Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Le Film Culte : The Rock

En ce froid dimanche de février, Arkaron vous parle d’un de mes films d’action préféré. Un espèce de plaisir coupable complètement assumé signé Michael Bay, Hans Zimmer pour sa bande originale culte, et Sean Connery.

Un “Dimanche, Une Critique” est consacré à The Rock, une critique à lire exceptionnellement en musique…

Pour mieux profiter de la critique ci-dessous, cliquez sur play.
Musique : Hans Zimmer, Hummel Gets The Rockets


 

The Rock – Sorti le 31 juillet 1996
Réalisé par Michael Bay, avec Sean Connery, Nicolas Cage, Ed Harris.
Voilà des années que le général Hummel tente de combattre l’injustice du gouvernement américain, sans résultat. Afin de se faire entendre, il mène un groupe de mercenaires sur Alcatraz où il prend des otages et menace de lancer des armes chimiques sur la ville de San Francisco. Dans une impasse, le gouvernement n’a d’autre choix que de faire appel au docteur Goodspeed, un scientifique chevronné, et à John Mason, le seul homme à avoir jamais réussi l’exploit de s’évader de l’île…

Expérimentations organiques de John McTiernan, subversion totale de Terry Gilliam, classiques de DePalma à Zemeckis, nouvelle vague de films d’animation de qualité, je ne sais pas vous, mais je trouve ces critiques du dimanche particulièrement sectaires sur Cloneweb. C’est vrai quoi, que du bon cinéma, y en a marre à la fin!

Stop, overdose, il nous faut une pause. Une petite gâterie, un plaisir coupable, un mauvais film qu’on assume et qu’on a pas peur d’aimer, ça vous tente? Rien de plus simple, il suffit d’invoquer l’inimitable, l’incroyable Michael Bay.

1996. Fort de son premier succès, Bad Boys, Bay enchaîne sans attendre avec un nouveau projet ambitieux, soutenu par une distribution haut de gamme (ils s’étaient perdus, probablement) et une production signée Jerry Bruckheimer (lui par contre, il est bien à sa place).


“Welcome to the Rock!” — “Bienvenue à Alcatraz!”

Le concept est simple: ne prenez aucun risque, allez droit au but. Des acteurs en vogue, un pitch de départ classique mais efficace, un vague approfondissement des personnages, quelques blagues, et beaucoup d’action. Bref, du grand spectacle. À Hollywood, le grand spectacle a ses codes et, soyons francs, on les aime ces codes. La différence avec Michael Bay, c’est qu’il ne se contente pas de les embrasser à bras ouverts, il fait corps avec eux, il se les approprie sans pour autant les faire évoluer, il pénètre en leur fort intérieur et en extrait le noyau substantiel pour les glorifier dans leur état brut. Des situations faciles aux exploits héroïques farcesques en passant par des relents nauséabonds de patriotisme américain aussi subtil qu’un rouleau compresseur, tout est là ou presque pour flatter la passivité du spectateur.


“Make no mistake gentlemen, we’re in the fight of our lives against maybe the greatest batallion commander in the Vietnam War. I shit you not.”

À partir de là, on sait ce dans quoi on s’embarque: le stéréotype du blockbuster américano-américain totalement assumé. Et pour cause, The Rock reste très près de sa définition: il faut tout faire péter. Et tout explose, aucun problème. D’ailleurs le jour où vous verrez la moitié d’une ville saccagée par deux gus en voiture, ne manquez pas de m’appeler. Ainsi, c’est entre un travelling à 180° degrés (en contre-plongée) et une musique catchy ponctuée de riffs de guitare (notamment signée Hans Zimmer) que Bay nous offre des scènes d’un illogisme aberrant. Un chef de commando d’élite surentraîné, qui refuse de déposer les armes dans une situation dont il sait que ses hommes ne sortiront pas vivants, braillant des inepties avec honneur et fierté ; ou bien un mercenaire pas tombé de la dernière pluie qui lance une grenade assez tôt pour laisser le temps à l’ennemi de lui rendre, on ne sait plus vraiment ce qui fait rire ou ce qui fait pleurer dans ce déluge d’idiotie premier degré et décomplexée.


“Patriotism is the virtue of the vicious, according to Oscar Wilde. Thank you for making my point.” — “Le patriotisme est l’adage des brutes, Oscar Wilde. Merci de me donner raison.”

Dans ce joyeux bouillon expiateur de pulsions beaufistes, Sean Connery et Ed Harris rayonnent d’autant plus de leur classe naturelle que la réalisation ne se prive pas de mettre en avant ses atouts maîtres en multipliant les effets de style totalement gratuits et proportionnellement jubilatoires: avouons tout de même qu’entre clip et pseudo cinéma, Michael Bay insuffle à son métrage une énergie et un rythme pas déplaisants (du moins digne de ce genre d’exercice). Le scénario non plus n’évite pas de foncer la tête la première dans le mur (l’ébranlant par la même occasion) et enchaîne les situations opportunistes (tout est valable pour insérer une course automobile en plein San Francisco), les explications scientifico-intellos à deux balles et les clins d’œil aux légendes qui ont fondé le mythe des États-Unis (Alcatraz, l’administration de Hoover, Roswell, l’assassinat de Kennedy), on en revient à la flatterie avouée envers le spectateur et la boucle est bouclée!

The Rock est un bond de plus (en contre-plongée) vers l’hégémonie du blockbuster d’action hollywoodien sans intérêt ni prétention artistique ; son réalisateur, le plus emblématique de ses porte-étendards. Le meilleur remède pour exorciser ses pulsions de guerrier héroïque occidental qui se bat pour la liberté, pour la vérité, pour la justice au profit du monde, non pardon, de l’Amérique entière! Bref, vous m’avez compris, c’est balourd, c’est boursouflé, c’est con, c’est bon.

-Arkaron

Voir les commentairesFermer

9 Comments

  • par Olivier
    Posté dimanche 14 février 2010 11 h 28 min 0Likes

    Avec The Island je trouve que c’est le seul film intéressant de Bay. Mais s’il n’y avait pas Connery, Harris et Cage, ça vaudrait pas grand-chose

  • par Bew
    Posté dimanche 14 février 2010 11 h 57 min 0Likes

    Faut avouer que c’est bien le seul Michael Bay que j’ai regardé avec un petit plaisir coupable, tant c’était moins bêtifiant que les Transformers (le summum du lourdingue et de l’inregardable, et pourtant j’ai vu les deux au ciné).
    Après bien sûr on voit qu’à l’époque le père Bay savait déjà où placer les explosions et faire dérailler un tramway, les grosses fusillades de bourrin (d’ailleurs Danny Nucci (qu’on retrouve dans Titanic l’année suivante) a vraiment le rôle du parfait crétin patriotique qui peut pas supporter de voir ses frères soldats tomber et qui se rend pas compte qu’il va manger sévère de la bastos dans le buffet durant cette scène).
    Mais ouais, comme Olivier dit, on regarde aussi ce flim pour la tête d’affiche, qui en est un peu beaucoup l’argument promo majeur. Après c’est pas pour s’en plaindre, même s’ils ont des rôles limités c’est quand même sympa de voir Harris, Cage et Connery à l’écran encore une fois.
    J’ai bien aimé le côté fouteur de gueule de cette critique, c’est bien de s’adonner à un peu de lynchage comme ça de temps à autres :P

  • par cloneweb
    Posté dimanche 14 février 2010 12 h 00 min 0Likes

    Pour ma part, j’ai revu le film hier soir après avoir lu la critique d’Arkaron. C’est sans doute le meilleur Bay, le mieux écrit, et le plus “plein d’action sans valser dans le ridicule”. Ce n’est pas la surenchère d’un Bad Boys 2 ni d’un TF2.
    Et effectivement, le casting est parfait.

  • par sdblepas
    Posté dimanche 14 février 2010 12 h 09 min 0Likes

    question:
    est ce que c’etait pas aussi la musique de Metal Gear solide (le refrain)

  • par cloneweb
    Posté dimanche 14 février 2010 12 h 19 min 0Likes

    Harry Gregson Williams, qui a co-composé la musique avec Zimmer, est un de ses élèves. Et les élèves reprennent souvent des thèmes dans leurs propres films.

    Certains morceaux de la BO de The Rock sont repris dans Pirates des Caraibes (musique de Klaus Badelt, un autre élève de Zimmer)
    Les thèmes de différents films de Zimmer sont repris dans Kingdom of Heaven

    Je serai donc pas surpris que Gregson Williams se plagie lui-même

  • par Xidius
    Posté dimanche 14 février 2010 15 h 24 min 0Likes

    Merci les dialogues de Quentin Tarantino aussi. (non crédité au générique d’ailleurs…)

  • par Arkaron
    Posté dimanche 14 février 2010 17 h 19 min 0Likes

    Cette histoire de Q.T est bizarre d’ailleurs… vraiment pas de son niveau.

  • par locutus7
    Posté dimanche 14 février 2010 18 h 31 min 0Likes

    Sympa le rajout d’une musique de fond pour lire l’article.

  • par Broack Dincht
    Posté lundi 15 février 2010 17 h 36 min 0Likes

    moi quand j’ai vu ce film à la TV, je me suis vraiment senti coupable… je l’ai trouvé navrant de bout en bout…
    seule la musique a trouvé quelques grâces à mes yeux parce que c’est presque la même que pirates des caraibes (que j’ai vu avant) et qui du coup à baissé dans mon estime point de vue musical…

Laisser un commentaire