Il y a deux jeux vidéo qui ont tellement de qualités visuelles et/ou narratives qu’on y joue comme dans un film. Ou qu’on aimerait les voir à l’écran.

C’était le cas il y a quelques mois de Red Dead Redemption. C’est aussi le cas de ce qui arrive en ce moment à Batman, seul personnage de comic à avoir eu droit jusque là à un jeu vidéo correct. Et à l’heure où beaucoup de gamers sautent de toits en toits dans Arkham City, Danny a voulu revenir sur son prédécesseur.

Un Dimanche, Une Critique est donc très exceptionnellement et uniquement pour le plaisir consacré à un jeu vidéo : Batman Arkham Asylum.

Batman : Arkham Asylum – Sortie sur Xbox et PS3 le 28 août 2009
Avec les voix françaises de Adrien Antoine, Jacques Ciron, Pierre Hatet

Batman a régulièrement eu droit à bon nombre d’adaptations en jeu vidéo à qualité variable. Mais il faut dire qu’avec Batman : Arkham Asylum, le studio Rocksteady fait fort. Loin de livrer un simple produit dérivé sans âme ou inspiré d’une quelconque adaptation, le jeu démontre sa capacité à proposer une véritable aventure proche de ce que pourrait donner un blockbuster cinématographique.

Ce qui frappe d’entrée de jeu, c’est le mélange parfait entre un univers technologique, relativement réaliste et en même temps sombre, gothique et fantastique.
Car, à titre de comparaison, là où le réalisateur Christopher Nolan en reste à un environnement très terre-à-terre prenant le parti radical de virer tout élément un tant soit peu surnaturel aussi bien dans Batman Begins que dans The Dark Knight, Batman : Arkham Asylum reprend les personnages tels qu’ils sont connus actuellement dans les comics tout en les redéfinissant visuellement, un peu à la manière de la série animée The Batman (mais de manière un peu moins radicale et avec un peu plus de qualité en terme d’écriture).
Le Chevalier Noir porte un costume à mi-chemin entre une armure de combat et le costume qu’il arbore depuis ces dernières années dans les comics, le Joker est un poil plus négligé que celui que l’on voit d’habitude, etc… A tel point que ces personnages, avec des looks aussi travaillés, en deviennent physiquement impressionnants, réussissant notamment à rendre les ennemis de Batman réellement effrayants.

Le jeu présente l’évasion du Joker au moment de son incarcération dans l’Asile d’Arkham afin d’en prendre le contrôle. Les lieux étant désormais sous le règne du Clown Prince du Crime, c’est à Batman, présent sur les lieux, d’arrêter une fois de plus son pire ennemi. A la manière d’un John Mc Clane dans Die Hard, Batman est livré à lui-même dans un environnement clos, ne pouvant compter que sur les renseignements d’un individu extérieur en communication plus ou moins régulière avec lui (en l’occurrence, la spécialiste en informatique Barbara Gordon alias Oracle).

Evoluant dans un environnement singulier qui se révèle être le célèbre asile d’Arkham, endroit angoissant où les super-vilains les plus notables ayant croisé la route du Chevalier Noir sont enfermés, le lieu recèle une histoire bien particulière que le joueur se devra de découvrir et dont les origines troubles remontent à une époque lointaine qui renferme un terrible secret.

Subissant régulièrement la présence du Joker par l’intermédiaire d’écrans (méthode qui pour certains joueurs fait penser à celles du personnage de Jigsaw présent dans la saga des films Saw, où celui-ci malmène ses victimes tout en leur montrant sa présence de la même manière), Batman combat bon nombre d’ennemis auquel il fait habituellement face dans les comics.
De l’amphibien Killer Croc à la vénéneuse Poison Ivy en passant par l’Epouvantail, chaque adversaire ayant son propre mode opératoire, les capacités physiques ou leurs particularités étant intelligemment exploités par le jeu (et dont le Chevalier Noir devra trouver la manière de contrer). Petit bémol toutefois, on peut constater que la confrontation finale entre Batman et le Joker cède à la facilité en employant une idée qui se révèle prévisible.

Partant du principe que Batman, malgré son équipement et son costume, reste un humain plutôt vulnérable aux armes et aux différents traumatismes physiques qu’il pourrait subir, le Caped Crusader privilégie l’infiltration (tout comme c’était le cas pour le jeu inspiré du film Batman Begins sorti quelques années auparavant), neutralisant ses adversaires en planifiant une stratégie reposant sur la configuration de l’endroit où l’Homme Chauve-souris doit intervenir.
Néanmoins, lorsque la confrontation physique est inévitable, le Chevalier Noir exécute des mouvements afin de combattre des hordes d’hommes de main ou de super-vilains qui, si ils sont brillamment exécutés, se révèle visuellement sublimes car chorégraphiés à la perfection, montrant un Batman virevoltant et sautant d’un ennemi à l’autre.
C’est également au cours de challenges que le joueur montrera de quoi il est capable, devant relever le défi de battre des groupes d’attaquants ou bien encore de les neutraliser en utilisant sa discrétion et son matériel dans une difficulté augmentant progressivement.

Tout comme James Bond, Batman dispose d’une large gamme de gadgets, chacun servant pour un type de fonctions bien précis. Du classique Batarang au grappin en passant par le gel explosif ou bien encore la tyrolienne, le Caped Crusader devra trouver le moyen d’exploiter de manière optimale les possibilités de chaque outil, récupérer au fur et à mesure du jeu et l’aidant aussi bien à neutraliser ses ennemis qu’à surmonter divers autres obstacles.
L’autre capacité notable du héros reste sa Vision Détective, une option permettant à Batman d’avoir un autre aperçu sur ce qu’il aperçoit et ainsi de relever divers indices disséminés ici ou là autour de lui (dont des easter eggs et divers éléments permettant la progression de l’intrigue). Elle permet aussi de constater les différentes blessures effectuées en plein combat lors de coups dévastateurs portés par le protagoniste principal sur les hommes ayant la mauvaise idée de l’attaquer.

Batman devra aussi résoudre les différentes énigmes du Riddler ou bien encore retrouver tous les trophées dispersés par ses soins situés dans des endroits plus ou moins accessibles et compléter divers bonus.

Les précédentes adaptations de Batman nous avaient habitués à une possibilité de pouvoir contrôler au moins l’un des véhicules du personnage, chose impossible ici du fait même de l’histoire (aucun intérêt de diriger un véhicule dans un environnement aussi fermé que celui de l’asile d’Arkham). Néanmoins, on note la présence plus ou moins courte de la Batmobile et de la Batwing lors de séquences spectaculaires.

Côté doublage, on peut noter l’excellent travail fait sur la voix des personnages aussi bien en VO comme en VF (avec la présence de Mark Hamill en tant que Joker pour sa voix américaine et de Pierre Hatet pour sa voix française), ainsi que le soin apporté à la bande-originale qui dévoile une ambiance à l’image du jeu : pesante, angoissante et parfois trépidante.

Avec un succès public et critique mérité, Batman : Arkham Asylum reste un excellent jeu, visuellement impressionnant et réussissant à mettre en valeur un endroit considéré comme mythique dans l’univers de Batman

1 commentaire

  • dordone dimanche 25 décembre 2011 23 h 38 min

    merci très bonne critique d’un très bon jeu!

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