Sur CloneWeb, on nous reproche souvent de préférer Marvel à DC. Il faut dire que Suicide Squad est bien mal foutu et qu’on a tous encore en tête l’horrible “affaire Martha” quand en face ils font du cinéma agréable à regarder.

Nous comptions donc beaucoup sur Wonder Woman, et le travail de Patty Jenkins, pour nous faire changer notre fusil d’épaule. Après un premier avis tourné à chaud à la sortie de la projection, vérifions donc ensemble et avec un peu de recul ce que ça donne…

 

LA CRITIQUE

Wonder Woman version cinéma était un sacré pari. Après la débâcle Batman v Superman et l’affreux Suicide Squad, il fallait à la fois pour DC Comics redresser la barre en terme de qualité mais aussi faire un film à la hauteur du personnage : féministe, badass et intelligent. En embauchant Patty Jenkins, qui a failli faire Thor Le Monde des Ténèbres, les producteurs visaient une première fois juste. Qui plus est, le personnage incarné par Gal Gadot tenait plus que la route dans le volet précédent face aux guignols s’interrogeant sur le prénom de leurs mamans.

Il faut bien reconnaitre que le pari est plutôt réussi, même s’il n’est pas encore sans faute.

Si vous connaissez l’origine de Wonder Woman, la Princesse des Amazones Diana sculptée dans la glaise par sa mère et à qui Zeus a donné la vie, vous serez en terrain conquis tant WW le film est une origin story extrêmement fidèle à la version de papier – surtout dans sa première partie, le contexte historique ayant changé dans la seconde. Sur cette île cachée où des femmes s’entrainent pour être prêtes le jour du retour d’Arès, se crashe le pilote Steve Trevor qui va inciter la Princesse, curieuse de voir le monde extérieur et de lui venir en aide en temps de guerre, à prendre un célèbre plastron rouge et un lasso lumineux pour ensuite quitter ses semblables.
Dans le film de Jenkins, il est question d’arrêter un général de l’armée allemande -nous sommes pendant en 1918 à l’aube de l’Armistice- qui a mis au point avec l’aide d’une scientifique un gaz contre lesquels les masques des armées n’ont aucun effet. Persuadée qu’Arès est de retour parce qu’on lui répète depuis l’enfance qu’il va revenir, Diana va voir un peu naïvement en ce militaire la nouvelle incarnation du Dieu de la Guerre.

On commence donc sur Themyscira pour découvrir une introduction particulièrement soignée, autant dans la mise en scène que dans l’aspect visuel global de l’univers. Robin Wright en Général Antiope et mentor de la Princesse est particulièrement réussie, tout comme sa sœur incarnée par Connie Nielsen. On découvre aussi que Patty Jenkins aime les personnages numériques. Parfois réduits de la bouillie de pixels, l’idée permet néanmoins quelques plans et ralentis spectaculaires qui montrent la toute puissance des Amazones, notamment à travers une scène de bataille de haut vol sur une plage.

La deuxième partie va être un peu plus compliquée. Une fois à Londres, Diana doit faire face au monde tel qu’il est en 1918. Et là, c’est presque le drame. Si certains passages sont bien sentis dont une séquence dans un magasin de vêtements ou une dégustation de glace, clin d’oeil au comic Justice League Origins, d’autres sont beaucoup moins faciles à accepter. Le problème principal vient du fait que les scénaristes ont choisi de mettre en avant la naïveté du personnage et d’en faire un ressort dramatique tout au long de l’histoire. Ce qui était utilisé rapidement et sous forme de quelques gags par Thor dans le film de Kenneth Branagh auquel on ne peut s’empêcher de penser devient vite lassant. En fait, on finit par se demander si les plumes derrière le film de Patty Jenkins ont bien compris le personnage qui passe pour beaucoup plus débile qu’elle ne l’est.

C’est d’autant plus problématique qu’elle n’est portée que par sa naïveté et … par Steve Trevor. Wonder Woman est un film qui se veut féministe comme son personnage mais qui est écrit par trois hommes (Allan Heinberg, Zack Snyder, Jason Fuchs) qui font évoluer son personnage à travers les homme de l’histoire. Elle s’oppose certes à eux à plusieurs reprises et prend évidemment des décisions par elle-même mais elle a besoin d’être littéralement prise par la main par un homme pour trouver sa voie. L’intelligence et la force de l’héroïne aurait dû permettre de nous la montrer sous un angle plus autonome, plus solitaire aussi. Le personnage de Chris Pine, qui aurait dû être l’équivalent de Peggy Carter, a beaucoup trop de présence à l’écran, beaucoup plus qu’il n’aurait du en avoir (à commencer par une scène dispensable où il plaisante sur la longueur de son sexe).
En cela, l’origin story animée mises en images par Lauren Montgomery et sortie en 2009 a mieux compris le personnage, qui en fait quelqu’un de beaucoup plus méfiant et distant des hommes tout en étant aussi intelligent, badass et à laquelle on peut s’identifier.

Ne boudons pas pour autant notre plaisir devant des scènes particulièrement réussies, dont le fameux plan vu dans toute la promo où Diana fonce dans une zone de no man’s land entre deux tranchées, bouclier à la main et sous le feu ennemi, scène qui sera suivie par une bataille tout aussi cool dans un petit village français (ou belge ?). Et si Gal Gadot a parfois du mal, notamment dans les scènes sur Themyscira demandant beaucoup d’émotions, elle incarne comme il faut l’héroïne qu’on voulait voir portée à l’écran.

Hollywood fait des progrès mais pourrait mieux faire, comme confier le scénario de la probable suite à des femmes, histoire que le personnage créé par William Moulton Marston soit mieux cerné et moins dépendant des hommes qui l’entourent. Mais Patty Jenkins relève le niveau des productions DC et on ne peut que se réjouir de voir une nouvelle héroïne trouver sa place et le succès qu’elle mérite dans le cinéma actuel.

Wonder Woman, de Patty Jenkins – Sortie le 7 juin 2017

2 commentaires

  • Hal79 mardi 13 juin 2017 23 h 35 min

    Donc on retiendra que se taper le même film 15 fois de suite depuis 10 ans c’est “agréable”.

    OK.

  • airwalk mardi 20 juin 2017 13 h 41 min

    alors la c énorme tout simplement énorme je dirais un rêve éveillé, c’est vraiment époustouflant dès que je peux j’y retourne!

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