Le Mandalorien revient. Telle est la voie. Après une première saison non sans défaut mais globalement satisfaisante, le nouveau héros de l’univers Star Wars est de retour pour une seconde saison, toujours avec Jon Favreau aux manettes.

Alors, comme pour la saison 1 il y a près d’un an (ou en mars avril selon la manière dont vous l’avez visionnée), on va revenir sur ces nouveaux épisodes au rythme d’une petite critique par semaine. Faites comme “l’Enfant”, servez-vous un bol de soupe et embarquez pour une galaxie lointaine, très lointaine et plein de spoilers.

 

Episode 1, le Marshal

On avait laissé le Mandalorien seul avec l’Enfant (ou Bébé Yoda, comme vous voulez). L’Armurière, à la fin de l’épisode 8, lui avait dit qu’il devait ramener la petite créature dotée de la Force parmi les siens. La piste du Mando est donc simple : retrouvez les siens. Parmi les autres porteurs d’armures, il trouvera bien quelqu’un qui pourra à nouveau le guider à travers la galaxie.

L’épisode commence donc par la scène de combat entre deux Gamorréens comme la promo l’a dévoilée pour mieux continuer sur Tatooine. Le Mandalorien suit une piste, celle d’un homme qui porte une armure comme la sienne et fait régner l’ordre dans un petit village au milieu du célèbre désert. Le Marshal Cobb Vanth, personnage apparu dans le roman Aftermath et incarné par Timothy Olyphant, a en réalité mis la main sur la tenue portée par Boba Fett et récupérée par des Jawas. Ensemble, ils vont devoir abattre un gigantesque dragon krayt, qui fait régner la peur sur le village.

Si l’épisode est plus long et les moyens plus importants, on ne change donc une formule qui gagne. A nouveau, et toujours dans peu de décors dégageant toujours cette impression de vide, le Mandalorien revient pour un épisode avec une intrigue “stand alone”. Certes, il y a cette fois-ci un fil rouge plus épais que lors de la saison précédente, mais il est encore question d’une histoire qui se voit seule. On y appréciera la performance de Pedro Pascal, qui a appris à parler le langage des Tusken, mais aussi celle d’Oliphant assez bon dans le rôle du héros un peu gauche à l’armure trop petite pour lui. L’action est prévisible mais efficace. Et puis il y a des jetpacks.

Favreau s’amuse avec l’univers qu’il a entre les mains, plongeant dans l’univers étendu, citant des petits détails pour les nerds absolus (comme les perles de Krayt). C’est la première fois que les Hommes des Sables ont une place si importante et qu’ils ne sont pas montrés comme foncièrement mauvais. C’est aussi la première fois qu’un personnage créé dans un roman prend vie à l’écran.

Enfin, si le premier épisode s’est terminé sur la révélation du bébé Yoda, celui-ci fait presque aussi fort. La dernière séquence change de format d’image pour montrer un personnage dont on ne voit que brièvement le visage. On va spoiler cash : Boba Fett est vivant, il est toujours sur Tatooine et il a désormais le Mandalorien dans son viseur.

 

Episode 2 : le Passager

Arachnophobes, s’abstenir. Le Mandalorien doit cette fois transporter un créature et sa progéniture sur une autre planète que Tatooine en échange d’informations sur ses semblables. Mais le voyage ne se passe pas comme prévu et l’équipage atterrit sur une planète gelée où ils vont faire la connaissance d’horribles créatures.

Les Krykna vous sont connues si vous avez regardez Rebels. Ce sont ces créatures bien reloues pour l’équipe de la série animée quand elle tente de s’installer sur Yavin-4. Mais bien avant d’apparaitre dans les épisodes du projet de Dave Filoni, elles ont failli donner du fil à retordre à Luke sur Dagobah. Ralph McQuarrie, à qui on doit leur design, les avaient imaginées comme vivant sur la planète où se cache Yoda.

Avec cet épisode réalisé par Peyton Reed (Ant Man) et surtout par les équipes d’ILM qui livrent une chouette poursuite entre le Razor Crest et des X-Wing sur la planète de glace, Le Mandalorien reprend son rythme de petites histoires indépendantes d’un épisode sur l’autre. Ou presque puisque l’aventure devrait se prolonger la semaine prochaine. De la même manière, Jon Favreau met complètement de coté Boba Fett sans doute pour mieux y revenir par la suite. Le format évolue donc un peu pour quelque chose de plus feuilletonnant et on espère que ça soit de plus en plus le cas. L’intrigue est sympathique et fait le job le temps de 45 minutes mais rien ne fait avancer l’histoire. A croire que la série envisage de multiplier les saisons et doit donc largement prendre son temps.

Mais si vous comptiez sur une apparition de l’autre Mandalorien dans cet épisode, il va vous falloir patienter encore. Verra-t-on vraiment Boba à l’oeuvre ? Des rumeurs, basées sur pas grand chose si ce n’est une vague déclaration de Bob Iger, mentionnent la possibilité d’une série spin-off. A moins qu’il ne s’agisse simplement d’un épisode flashback. Dans tous les cas, avec Lucasfilm regardant en permanence dans le rétroviseur, on a bien du mal à ne pas imaginer savoir comment le chasseur de prime est sorti du Sarlacc.

Episode 3 : L’Héritière

On a beau apprécier le format épisodique “old school” du Mandalorian et sa petite aventure hebdomadaire, il faut bien admettre que c’est quand la série cherche à avancer qu’elle est la plus intéressante. Avec L’Héritière, Jon Favreau et Bryce Dallas Howard (à la réalisation) livre l’épisode le plus abouti de la série, rythmé, plaisant et riche en action. Et il y a suffisamment de mentions aux Star Wars du passé pour réjouir les plus nerds d’entre vous.

Si vous tombez sur cet article parce que vous vous senti paumé en visionnant l’épisode, ça tombe bien. On va plonger au fin fond de la mythologie Star Wars (et des spoilers) avec les nouveaux Mandaloriens de l’histoire. Nouveaux ? En réalité, loin de là puisque la première apparition du personnage de Bo-Katan Kryze remonte à la saison 4 de la série animée The Clone Wars. A l’époque, Katee Sackhoff donnait  déjà sa voix à l’ancienne membre de la Death Watch, elle lui prête aussi ses traits.

La dernière fois qu’on avait eu des nouvelles de Bo-Katan, c’était à la fin de la série Rebels. Elle y brandissait le Sabre Noir et montait sur le trône de Mandalore. Ancienne membre de la Death Watch, un ordre à tendance séparatiste, elle a recueilli Darth Maul. Se faisant (naturellement) doublée par le Seigneur Sith, elle a toujours combattu pour sa planète et sa route croisa aussi bien Obi Wan Kenobi, que l’équipe de Rebels qu’… Ahsoka Tano, enfin mentionnée dans la série live ! Personnage ambigu, elle finit néanmoins par se réconcilier avec ses semblables pour prendre les rennes de sa planète.

L’épisode ne se contente pas de nous montrer Bo-Katan, il nous explique qu’elle est à la recherche du sabre noir, dérobé par Moff Gideon et les restes de l’Empire, parce qu’elle souhaite naturellement reprendre sa place. On recroisera donc forcément le personnage quand les pièces du puzzle finiront par s’assembler. On peut notamment se demander ce qui s’est passé pendant les années de l’Empire et comment Gideon a récupéré la relique.
L’épisode nous explique aussi que le Mandalorien est un “Enfant de la Death Watch”, le fameux ordre dissident auquel Bo-Katan a jadis appartenu. Ses coutumes, dont celle de ne jamais retirer son casque, sont donc anciennes, dépassées et le héros a eu droit à son lot d’endoctrinement. Le Mando a donc encore beaucoup de choses à découvrir de son peuple, ce qu’il fera en compagnie du grand public qui n’a pas suivi les séries animées.

On aimerait conclure ce chapitre en vous disant que l’épisode suivant sera tout aussi excellent mais on sait déjà que le “bébé Yoda” va retourner sur Nevarro, sans doute pour faire réparer le Razor Crest. Un “filler” ? C’est bien possible. Il faudra donc attendre au moins deux semaines pour voir le Mandalorien faire route vers la cité de Calodan, au coeur de la planète forestière Corvus.

Episode 4 : Le Siège

Comme prévu, le Mandalorien revient avec un épisode qui n’est pas la suite directe du troisième. Pas d’Ahsoka Tano donc, il faudra patienter une semaine de plus pour cela. La série revient néanmoins sur un arc narratif oublié depuis le début : les expérience scientifiques impliquant l’Enfant.

Le Mando retour sur la planète Nevarro pour faire définitivement réparer son vaisseau. On retrouve donc les personnages de Carl Weathers (qui réalise l’épisode avec beaucoup de soin) et Gina Carano. Ses deux copains sont bien décidés à se débarrasser des restes de l’Empire sur la planète. Car oui, on avait oublié de vous dire qu’il n’y avait pas seulement 2-3 troopers dans un coin mais en réalité toute un base expérimentale. La suite, vous la connaissez forcément : ils vont faire le ménage et Mando va reprendre sa route vers la planète d’après, et ainsi de suite.

On peut quand même signaler que les efforts de production sont manifestes depuis quelques épisodes. En fait, depuis que Jon Favreau a pleinement réintroduit les stormtroopers, les gunfights ne sont plus limités à trois mecs dans un couloir Et dans le même esprit, la ville où se déroule l’intrigue est plus riche qu’avant. La série coute cher mais on commence à en avoir pour notre argent.

Ce qui nous intéresse vraiment ici, c’est le lien avec les premiers épisodes et les expériences que nous évoquions plus haut. D’abord parce qu’on nous montre enfin que l’Empire est toujours là, qu’il y a des poches de résistances et des équipages bien décidés à prolonger le travail de l’Empereur après la Bataille d’Endor mais aussi que le Moff Gideon n’est pas seulement quelqu’un qui en veut au Mandalorien, il a un plan. Et on comprend enfin, parce que c’était flou jusqu’à présent, qu’il a besoin du Bébé Yoda pour lui prendre son sang. Vous voyez où on va ? Vers un sang concentré en midichloriens qu’on pourrait injecter dans des soldats. Un peu comme si le gêne des X-Men était transmissible par voix sanguine.

On verra ce que la suite nous réserve mais la série avance, lentement certes, mais elle bouge suffisamment pour continuer à se suivre avec plaisir.

6 commentaires

  • kenny samedi 31 octobre 2020 16 h 04 min

    Boba vivant ? Est ce que Rex ou n’importe quel clone serait compatible avec le lore ? :D

  • Broack dincht lundi 2 novembre 2020 7 h 00 min

    J’imagine que cette impression de décors vide est la limite de leur technologie d’intégration 3d. L’effet ne fonctionnerait peut-être plus aussi bien s’ils faisaient des gros décors proches avec des intégrations de figurants. Ça reste de l’incrustation dans un jeu vidéo

  • Marc lundi 2 novembre 2020 12 h 11 min

    @Kenny : ça pourrait être effectivement Rex mais vu le contexte de l’épisode et le lieu, c’est forcément Boba :D

    @Broack : mouais… y a moyen de faire de l’urbain sans qu’il y ait besoin de foule. Certaines scènes manquent de figurants aussi…

  • broack dincht mardi 10 novembre 2020 11 h 11 min

    ce qui est ballot c’est que l’acteur est trop vieux pour être Boba. Dans l’attaque des clones, le jeune Boba doit avoir environ 10ans, et vu qu’il s’écoule environ 25 ans entre le film et la période de cette série, il devrait tourner autour de 35 ans. Or l’acteur en a 60. En fait il a plus l’age de jouer un clone (qui avec le vieillissement accéléré doit en effet tourner à la 60aine). Mais bon, oui, il serait étonnant que ce soit un clone vu le déroulé de l’épisode.

    Pour la question des decors on verra bien. J’avais regardé pas mal de choses concernant leur technologie d’intégration, et j’ai l’impression que (pour le moment) la principale limitation concerne le sol. Vu qu’ils utilisent un vrai sol, la jonction entre le sol et l’écran au mur peut être un problème. En l’état ils utilisent des astuces “cache misère” qui fonctionnent très bien sur des matières assez uniformes comme du sable ou de la neige, mais pour des décors avec plein d’éléments proches et lointain, ça ne marcherait peut être pas. En fait ils se retrouveraient probablement à ne pas pouvoir filmer le sol, ce qui serait très limitant. Une solution serait surement que le sol soit aussi un écran, mais j’imagine que s’ils ne l’ont pas fait, c’est pour une bonne raison. Ce n’est qu’une supposition bien sur, l’avenir nous dira s’ils arrivent à pousser le truc plus loin. Mais il est aussi possible que l’effet ne fonctionne pas trop dans une scène avec par exemple des éléments à 5m 20m et 100m à l’écran. Même s’ils projettent un univers 3d sur un écran avec une bonne gestion de parallaxe, ça se verrait peut être trop qu’ils s’agit quand même d’une projection sur un mur.
    Quoi qu’il en soit, déjà en l’état cette technologie est incroyable et peut totalement révolutionner au moins les films et séries (surtout séries avec des budgets plus limités) qui cherchent à faire du dépaysement (fini de voir la même foret de Vancouver un épisode sur 3 dans Stargate sg1)

  • broack dincht mardi 10 novembre 2020 22 h 11 min

    autre limitation de cette techno, la projection d’ombres ne doit pas marcher non plus. Des murs illuminés ne pourront pas projeter d’ombres. Donc difficile de faire une balade en foret où lumière et ombres interviendraient sur les perso (finalement il y aura peut être encore besoin des forets de Vancouver). Bref, pour ça aussi les objets proches seraient un soucis.

  • Marc vendredi 13 novembre 2020 15 h 17 min

    Un peu plus. Il y a 31 ans entre l’Attaque des Clones et The Mandalorian
    Donc si le gamin a dix douze ans, il a une bonne quarantaine dans Mandalorian. Morrison a vingt ans de trop. Mais on va dire que c’est l’effet du soleil de Tatooine :D

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