Deux petites années après être revenu dans le giron de la Maison aux Idées, Spider-Man est de retour dans une aventure qui va l’emmener en Italie, en République Tchèque et en Angleterre – toujours avec Tom Holland dans le rôle principal, et un nouveau venu : Jake Gyllenhaal.

 

LA CRITIQUE

La critique qui suit spoile Avengers Endgame mais ne révèle rien de Far From Home.

Spider-Man au cinéma c’est une histoire compliquée. Un personnage porté au sommet par la trilogie de Sam Raimi puis au plus bas par les deux films de Marc Webb, le Tisseur est finalement revenu dans le giron de Marvel Studios et ses Avengers pour un film sans saveur, et peut-être l’un des plus faibles du MCU. Il n’en ressortait que l’impeccable casting de Tom Holland en Peter Parker. Le voici de retour dans une histoire qui va le conduire hors de New York et après les évènements d’Endgame, une surprise.

S’ouvrant sur Whitney Houston et un montage Powerpoint (!), Spider-Man Far From Home pose d’abord son contexte. Les Avengers ne sont plus là et le monde se reconstruit. Peter Parker a bien du mal à oublier son mentor et espère trouver une bouffée d’oxygène dans un voyage scolaire à travers l’Europe. Mieux, il pourra déclarer sa flamme à MJ. Mais celui qui espérait remettre au placard son costume le temps d’une escapade va devoir reprendre du service pour lutter contre des créatures créées à partir des éléments. Et pour cela, il pourra compter sur l’aide de Nick Fury, de retour, mais aussi du mystérieux Mysterio, surprenant héros venu du multiverse…

Comme souvent chez Marvel, les castings sont parfaits et les personnages soignés. On se prend donc vite au petit jeu des relations entre Peter et ses camarades de classe (en particulier MJ, car Zendaya est formidable) dans ce qui est, pendant une heure entière, une vraie comédie façon teen-movie où des ados se comptent fleurette. John Hughes n’est jamais loin dans ce qui est totalement assumé pendant un premier acte où l’action est remise au second plan. C’est une qualité comme un inconvénient, la première apparition de Mysterio et le combat à Venise paraissant bien légers.

Mais petit à petit l’histoire va se construire jusqu’à un point de rupture prévisible mais qui va changer la donne, ouvrant le film vers du blockbuster plus classique mais tout aussi efficace. Coté réalisation, Jon Watts attendaient que les vannes soient ouvertes pour se faire plaisir, s’offre quelques plans sympathiques dont deux séquences qu’on ne spoilera pas mais qui sont particulièrement réussies. Les enjeux ne sont toujours pas colossaux mais les différents rebondissements et le fait que l’action passe enfin la seconde fait qu’on prend du plaisir à suivre cette nouvelle aventure de Spider-Man.

Le film n’oublie pas d’évoquer les conséquences d’Endgame, expliquant ce qu’il est advenu des personnages “snappés” par Thanos puis ramené à la vie mais cinq ans plus tard. Il n’oublie pas non plus d’évoquer largement l’héritage de Tony Stark. Peter Parker est-il le nouvel Iron Man ou n’est-il qu’un lycéen de 17 ans qui veut choper la fille mystérieuse du groupe ? La réponse est partiellement donnée dans une jolie scène portée par Jon Favreau, qui est là pour rappeler que son boss n’est jamais complètement parti du MCU.

Il en résulte un long métrage qui a la bonne idée de proposer quelque chose de plus neuf qu’une éternelle histoire à New York (et qui se termine sur une impressionnante scène post-générique confirmant l’envie d’être différent). Pour autant, l’oncle Ben n’est toujours qu’une lointaine référence et Spider-Man n’est toujours qu’un Young Avengers et jamais un super-héros à part entière. Mais à la limite peu importe, le parti pris est assumé et les véritables aventures du Tisseur se déroulent désormais dans un “multiverse” animé.

Spider-Man Far From Home est un film surprenant. On n’en attendait pas grand chose vu le premier opus mais Jon Watts livre un film plus incarné qu’Infinity War, plus abouti que Captain Marvel. Sam Raimi et les équipes de Spider Verse peuvent dormir tranquille mais ce nouvel opus est néanmoins un spectacle tout à fait regardable en salles, et une bonne excuse pour profiter de la clim’.

Spider-Man Far From Home, de Jon Watts – Sortie le 3 juillet 2019

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