Nous vous parlions déjà de Benda Bilili à travers un récent concours qui a notamment permis à deux d’entre vous d’assister à l’avant première du film et une bande annonce. Nous avons eu la chance de voir le documentaire sur ce groupe congolais en avant-première mais aussi, et surtout, de les rencontrer.
Voici donc la critique d’Alex. Elle est suivie par une interview vidéo introduite en musique et qui se conclut par un extrait du concert privé qu’ils ont donné à l’occasion de la rencontre.

La critique

Benda Bilili! – Sortie le 8 septembre 2010
Réalisé par Renaud Barret, Florent de La Tullaye
Avec Cubain Kabeya, Paulin Kiara-Maigi, Roger Landu
Ricky avait un rêve : faire de Staff Benda Bilili le meilleur orchestre du Congo.
Roger, enfant des rues, désirait plus que tout rejoindre ces stars du ghetto kinois qui écument la ville sur des fauteuils roulants customisés façon Mad Max. Mais avant tout il faut survivre, déjouer les pièges de la rue de Kinshasa, chanter et danser pour s’évader. Pendant cinq ans, des premières chansons à leur triomphe dans les festivals du monde entier, BENDA BILILI nous raconte ce rêve devenu réalité.

Difficile de passer à côté du phénomène Benda Bilili. Ce documentaire, c’est un peu un conte de fée mêlé à une tranche de vie. Et surtout, c’est une histoire complètement incroyable.

En 2005, Renaud Barret et Florent de la Tullaye réalise un documentaire sur les musiques africaines. Après avoir parcouru plusieurs villes, ils tombent amoureux d’un groupe, le staff Benda Bilili. Il nous sera difficile de parler de la mise en scène puisque nous sommes face à un documentaire. Cependant, certains plans sont simplement magnifique, magnifique de simplicité. Le montage est un peu chaotique, probablement à l’image du tournage. En effet, les deux français ont accompagné pendant un périple de 5 ans ce groupe de Kinshasa, non pas seulement dans leur déplacement mais dans leur mode de vie et de pensée. Ainsi on devine aisément que la vie des réalisateurs n’a pas été facile tous les jours.

On peut cependant y trouver quelques défauts. Certaines ellipses non voulues manquent cruellement d’explications. Ainsi, on n’aura aucun détail sur le financement des aventures. Mais ces petites erreurs ne viendront pas entraver notre plaisir. Si Benda Bilili avait été une production américaine scénarisée, on aurait trouvé ça beaucoup trop tiré par les cheveux. Il n’en est rien. Ici on assiste simplement à une histoire pleine de vérité et de bons sentiments, où deux français, charmés par cette musique proche du Buena Vista Social Club. Ces gens sont parti de rien, vraiment, ils vivaient dans la rue pour la plupart, et surtout, c’est ce qui fait la particularité du groupe, ils sont presque tous handicapés. Et Renaud et Florent ont eu les couilles suffisantes pour aller présenter leur projet en France (sans succès) puis en Belgique, et revenir avec des moyens et un producteur. Le chemin ne sera pas sans embuche pour le staff puisque le groupe se séparera pendant 1 an après l’incendie de leur centre.

Pourtant, les deux français ne les ont pas oublié et en cinq ans, tout s’est joué très vite et c’est la consécration lorsque, après l’enregistrement de leur premier album, ils commencent une tournée mondiale par les Eurockéennes de Belfort. On quittera le groupe lors de cette tournée. On sait maintenant qu’ils vont entrer bientôt en studio pour un nouvel album. Et après 1h30, on se rend compte qu’on a assisté à un conte magique, et surtout, quelque chose de vrai. On aurait peut être aimé un peu plus de voix-off et d’explication, mais tant pis, parce que ce qui fait la simplicité du film fait aussi qu’il est merveilleux en tout point, le tout agrémenté par quelques passages musicaux relevant d’un professionnalisme incroyable. Benda Bilili est un film à découvrir, pour découvrir le destin de ces personnes qui ont eu beaucoup de chances et qui maintenant, grâce à l’amour et au cran de deux français, sont sorti de leur besoin et de leur anonymat. On ressortira de la séance avec un seul mot à la bouche : merci. Merci de nous avoir fait voir ce pan de vie, d’honnêteté et de simplicité.

– Alex

 

L’interview, suivie d’un extrait du concert privé

Merci à Maylis d’Allociné? à Anaïs de l’Agence le K, et à Mathieu du CineShow.

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