Michael Bay n’en a pas fini de faire exploser des choses, à commencer par le box office. Avec un budget de 210 millions de dollars environ, ses Transformers en ont rapporté plus du double à l’heure où ces lignes sont écrites, en sachant que le film n’est sorti que dans quelques pays (dont la Chine, où les retours sont colossaux).

Pour ce nouveau volet, Bay rassemble cette fois Mark Wahlberg, Nicola Peltz et le jeu comédien irlandais Jack Reynor autour d’Optimus Prime et de Bumblebee. Il a également fait appel à Frank Welker, le doubleur original de Megatron dans la série animée, qui retrouve sa place en doublant Galvatron dans ce nouveau volet, prenant la place d’Hugo Weaving.

La saga Transformers ne semble pas prête de s’éteindre.

 

Qui pouvait se douter en 2007 que Michael Bay serait encore aux commandes de la saga Transformers 7 ans et quatre films plus tard ? Si on imaginait sans problème que la franchise basée sur les célèbres jouets d’Hasbro aurait droit à une trilogie, on imaginait facilement que la suite serait confiée à un yes-man quelconque et non pas que le réalisateur de Bad Boys en garderait le contrôle. Trente ans après le lancement de la première gamme par Hasbro et Takara Tomy, voici “L’Age de l’Exctinction”, nouveau volet des aventures d’Optimus Prime vendu non pas comme un reboot mais comme le départ d’une potentielle nouvelle trilogie, avec de nombreux changements à la clef.

Michael Bay, lui, commence doucement à s’essouffler.

Le film commence après la bataille de Chicago racontée dans La Face Cachée de la Lune. Les Autobots vivent désormais dans la clandestinité car traqués par un mystérieux tueur. Le gouvernement a en effet mis en place un plan de destruction des Decepticons et s’est allié pour ça avec un chasseur de prime du nom de Lockdown. Capable de se transformer en Lamborghini, il s’attaque également aux gentils robots dans le but d’élargir sa collection de trophée. C’est quand Mark Walhberg va retrouver un Optimus en fort mauvais état (dans un cinéma à l’abandon, tant qu’à faire) et ayant la forme du camion de la série Generation One que les choses vont s’emballer et qu’une traque va commencer.

Exit donc Shia La Beouf et Megan Fox. Les nouveaux humains de ce nouveau départ sont un père texan ultra-protecteur-relou et sa fille (Nicola Peltz, découverte dans Le Dernier Maitre de l’Air et récurrente dans la série Bates Motel) ainsi que le copain de cette dernière, évidemment pilote de course. Des personnages qui se révèleront plus intéressants que la génération précédente, ou du moins beaucoup moins pénibles.
Il faut dire que Bay a bien compris ce qui n’allait pas dans la première trilogie et en gomme de nombreux défauts, à commencer par l’humour pourri et les personnages insupportables. Qui pouvait supporter les parents de Sam Witwicky ou le personnage de John Turturro ? L’Age de l’Exctinction offre une galerie de personnages et une tonalité globale beaucoup plus sérieuses, et ça fait du bien.
S’adressant aux fans, il recentre également le point de vue en se focalisant moins sur les humains pour donner plus de places aux robots et (enfin !) à Optimus Prime, qui était relégué au rang de leader charismatique de second plan jusque là. Et Peter Cullen est toujours là pour faire résonner son timbre grave. Le leader des Autobots trouve donc la place qu’il méritait et ses nouveaux sidekicks sont plus identifiables qu’alors, avec des personnalités plus marquées (mention particulière à Hound et à sa barbe faite de fils électriques).

Une fois les nouveaux personnages posés (et avec 2h45 de montage définitif, Michael Bay prend bien son temps), le film peut passer la seconde. Malheureusement, on va sentir que le réalisateur n’est plus au niveau des précédents. Certes, ça tire de partout, ça se transforme et ça explose vraiment vraiment beaucoup mais il manque quelque chose. En terme de construction, les premiers films étaient mieux foutus, bénéficiant pour la plupart de scènes d’anthologie dès le début (comme le combat dans la forêt ou la poursuite sur l’autoroute). Bay est ici en mode pilotage automatique et les deux premiers tiers du film se révèlent finalement bien longs, assez bavard, voire carrément pénibles. Et si les passages dans le vaisseau spatial de Lockdown ne sont pas dénués d’intérêt, il faut attendre la partie chinoise pour commencer à s’amuser. C’est même plus précisément à partir du moment où Optimus réclame des renforts qu’on va enfin retrouver le plaisir de l’action des premiers films. Certes, attendre deux heures pour en arriver là peut paraitre difficile à supporter mais, bon sang, voir Optimus chevaucher Grimlock dans les rues de Hong Kong -après l’avoir combattu- n’a de prix que celui de votre ticket de cinéma. Les Dinobots sont à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre d’eux et l’action devient alors jouissive à souhait.

Il ne faut pas oublier de préciser qu’on est bien face à la franchise Transformers : du gros divertissement débordant de scènes “d’explosion-porn” et de filles en short, à des millénaires de la classe d’un Pacific Rim (auquel le film fait référence puisque le personnage de Wahlberg s’appelle Yeager). On sait ce qu’on va voir et pourquoi on y va en connaissance de cause. Mais si ce 4e film corrige le tir sur de nombreux points, il n’est pas pour autant aussi réussi que son prédécesseur. Bay avait accepté de le réaliser pour permettre le financement de Pain & Gain. Il est peut-être temps pour lui de passer la main à quelqu’un qui aura plus d’inspiration pour continuer les aventures d’Optimus Prime. Sur Cybertron la prochaine fois ?

 

Transformers l’Age de l’Extinction – Sortie le 16 juillet 2014
Réalisé par Michael Bay
Avec Mark Wahlberg, Nicola Peltz, Jack Reynor
Quatre ans après les événements mouvementés de “Transformers : La Face cachée de la Lune”, un groupe de puissants scientifiques cherchent à repousser, via des Transformers, les limites de la technologie.
Au même moment, un père de famille texan, Cade Yeager, découvre un vieux camion qui n’est autre qu’Optimus Prime. Cette découverte va lui de attirer les foudres d’un certain Savoy, dont le but est d’éliminer les Transformers. Pendant ce temps, le combat entre les Autobots et les Décepticons refait surface…

2 commentaires

  • rezga mercredi 16 juillet 2014 10 h 57 min

    Ca serait bien que Bay commence à faire autre chose quand même, quand on voit la réussite qu’est Pain & Gain avec un budget 10 fois moindre, on se dit qu’il est capable de faire des films beaucoup plus sympa que juste du blockbuster qui tâche.

    Bon j’irais voir ce Transformers, parce que le cinéma c’est fait aussi pour se prendre une bonne grosse dose de SFX avec des robots en dolby, mais je ne manquerais pas de laisser mon cerveau à la maison avant de partir !

  • Dracarys and co lundi 21 juillet 2014 7 h 10 min

    Je trouve que ce film répond aux critères de base: des effets spéciaux époustouflants, une bonne BO, de l’action, de la castagne, de l’humour à l’américaine, de belles voitures et encore de la castagne. Simple et efficace.Une suite sur Cybertron serait pas mal en effet…

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