C’est l’un des évènements cinématographiques majeurs de l’année : les X-Men reviennent, sous la houlette de Bryan Singer.

Pour ce retour en force, le réalisateur qui a lancé la saga a réunit l’ancienne et la nouvelle équipe, les années 2010 et les années 70 avec un des castings les plus déments de ces dernières années : Hugh Jackman, James McAvoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence, Patrick Stewart, Ian McKellen, Halle Berry, Ellen Page, Peter Dinklage et Omar Sy.

Lors de la sortie du premier volet de la saga, le travail de Bryan Singer avait fait sensation. Qu’en est il après toutes ces années ?

 

Onze ans. Il aura fallu onze longues années pour que Bryan Singer revienne à la franchise X-Men. Mais c’est en l’an 2000 que tout a commencé quand le réalisateur new-yorkais a sorti sur les écrans le premier film réunissant une équipe de super-héros, le premier d’une longue vague dont on n’a pas fini d’entendre parler. A l’époque déjà, le metteur en scène d’Usual Suspects livrait un film de très haute tenue, porté par un sacré casting. Toutes ces années plus tard, les premiers volets de la saga X-Men restent, avec quelques titres comme Les Indestructibles et Spider-Man 2 au Panthéon des films de super-héros.
Après des choix trop osés, comme aller travailler à la concurrence sur l’Homme d’Acier, on a vu le réalisateur revenir doucement à ses premiers amours, notamment par son apport au redémarrage de la franchise qu’est X-Men le Commencement. Pour finalement revenir aux manettes.

Sur le papier, X-Men Days of Future Past avait un coté inquiétant. Le démarrage de la promo (avec l’affreuse première bande annonce) et quelques affiches de mauvais gout ne donnait pas forcément envie d’un film qui s’annonçait complexe. Le voyage dans le temps à la sauce mutant, ça passe quand on est un lecteur de comics habitué au style mais le spectateur de cinéma est-il prêt à ce genre de bouleversement ? N’allait-on pas se retrouver avec bien trop de personnages ?
Après 2h20 les yeux rivés sur l’écran, on peut désormais le dire à haute voix : il n’y a rien à craindre de ce nouveau X-Men. Bien au contraire, en revenant aux commandes de la franchise super-héroïque à l’origine du genre à l’écran, Bryan Singer livre le film de super-héros le plus ambitieux, et le meilleur de la saga.

Le film s’ouvre dans le futur sur une vue de Central Park devenu une prison à mutants. Une voix off nous explique brièvement la situation mais tout passe par l’image : mutants et partisans sont réduits à l’emprisonnement, ceux ayant des pouvoirs à porter des colliers inhibiteurs. Les X-Men luttent pour leur survie face à une menace : les Sentinelles, des robots capables d’utiliser les pouvoirs de leurs adversaires contre eux, et de s’adapter au combat.
Après une scène d’introduction d’anthologie présentant les nouveaux venus dans l’action dont Omar Sy en Bishop (dont le rôle est réduit à un gros caméo) et Blink, une jeune femme capable d’ouvrir des portails pour se déplacer rapidement, moyen qu’elle utilise en combattant à la manière du jeu vidéo Portal, on apprend que leur fin est proche et qu’ils n’ont qu’une solution : voyager dans le temps pour changer les choses. Jusque-là, Kitty Pride avait la possibilité de renvoyer Bishop quelques heures en arrière dans le passé pour prévenir les attaques. Elle va devoir envoyer Wolverine 50 ans dans le passé, ou plutôt la conscience de ce dernier dans son jeune corps, pour changer un évènement majeur de la chronologie.

Ça parait complexe comme ça mais c’est le même principe de voyage temporel et de lignes de temps parallèles que celles développées dans Retour vers le Futur 2 avec l’année 1955 alternative : un évènement dans le passé, s’il est modifié, peut changer tout le futur. Ainsi, si Wolverine réussit, les attaques de Sentinelles n’auront pas lieu.
Ce n’est finalement compliqué que sur le papier tant les talents de conteurs de Bryan Singer rendent la chose parfaitement limpide pour le spectateur, qui se retrouve donc vers 1973, quelques années après les évènements de First Class. Sans trop en dévoiler, les choses ne se passeront pas aussi facilement que les mutants “du futur” l’espéraient de leurs congénères “passés”.

On en dira pas d’avantage sur l’histoire mais sachez qu’elle est incroyablement solide. Le film, non content d’être parfaitement rythmé, est une histoire prenante, dense et travaillée. Pour une fois que l’écriture n’est pas passée dans les mains de 36 scénaristes qui ont tous écrits des banalités, on se réjouit de voir le résultat. Simon Kinberg livre un boulot remarquable, tellement qu’on ne peut qu’être impatient de voir ce qu’il fera sur d’autres franchises par la suite. Sans incohérence ni temporelle ni d’écriture (le seul menu défaut vient du personnage de Mystique, qui parait soudainement bien fade dans les films de 2000 et 2003), Days of Future Past développe un peu plus les thèmes déjà mis en avant dans le volet précédent comme l’exclusion. Quelle est la place des mutants dans notre société et en poussant un peu plus loin la réflexion, a-t-on besoin de tuer pour trouver sa place dans le monde ?
Et d’ailleurs, de quoi est fait notre destin ? En sommes nous les maitres et pouvons nous le modifier à loisir ou sommes nous destinés à un but, quel que soit le chemin emprunté pour y parvenir ?

Toutes ces questions trouveront réponse dans les plus de deux heures d’un film porté par des acteurs en très grande forme. Michael Fassbender et James MacAvoy prennent un vrai plaisir à retrouver leurs personnages. Même Jennifer Lawrence, plutôt énervante dans First Class, trouve sa place. En réalité, chaque personne en a pour son compte. Et même si beaucoup sont réduits à des apparitions plus ou moins longues, on n’a jamais la sensation que certains sont laissés pour compte. Ils sont suffisamment bien écrits, ou ont suffisamment de bons moments pour que l’équilibre soit parfait.
Ainsi, le fameux Quicksilver tant décrié sur les réseaux sociaux à cause de son look bénéficie d’une incroyable scène -sans doute la plus impressionnante du film- dans lequel il intervient au ralenti dans une scène d’action, non sans humour. Et au delà de ce passage particulièrement réussi, Bryan Singer s’éclate avec ses personnages et leurs pouvoirs, utilisant toutes les possibilités offertes par les comics sans jamais se retenir. Imaginez que Magneto n’est plus un gamin qui se découvre ni un vieillard à bout de souffle mais quelqu’un au sommet de ses capacités et, soudain, la scène d’évasion de X-2 trouve plusieurs équivalents en terme de mise en scène.

Rythmé, dense, riche, débordant d’idées, X-Men Days of Future Past ne prend jamais le spectateur pour un idiot. Mieux, il repositionne notre échelle de valeur. Certes, on avait pris un certain plaisir devant certaines productions super-héroïques récentes -pas toutes- mais ce nouveau venu rappelle qu’on peut largement faire mieux, en étant impliqué, motivé, en s’inspirant de l’esprit des bandes dessinées. On est loin du formatage des productions des derniers Marvel Studios, on est loin des vaines tentatives de moderniser un héros pour passer à coté. On est dans un vrai film d’auteur réussi.

Ce dernier X-Men est généreux, émouvant, jouissif, intense. Et Bryan Singer a bien mérité sa place à coté des Sam Raimi, Guillermo del Toro et autres Brad Bird. En attendant son Apocalypse.

 

X-Men Days of Future Past – Sortie le 21 mai 2014
Réalisé par Bryan Singer
Avec Hugh Jackman, James McAvoy, Michael Fassbender
Les X-Men envoient Wolverine dans le passé pour changer un événement historique majeur, qui pourrait impacter mondialement humains et mutants

10 commentaires

  • Misutsu mercredi 14 mai 2014 12 h 11 min

    Vu en 3D ou en 2D ?
    J’en ai marre de cette merde de 3D qui gâche les couleurs du film, mais j’ai envie de le voir en avant-première…

  • Marc mercredi 14 mai 2014 16 h 19 min

    Vu en 3D, et comme il a été tourné avec des caméras 3D, c’est plutôt chouette et pensé pour.

  • Olivier mercredi 14 mai 2014 16 h 43 min

    La 3D a parfois un effet maquette, mais perso j’ai jamais trouvé que ça gâchait les couleurs…

  • Misutsu mercredi 14 mai 2014 16 h 53 min

    Je demande ça car la plupart du temps, lunettes 3D oblige, ça assombrit franchement les couleurs, au point que j’ai regardé mon dernier film en 3D sans ces foutues lunettes.

  • elouan.er mercredi 14 mai 2014 17 h 36 min

    et la scène post-générique est comment ?

  • Marc jeudi 15 mai 2014 9 h 55 min

    La scène post générique est … faut être connaisseur du comic pour comprendre :D

  • Misutsu mercredi 21 mai 2014 11 h 26 min

    Bon. Mon avis est mitigé.

    Les –
    .Le scénario aurait gagné à être simplifié, ça finit par être un peu brouillon,
    .Omary Sy et le nain me font juste rigoler, je n’ai pas réussi à les trouver crédible,
    .Le pouvoir d’envoyer l’esprit de quelqu’un dans le passé qui tombe du ciel vu qu’il n’a aucun rapport avec le pouvoir d’origine de Kitty Pride (Et avec une précision diabolique en plus),
    .Les meilleures scènes d’action sont dans le futur,
    .Charles Xavier du futur en vie certes, mais dans son propre corps ????
    .A force de se sculpter, Jackman va finir par éclater comme une chambre à air.
    .Ah bon ? Maintenant Magneto peut hacker un programme grâce au métal ??????? ….. ?????????????????????????
    .La scène post-générique impossible à comprendre pour tous ceux qui ne connaissent pas suffisamment le comic (Moi…)
    .Il manque un souffle épique. C’est bien mais pas top, j’attendais mieux.

    Les +
    .Globalement équilibré et bien écrit,
    .James McAvoy est très bon, il nous ferait presque chialer,
    .Vif-Argent est un personnage super classe et super fun, je veux un spin-off rien qu’avec lui.
    .Des idées réjouissantes; TOUTES les scènes de vif-argent, Magneto et les armes à feu, Portal, l’adaptation des Sentinelles etc..;
    .L’idée par ce voyage dans le temps de tout remettre à zéro, effaçant du coup ce qu’il s’est passé dans les 3 premiers X-men

  • Ehzut mercredi 28 mai 2014 23 h 02 min

    Comme Misutsu, je regrette certaines incohérences comme le nouveau pouvoir de Shadowcat. Mais la plus grosse est pour moi la réapparition surprise du Prof Xavier alors qu’il s’était fait dézingué par Jean Grey dans X-Men 3. Un tant soit peu d’explication aurait été bienvenu pour mieux intégrer cet élément du film, important du point de vue cohérence, dans la continuité des différentes oeuvres.

  • MartinJ vendredi 30 mai 2014 15 h 43 min

    Je crois me souvenir qu’à l’époque ou ils avaient sorti FirstClass, Singer avait dit que Xmen l’affrontement final ne compterait pas dans la chronologie de la “nouvelle” franchise. Mais à confirmer par source plus sérieuse!

  • MartinJ vendredi 30 mai 2014 15 h 48 min

    Pour ma part, j’ai quand même été déçu par ce XMEN, j’en attendais plus. J’ai trouvé FirstClass plus efficace, plus dynamique, plus cohérent… Ca reste un très bon film, mais l’esthétique “futur” des mutans est ultra kitsch, et la narration trop “complexe pour rien” voilà voilà. J’ai une critique plus détaillée que ça qui va sortir bientôt, je vous ferai parvenir un lien!

Ajoutez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués * sont obligatoires.