Solo A Star Wars Story de Ron Howard sortira dans les bacs ce vendredi 28 septembre. Pour l’occasion, nous avons posé quelques questions à Patrick Tubach, superviseur des effets spéciaux sur le film.

Tubach a commencé sa carrière dans les années 90 sur des films comme Space Jam ou Le 13e Guerrier. Il est ensuite rentré dans l’univers de Star Wars avec l’Attaque des Clones pour ne plus lacher ILM. Vous avez vu son nom au générique d’Avengers, de Wall-E ou encore de Star Trek Into Darkness pour lequel lui et son équipe ont été nommé à l’Oscar. Il nous a expliqué son métier, l’évolution de son travail et Darth Maul.

 

Pouvez-vous commencer par expliquer votre rôle sur Solo en tant que superviseur des effets spéciaux ?

J’étais responsable du travail de l’équipe des effets spéciaux basée à San Francisco. J’ai aussi régulièrement travaillé avec l’équipe de Vancouver. Pour vérifier et valider les plans réalisés et faire un retour sur le travail produit. Ensuite, je présentais le travail au réalisateur Ron Howard pour avoir son feedback et éventuellement revenir dessus.

Vous avez travaillé sur la franchise Star Wars avec George Lucas puis J.J Abrams. Comment est Ron Howard ?

Ron s’est impliqué sur toutes ces petites choses qui s’assemblent pour devenir une grande histoire. Même si Star Wars a une esthétique, des codes à respecter, il s’est focalisé sur l’aspect visuel, les attitudes des personnages, le rendu par rapport à l’histoire. Il fallait que ça fonctionne pour l’histoire.
Prenez L3 par exemple, et son arc narratif dans lequel elle devient une droïde forte et indépendante jusqu’à ce qu’elle devienne une partie du Faucon. C’est quelque chose qu’il a travaillé à travers tout le troisième acte du film. On la voit interagir avec Lando, mourir et le Faucon devient son mémorial. Ron était très impliqué là-dedans, il fallait que ça fonctionne émotionnellement parlant mais aussi qu’elle ait le bon look et l’interprétation adéquate.

Comment votre travail a-t-il évolué, de l’Attaque des Clones à Solo ?

Les effets spéciaux sont devenus moins “manuels”. Ce que je veux dire, c’est qu’on s’appuie désormais d’avantage sur nos outils pour nous aider à faire des choses difficiles. Ça nous libère pour être plus créatifs, on peut d’avantage réfléchir à l’esthétique, aux émotions que peuvent susciter nos plans et moins à la technique. On peut ouvrir le monde des effets spéciaux aux réalisateurs plutôt que de leur dire “non ce n’est pas faisable”. On est désormais une force positive qui aide à finaliser le film jusqu’à sa sortie plutôt que d’être ceux qui listent les choses qui ont besoin d’être modifiées.

Pouvez-vous nous parler de Darth Maul ? Comment s’est passé son retour sur grand écran ?

C’était super excitant. D’abord, c’était le point le plus secret du film, on s’est cru membres d’une agence gouvernementale secrète tant on ne pouvait rien dire.
Ensuite, on s’est plongé dans le personnage tel qu’il existait dans La Menace Fantôme. Puis dans ses autres apparitions, pour ramener dans notre version tous les petits détails qui allaient bien. On s’est beaucoup amusé.

Êtes-vous frustré de voir que votre travail a pu être coupé au montage final, alors que vous y avez laissé sang et eau ?

On voudrait que tout notre travail soit à l’écran. Mais nous sommes aussi impliqués dans certaines de ces décisions [de couper telle ou telle scène], dans certains des thèmes développés. On a donc une idée très tôt de ce qui fonctionne ou ne fonctionne pas, ou de ce qui prend trop de temps à réaliser. On n’est donc pas aussi surpris que vous pourriez le croire. Et puis nous sommes des professionnels, tout le monde se dit que c’est pour le bien du film. Le montage est toujours là pour une raison.

Est-ce que vous préférez travailler sur des personnages entièrement numériques comme Rio ou sur des personnages comme L3-37 qui est incarné en performance capture par Phoebe Waller-Bridge ?

C’est une excellente question. C’est comme devoir choisir entre ses enfants.
Je dois dire que c’était un chouette challenge de travailler sur Rio. Ce qu’on voit de L3 à l’écran correspond à la manière qu’avait de jouer Phoebe, elle a fait beaucoup de choix pour nous. Rio, les choix étaient ceux de nos animateurs, qui ont travaillé sur la performance vocale de Jon Favreau. On a aussi travaillé avec le département des créatures sur le look de Rio. C’était donc formidable de créer un personnage intégralement, qui va continuer à vivre dans l’univers Star Wars (même si en fait…).

Quel a été votre plus gros challenge sur le film ?

Notre plus gros challenge, c’était le vortex à la fin du Kessel Run. Il y avait une créature, qui en elle-même représentait déjà un challenge. Mais au delà il y avait un gros travail de rendu, très lourd pour que le “trou noir” soit parfait. Ca nous a pris beaucoup de temps et on a dû commencer très tôt pour être dans les délais. Il y avait tellement d’aspects à checker : la créature, les effets lumineux, visuels, les débris mais aussi les personnages qui bougeaient à l’intérieur du cockpit…

Maintenant que le film est sorti et disponible en blu-ray, de quel moment êtes-vous le plus fier ? Celui où le spectateur pourrait mettre pause pour regarder votre travail…

Je citerai la planète de Kessel et sa mine en particulier. Ca passe très vite quand on regarde le film pour la première fois mais si vous pouvez mettre pause vous verrez la tonne de détails qu’on y a mis, le nombre de gens aussi bien réels que numériques qui y circulent. L’environnement était incroyable.

Solo A Star Wars Story, de Ron Howard – Sortie en DVD et blu-ray le 28 septembre 2018

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