Critique : Deadpool 2

L’autre film de super-héros de ce printemps est signé de la Fox. Coincé entre le Festival de Cannes et la sortie mercredi prochain du prochain Star Wars, Deadpool 2 a débarqué dans vos salles katanas en main.

Ce second volet, toujours avec Ryan Reynolds et Morena Baccarin, offre un nouveau rôle de personnage issu d’une BD Marvel à Josh Brolin. Non seulement le bougre a incarné Thanos dans Infinity War mais il est aussi désormais le mutant venu du futur, Cable.

 

LA CRITIQUE

En 2016, Tim Miller, Ryan Reynolds et les scénaristes Rhett Reese et Paul Wernick se faisaient remarquer en portant Deadpool à l’écran. L’anti-héros créé sur le papier par Fabian Nicieza et Rob Liefeld au début des années 90 prenait tout le monde par surprise : film violent, drôle, sexy, à la promo délirante mais non sans défaut, il ouvrait la voix aux films de super-héros classés R aux USA. L’indispensable Logan de James Mangold en a bien profité et le succès au box office (783 millions de dollars de recette dans le monde pour un budget de 85) a prouvé qu’on pouvait être con, irrévérencieux tout en étant divertissant. Alors, certes, le film de Tim Miller n’avait rien pour rester dans les annales mais avec l’effet de surprise en plus on passait un bon moment.

Ryan Reynolds, qui avait porté le projet à bout de bras n’allait pas s’arrêter en si bon chemin. Voici donc Deadpool 2, cette fois tourné par le réalisateur d’Atomic Blonde David Leitch, pour un résultat qui applique à la lettre la formule qui a fait le succès du premier volet.

On va vous spoiler le début du film : Deadpool meurt. Il se fait exploser la tronche après avoir dévoilé au public la fin de Logan (si vous n’avez pas vu l’ultime aventure de Wolverine, vous voilà prévenu). Il le fait parce que sa copine s’est faite descendre après qu’il ait un peu trop joué les super-héros. Mais vous le savez, Deadpool est immortel et ça n’a donc servi à rien si ce n’est à Colossus de le prendre sous son aile. Ensemble, ils vont devoir protéger un jeune mutant, Firefist, lui-même pourchassé par Cable venu du futur. Dit comme ça, ça a des airs de Terminator 2 mais le film va vite prendre une autre tournure… On en a assez dit.

Quand on découvre que le film est partiellement construit en flashback dès la scène d’introduction, on pouvait se douter que ce Deadpool ressemblerait à son précédesseur, l’origin story mise à part. Ce nouveau volet est donc irrévérencieux, trash, sanglant, vulgaire, drôle, sexy et généreux. Mais l’effet de surprise n’est plus là. On sait à quoi s’attendre. On voit venir le regard caméra, la pique à la concurrence et ce coté “X-Men en cheap” à cause d’un budget plus restreint que les films de Bryan Singer. Quand vous mangez quelque chose de très bon pour la première fois, que ça vous laisse un chouette souvenir et que vous retentez le même plat plus tard, la saveur n’est plus tout à fait la même. C’est cool. Mais sans plus.

David Leitch fait un boulot de mise en scène plutôt honorable vu les moyens alloués. Rien n’est digne du plan séquence d’Atomic Blonde mais quelques scènes tirent leur épingle du jeu. Il faut dire que le film est très très généreux en action et que le personnage de Deadpool s’en donne à cœur joie pour tirer sur ou découper des gens. Et puis il y a suffisamment de références, de caméos et de trouvailles pour qu’on passe un moment savoureux. D’ailleurs, restez pendant le générique pour une formidable idée.

Mais il manque définitivement quelque chose pour combler le vide. Ne cherchez pas du coté des personnages. La fameuse X-Force évoquée dans les bandes-annonces est surtout prétexte à une vanne géante. Le rôle de Negasonic Teenage Warhead est réduit à rien du tout, comme celui de Colossus. Cable est évoqué par dessus la jambe ; pas un mot sur ses parents alors que ça aurait pu donner lieu à des choses très intéressantes (dans le comic, il est le fils de Cyclope et d’un clone de Jean Grey). On retiendra seulement Domino. Non seulement Zazie Beetz est parfaite dans le rôle mais l’emploi de son personnage dans l’univers de Deadpool fonctionne carrément, donnant lieu à quelques morts savoureuses à la Destination Finale.

Le pitch se révèle finalement être très lambda alors qu’il aurait pu être à la limite de la parodie de Terminator. En fait, c’est peut-être le problème de ce Deadpool. On nous vend un film délirant, grâce à une promo débordante d’idées géniales qui … ne sont jamais dans le long métrage. Vous pensez que vous verriez Wade Wilson chevauchant une licorne comme sur certaines affiches ? Passez votre chemin. Deadpool a une histoire à raconter, histoire qui se révèle être bien trop légère par rapport à ce qu’on pouvait attendre. Le film se contente de ré-appliquer la recette du premier volet, alors qu’ils avaient une occasion en or de pousser les curseurs vers quelque chose de bien plus allumé.

Les fans absolus du premier Deadpool prendront du plaisir devant ce nouveau volet emmené tambour battant par David Leitch. Les autres passeront seulement un bon moment, ce qui est -en ces temps de blockbusters foirés- déjà pas si mal.

Deadpool 2, de David Leitch – Sortie le 16 mai 2018



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