Une Critique.

X-Men – Sortie en salles le 1er août 2000
Réalisé par Bryan Singer
Avec Hugh Jackman, Ian McKellen, Patrick Stewart
1944, dans un camp de concentration. Séparé par la force de ses parents, le jeune Erik Magnus Lehnsherr se découvre d’étranges pouvoirs sous le coup de la colère : il peut contrôler les métaux. C’est un mutant. Soixante ans plus tard, l’existence des mutants est reconnue mais provoque toujours un vif émoi au sein de la population. Puissant télépathe, le professeur Charles Xavier dirige une école destinée à recueillir ces êtres différents, souvent rejetés par les humains, et accueille un nouveau venu solitaire au passé mystérieux : Logan, alias Wolverine. En compagnie de Cyclope, Tornade et Jean Grey, les deux hommes forment les X-Men et vont affronter les sombres mutants ralliés à la cause de Erik Lehnsherr / Magnéto, en guerre contre l’humanité.

« La mutation. C’est la clé de notre évolution », explique la voix de Charles Xavier en ouverture du film. Les mutants sont surtout la clé d’un bon filon pour Marvel, et il était naturel qu’ils passent par la case cinéma. Il y a bien eu de précédentes tentatives pour adapter les célèbres mutants sur grand écran, d’abord par un long-métrage datant des années 80 écrit par les scénaristes de comics Gerry Conway et Roy Thomas pour la société de production Orion (qui a produit entre autres le film Robocop), mais Orion ne l’ a jamais validé. Andrew Kevin Walker, scénariste de Seven, a lui aussi écrit en 1994 un autre scenario d’un projet finalement abandonné. Toujours est-il que pour Bryan Singer et son équipe, tout restait à faire.

X-Men est une adaptation réussie sur bien des points qui trouve un juste équilibre entre ses différents thèmes, livrant comme résultat un film de science-fiction étant aussi un plaidoyer pour la tolérance, avec un petit côté soap inhérent aux aventures des Enfants de l’Atome. On pourrait débattre et critiquer tels ou tels détails comme le manque d’ampleur des scènes d’action ou le design des costumes des X-Men, reproches faits par de nombreux fans au réalisateur, mais il faut bien comprendre qu’il s’agit ici de synthétiser environ quarante ans de comics et de rendre tout cela cohérent et crédible, tout en prenant en compte le format long-métrage et le souci d’accessibilité du film au grand public.

Quels personnages mettre en avant ? De quelle période s’inspirer ? Celle des années 60 avec l’équipe d’origine, ou celle des années 90 avec des dizaines de membres aux costumes multicolores, tout en évitant que cela ressemble à une gigantesque Gay Pride ou une réunion de cosplayeurs ? Fallait-il s’inspirer d’arc culte comme Days of the Future Past par exemple ou créer une histoire originale ? Autant de compromis et de décisions à prendre donnant forcément un condensé, réduisant une partie du background des personnages pour mieux se concentrer sur une intrigue devant en plus laisser de la place aux différentes relations entre les protagonistes.

Tout d’abord, le film est esthétiquement impressionnant. Le soin apporté aux décors et au looks des acteurs est tel que l’on a l’impression que les personnages sont directement sortis des comics pour se transposer sur la toile, dans un monde ressemblant terriblement au nôtre. La réalisation délivre une inventivité et une qualité appréciable notamment lors de scènes marquantes, comme lors de l’utilisation de Cerebro par le Professor X ou la scène d’ouverture où Magneto, encore enfant, se retrouve séparé de sa famille par les nazis. De plus, les acteurs se révèlent excellents dans leurs interprétations, notamment Patrick Stewart et Ian McKellen qui donnent une justesse et une intensité aux rencontres entre Charles Xavier et Magneto.

L’histoire prend le temps d’installer son univers. Le sous-thème d’une communauté différente existante et cherchant sa place parmi le reste de l’humanité est l’enjeu principal mis en place dès le début du film, ramenant à une métaphore des communautés ou individus opprimés car considérés comme différents. On remarque que les points de vue des humains envers les mutants, et inversement, sont tout autant compréhensibles et loin d’être totalement manichéens. Tout ceci est ramené à un niveau plus personnel en observant le destin des personnages.

Magneto et Mystique ont d’abord été des victimes avant d’être des agresseurs et certains X-Men, censés vouloir instaurer la paix entre humains et mutants, ne sont pas aussi enclins au pardon que leur mentor. Et puis on y voit aussi le destin d’ une adolescente déboussolée découvrant son pouvoir (devenant par ailleurs la métaphore de l’adolescence et des changements liées à celle-ci), et celui d’un paumé amnésique solitaire et marginal devenant un héros par la force des choses, tous les deux recueillis au sein de l’Institut Xavier, servant de refuge aux mutants sans repères.

A travers eux, on constate que les pouvoirs des mutants ne sont pas toujours quelque chose de bénéfique ou se révèlent être parfois des handicaps, que ça soit à travers la façon dont ils sont mis en scène (le pouvoir de Rogue, jouée par Anna Paquin, est présenté de façon peu glamour) ou à travers de simples dialogues qui semblent anodins. Quand à l’intrigue en tant que telle concernant le plan de Magneto contre les humains, elle est finalement assez classique mais se révèle suffisamment bien amenée pour être plaisante à suivre, aménageant des moments de surprise et de suspense sans chercher à être inutilement compliqué. Le film se permet même de faire des références à son matériau d’origine, que cela soit par le biais de l’humour notamment, sans que cela ne perturbe le néophyte dans la compréhension des événements.

Possédant une ambiance travaillée, un scénario solide et des personnages attachants, X-Men remplit son contrat de blockbuster divertissant et d’honorable adaptation cinématographique.

– Danny

2 commentaires

  • Mr.Aka dimanche 29 mai 2011 12 h 10 min

    Oui pour moi les X-men restent les meilleurs adaptations de comics au cinema, particulèrement le deuxième volet qui s’avère être un pur chef d’oeuvre.
    Brian Singer est un des meilleurs réalisateurs de sa génération, dommage qu’on ne le voit pas assez derrère la caméra.

  • magic dimanche 29 mai 2011 18 h 16 min

    Ouai je suis d’accord avec toi AKA, la série est extrêmement bien réalisée et plus précisément le 2 qui envoie du très lourd.
    Cependant je trouve que Batman est le comic qui a bénéficié de la meilleure adaptation au cinoch.

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