Lucy Boynton. Retenez bien ce nom parce que vous n’avez pas fini d’en entendre parler. A 22 ans, elle est la révélation féminine de Sing Street, le nouveau film de John Carney. Et elle sera bientôt à l’affiche du Crime de l’Orient Express que prépare Kenneth Branagh.

A l’occasion de la sortie du long-métrage irlandais dans les salles le 26 octobre prochain (voir notre critique et le podcast consacrés) et bien qu’actuellement en tournage à New York pour Netflix, Lucy Boynton a bien voulu répondre à nos questions.

 

Attention, deux questions en fin d’interview sont des spoilers potentiels évoquant la fin de l’histoire.

Comment avez-vous eu le rôle ?
C’était juste un script qu’on mon agent m’a envoyé un vendredi après midi mais dès la page 2 j’ai su que c’était quelque chose de spécial, et le temps de le lire jusqu’au bout je savais que je devais jouer Raphina. Je devais faire partie de cette production. C’était tellement différent de tout ce que j’avais lu auparavant, et Raphina est un tel personnage complexe, écrit avec tant d’émotions. Donc, j’ai envoyé une vidéo pour une audition et j’ai travaillé mon accent. Et à chaque fois que John [Carney, le réalisateur] m’envoyait un nouveau commentaire je faisais un nouvel enregistrement. L’été, j’ai fait des aller-retours jusqu’à Dublin, des lectures et des screen tests sur différents pas de portes avec différents garçons qui passaient l’audition pour le rôle de Cosmo. Et finalement, un dimanche après-midi, j’ai eu le coup de fil attendu !

Quelle était votre relation avec la pop culture des années 80 et en particulier avec la musique avant le film ?
Je dois admettre que je n’étais pas particulier versée dans la culture des années 80, et encore moins irlandaise, avant le film. Pendant ma période de recherches j’ai réalisé que je connaissais quand même beaucoup de chansons sans les associer particulièrement avec cette période. Et puis beaucoup de choses des 80s ont influencé la musique et la mode que j’aime. C’était donc une expérience très enrichissante !

Quelle est votre chanson préférée de cette époque ?
“Burning Down The House” de Talking Heads est ma préférée. C’est mon groupe favori de cette période.

Est-ce que vous chantez ou jouez d’un instrument comme Ferdia Walsh-Peelo ou John Carney ?
Oh mon dieu, non ! Je peux chanter mais je ne l’ai jamais fait que pour un public se résumant à mon chat. Et j’ai essayé plein d’instruments quand j’étais enfant mais je n’étais pas assez disciplinée pour continuer. Je regrette maintenant, j’envisage donc de reprendre le piano. Peut-être. A suivre.

Comment est John Carney sur un tournage ? Il a commencé en tant que musicien. Est-ce que ça change sa manière de travailler ? Peut-être quand il dirige les scènes de chant ?
La chose la plus important, celle qui a fait que travailler avec John était une expérience unique, est le fait qu’il très collaboratif. Il voulait que chaque moment entre les personnages soit le plus authentique et organique que possible. Donc il nous a encouragé à prendre des risques, à faire ce qui nous semblait justement au bon moment, et à le challenger lui-même, ce qui n’est pas quelque chose qu’on a l’habitude d’entendre de la part d’un réalisateur. Ca avait un effet libérateur et excitant qui nous a permis de nous approprier nos propres personnages. Peut-être que cette volonté de nous faire collaborer et de nous faire nous impliquer autant vient du fait qu’il faisait partie d’un groupe. En musique, il est toujours question de collaboration et de solidarité, et c’est à ça que ressemblant les plateaux de John.

Vous connaissez sa musique et son travail avant ?
J’étais et je suis une grande fan de Once. Et New York Melody est sorti pendant l’été où je faisais des auditions, ce qui m’a donné une motivation supplémentaire. Je n’avais pas écouter sa musique avant par contre, mais ce fut un vrai plaisir ensuite.

Comment s’est passé le tournage, vu que vous avez tourné avec des acteurs débutants comme Ferdia Walsh-Peelo ?
C’était incroyablement fun. Parce que c’était la première fois que Ferdia venait sur un plateau de tournage et parce qu’il est dans chaque scène, qu’il porte le film, la structure, la manière de travailler était vraiment différente de tout ce que j’avais fait jusque là. C’était très collaboratif et fluide, et on a improvisé (surtout John). Il n’y avait donc pas tant de pression que ça, on a pu s’amuser et canaliser notre énergie et notre excitation dans nos personnages. Même si les heures était longues et pénibles, et je pense que Ferdia n’en avait pas l’habitude à 14 ans, John avait une énergie contagieuse qui nous a fait continuer.

Dans le film, Raphina veut aller à Londres. Vous êtes londonienne, où voulez-vous aller ? Où voyez-vous votre avenir en tant qu’actrice ?
Je suis née à New York alors j’aimerais y retourner un jour. Mais en tant qu’actrice j’aimerais aller partout. Je voudrais pouvoir jouer autant de personnages que possible au cours de ma carrière. En ce moment, je suis très attirée par des personnages plus sombres, et des personnages complexes comme Raphina.

Sing Street rafle plein de prix partout. Quand vous avez lu le scénario, l’avez-vous vu comme quelque chose de spécial qui pouvait tout gagner ?
Quand j’ai lu le script, je n’y ai jamais vraiment pensé. Je me suis focalisée sur sur le rôle et le tournage. Mais ce que John a créé est quelque chose de très très spécial, et quelque chose dont nous sommes très fiers. C’est un vrai plaisir d’entendre qu’autant de gens se sentent connecté et répondent aussi bien au film.

[Spoiler] Les paroles de la chanson finale disent que “vous ne saurez jamais si vous n’essayez pas” [“you’re never gonna know if you don’t find out”]. Est-ce que vous avez déjà essayé quelque chose de fou dans votre vie personnelle, comme votre personnage ?
Plus je vieillis plus je me sens confiante de prendre des risques et de me challenger moi-même, que ça soit dans mon travail ou dans ma vie personnelle. Mais je ne je peux pas dire que j’ai déjà fait quelque chose d’aussi dingue que de sauter dans un bateau sans argent. Je ne suis définitivement pas Raphina.

[Spoiler] Dans une interview, John Carney dit qu’il regrette la fin du film. La voyez-vous comme une fantaisie ? Ou quelque chose de réel ? Pensez-vous que votre personnage a pu rejoindre la côte anglaise ?
J’adore la fin ! L’idée n’est pas de savoir ce qui leur arrive et s’ils vécurent heureux. L’idée, c’est que finalement ils l’ont fait. Ils ont fait ce que beaucoup disent qu’ils feraient mais finissent par renoncer. Ils y sont arrivés. C’est ça, la victoire. C’est pour ça que je l’aime. Donc, dans un sens, je pense que c’est très réel. Mais si jamais des gens ont besoin d’être rassurés, ma mère a échafaudé toute une théorie expliquant comment ils sont arrivés à Londres parce qu’elle ne supporte pas l’idée d’une alternative.

Quels sont vos prochains projets ?
J’ai deux films qui sortent bientôt, tous les deux écrits et réalisés par Osgood Perkins. “I Am The Pretty Thing That Lives In the House” est une histoire de fantômes avec Ruth Wilson, Bob Balaban et Paula Prentiss. C’est une production Netflix Original qui sortira le 28 octobre prochain. “February”, qui a été montré en avant-première au Festival de Toronto avec Emma Roberts et Kiernan Shipka [sortira en DVD le 15 novembre prochain]. L’année prochaine sortira aussi “Rebel In The Rye”, écrit et réalisé par Danny Strong, avec Nicholas Hoult, Sarah Paulson et Kevin Spacey. J’y incarne la femme de J.D Salinger, Claire Douglas.

Là je suis en train de tourner une série originale Netflix à New York appelée Gypsy. Et en décembre je commencerais le tournage du Crime de l’Orient Express, réalisé par Kenneth Branagh. Ce sera une fin palpitante pour une année qui l’a été tout autant.

Interview réalisée par e-mail, Lucy Boynton étant actuellement en tournage à New-York. Merci à Sophie Bataille.

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