Lors du Festival du Film de Sitges fin 2010, David, correspondant de CloneWeb sur place, avait rencontré Paco Plaza. Le co-réalisateur de REC et REC2 (avec Jaume Balagueró) était alors pris par le temps et nous avait proposé de le contacter par email pour lui poser nos questions.

Plaza étant un homme occupé, notamment par la pré-production de son prochain film, ça a pris un peu de temps mais il ne nous a pas oublié puisque nous avons reçu ses dernières réponses il y a quelques jours. Il nous parle de ses films, notamment du 3e volet de REC mais aussi du cinéma français qu’il aime et de ses attentes pour début 2011.

Voici l’intégralité de cette interview, également disponible en espagnol, langue dans laquelle nous avons échangé.

CloneWeb : Comment vous présenteriez-vous aux personnes qui ne vous connaissent pas ?
Paco Plaza : Bonjour, je m’appelle Paco Plaza; j’ai 37 ans et j’adore les films d’horreur.

Vous avez été consacré à plusieurs reprises au festival de Sitges, individuellement en 2002 avec le prix du meilleur film fantastique européen pour Les Enfants d’Abraham, puis « collectivement » pour REC en 2008. Que représente pour vous le festival de Sitges ?
Premièrement, c’est un endroit où j’ai vu certains des meilleurs films dont je me souvienne. J’y vais en tant que fan depuis que j’ai 19 ans et maintenant j’ai l’immense chance de pouvoir me consacrer au cinéma et d’y présenter tous mes films. Chaque année j’attends impatiemment ce rendez-vous et j’essaie de réserver quelques jours pour me gaver de cinéma. A mon avis, Sitges est le meilleur festival du monde.

Quelle était votre ambition, votre but, lorsque vous avez développé le projet REC ?
REC est né de façon très spontanée. Jaume et moi-même étions en train de travailler sur d’autres films, mais on fantasmait sur l’idée de faire un film à très petit budget, qu’on pourrait tourner très vite, presque en secret, avec une très petite équipe; l’idée nous emballait et on a fini par la réaliser.

Pourquoi avoir décidé de coréaliser REC avec Jaume Balaguero ? Que tirez-vous de cette expérience ?
On n’a jamais pris la décision de co-réaliser. Tout a été très naturel; on aimait la façon dont tout se déroulait et notre manière de voir les choses, avec tellement d’improvisation, avec un style frôlant le reportage, ça nous a semblé une bonne idée d’être ensemble pendant tout le processus. Jaume est non seulement un très bon ami, c’est aussi un de mes metteurs en scène espagnols préférés, et c’était un honneur de collaborer avec lui ; je pense que le film est le résultat de notre communication; si l’un de nous l’avait tout fait seul le résultat aurait été très différent.

Comment vous êtes vous répartis les tâches au niveau de la réalisation avec Jaume Balaguero sur REC ? Avez-vous procédé de la même manière sur REC 2 ?
Comme je te le dis, nous n’avons jamais rien réparti; on était là tout le temps, comme des enfants qui jouent, apportant des idées, on s’amusait avec un film qui, selon nous, n’allait jamais sortir en salle, une sorte de caprice qui sortirait directement en DVD ou quelque chose du genre ; c’était une expérimentation.
REC2 était différent, c’était la suite d’un succès. Au début on voulait la diviser en deux, faire deux films et tourner chacun des deux une des deux histoires, mais pour différentes raisons on a fini par co-réaliser à nouveau.

Quels sont votre meilleur et votre pire souvenir de ces deux tournages ?
Je n’ai pas de mauvais souvenirs. J’ai plus d’affection pour le premier, car, en réalité, on a retrouvé l’esprit de l’époque où on tournait des courts-métrages, tout était très sauvage, très underground. Je me souviendrais toujours du moment où on a écrit la fin, deux jours avant son tournage, la fille Medeiros était un homme moustachu. On a décidé de tout changer et on a inventé l’histoire de la fille possédée. Cette liberté et ce manque de préjugés a donné au film un esprit tout à fait unique.

Qu’est ce qui vous a donné envie de choisir Manuela Velasco qui était animatrice télé et pas vraiment comédienne à la base ?
Parce que, grâce à ses années de travail à la télévision, elle a assimilé son rôle de journaliste et parce qu’elle avait également une solide formation d’actrice. Elle était parfaite pour ce rôle. C’est ma femme qui a eu l’idée, elle l’a vue dans une émission de musique qu’elle présentait et elle m’a dit : “elle serait parfaite”. Et, comme presque toujours, elle a eu raison.

Quelle à été votre réaction suite au succès de REC ? Suite à la demande (très rapide) d’un remake de la part des Etats-Unis ? Et quel est votre point de vue sur ce remake ?
Tout ce qui est arrivé à été très fort. De nos jours, il semblerait qu’un remake est
un gage de qualité qui donne du prestige et qui aide également à la diffusion du film original, ça donne de la notoriété. On a été surpris de voir que tout s’est passé tellement vite. En fait, on l’a appris par internet.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur REC 3 (l’histoire) ? Quand allez-vous débuter le tournage ? Quelle est la date de sortie prévue ?
Nous commençons à tourner le 28 mars, mais la date de sortie dépendra de la stratégie de la société de distribution.

Quels sont vos prochains projets après la saga REC ?
J’aimerais faire un film de Maldito Viernes. C’est une fausse bande-annonce que j’ai filmée il y a deux ans et je serai ravi d’en faire une réalité.

Quel est votre point de vue sur l’état actuel du « cinéma de genre » ? En Espagne en particulier (L’Orphelinat , Hierro, les productions Del Toro) ? dans le reste de l’Europe (notamment en France) ?
Je pense qu’en Espagne on a la chance que le cinéma de genre connaisse tellement de succès dernièrement, il semblerait que le public espagnol commence à se sentir à l’aise en regardant des films d’horreur dans sa propre langue. En ce qui concerne le cinéma français, j’aime beaucoup Frontières, A l’Intérieur, Calvaire, ILS… je crois qu’il existe une génération très proche de la nôtre, qui connait un grand prestige international.

Quels sont les cinéastes qui vous inspirent ? Vos modèles ?
Plus que m’en inspirer, je crois que certains films deviennent partie intégrante de soi-même et déterminent qui on est, ils nous forment en tant que personne et cinéaste. J’ai une dévotion particulière pour Carpenter et Cronenberg, et j’adore la façon de concevoir le cinéma de Sam Raimi ou de Robert Rodríguez, par exemple.

Avez qui rêveriez-vous de tourner ?
Avec n’importe quel passionné de cinéma qui aurait envie de s’investir à 100% dans le film.

Quel est votre dernier gros coup de cœur au cinéma ou en DVD ?
Ces derniers temps, j’ai particulièrement aimé Splice, Piranha 3D, I Saw the Devil, Le Dernier Exorcisme…

Quel est le film à venir dans les prochains mois que vous attendez le plus ?
Je n’arrête pas de penser à Black Swan. Ce n’est pas que je veux le voir, c’est que j’en ai besoin! Ahahahahaha!

 

CloneWeb : ¿Cómo se presentaría usted a quienes no le conocen?
Paco Plaza : Hola, soy Paco Plaza; tengo 37 años y me encanta el cine de terror.

Ha sido galardonado en diversas ocasiones en el festival de Sitges; individualmente en 2002 con el premio a la Mejor Película Europea de Género Fantástico por El Segundo Nombre, y « colectivamente » por REC en 2008. ¿Qué significa para usted el festival de Sitges?
Lo primero, un sitio donde he visto algunas de las mejores películas que recuerdo. Desde los 19 años llevo acudiendo como fan y he tenido la inmensa suerte de poder dedicarme al cine y presentar allí todas mis películas. Cada año espero con ansiedad la cita e intento reservarme unos días para atracarme de cine. Sitges es el mejor festival del mundo para mí.

¿Qué objetivo, qué meta se marcó cuando empezó a desarrollar el proyecto REC?
REC nació de una forma muy espontánea. Tanto Jaume como yo estábamos preparando otras películas, pero fantaseábamos con la idea de hacer una película muy muy barata, que pudiéramos rodar muy rápido, casi en secreto, con un equipo muy pequeño; nos fuimos emocionando con ella hasta que acabamos haciéndola.

¿Por qué tomó la decisión de codirigir REC con Jaume Balagueró? ¿Qué le ha aportado esta experiencia?
Nunca tomamos la decisión de codirigir. Fue muy natural; a los dos nos encantaba cómo íbamos desarrollándola y por la manera en que la planteábamos, con tanta improvisación, con un estilo rozando el reportaje, nos pareció buena idea estar jntos todo el proceso. Además de ser muy buen amigo, Jaume es uno de los directores que más me gustan en España, y fue un lujo colaborar; creo que la película es el resultado de nuestra comunicación; si cualqueira de los dos la hubiera hecho solo sería muy distinta.

¿Cómo se repartieron las tareas de realización con Jaume Balagueró en REC? ¿Utilizó los mismos métodos en REC 2?
Como te digo, nunca nos repartimos nada; estábamos allí todo el rato, como niños que juegan, aportando, divirtiéndonos juntos con esta película que pensábamos que nunca se estrenaría, que era una especia de capricho que editaríamos en dvd o algo así; era un experimento. REC2 era distinta, ya era la secuela de un éxito. Al principio nos la queríamos partir, que fuera dos películas y cada uno dirigir una de las historias, pero por distintos motivos acabamos codirigiendo otra vez.

¿Cuáles son sus mejores y peores recuerdos de aquellos dos rodajes?
No hay malos recuerdos. Tengo más cariño por la primera, porque en verdad recuperábamos el espítiru de cuando hacíamos cortos, era muy salvaje todo, muy underground. Recuerdo con mucho cariño cómo escribimos el final cuando faltaban dos días para rodarlo y la niña Medeiros era un señor con bigote y decidimos cambiar y nos inventamos la historia de la niña poseída. Esa libertad y esa falta de prejuicios le dio a la película un espíritu único.

¿Por qué tomó la decisión de contar para el proyecto con Manuela Velasco que en un principio era más bien presentadora de TV y no realmente actriz?
Porque ella combinaba que tenía el personaje de reportera ya muy asimiliado por años de trabajo en tv y además tiene una sólida formación como actriz. Era perfecta para el papel. En realidad fue una idea de mi mujer, la vió en un programa musical que presentaba y me dijo “sería perfecta”. Y como casi siempre, tenía razón.

¿Cuál fue su reacción a raíz del éxito de REC en EE.UU., a raíz de un próximo (y muy rápido) remake hollywoodiense? ¿Y qué opina sobre este remake?
Ha sido muy bonito todo lo que ha pasado. Hoy día, parece que un remake es casi un sello de calidad, da cierto prestigio y además ayuda a la disfusión de la película original, genera notoriedad. El hecho de que fuera todo tan rápido sí fue muy sorprendente. De hecho, nos enteramos de la noticia porque la leímos en internet.

¿Podría hacer algún comentario sobre REC 3 (la historia, el guión)? ¿Cuándo empieza el rodaje? ¿Hay fecha de estreno?
Empezamos a rodar el 28 de marzo, pero la fecha de estreno dependerá de la estrategia de la distribuidora.

¿Qué proyectos tiene después de la saga REC?
Me encantaría convertir Maldito Viernes en película. Es un falso trailer que rodé hace un par de años y estoy muy ilusionado con convertirlo en realidad.

¿Cuál es su punto de vista sobre el estado actual del « cine de género »? ¿En España en particular (El Orfanato, Hierro, las producciones de Del Toro)? ¿En el resto de Europa (y en Francia en particular)?
Creo que en España tenemos la suerte de que el cine de género está funcionando muy bien últimamente, parece que el público español ya se siente cómodo viendo cine de terror en nuestra lengua. En cuanto al francés, me gustan mucho Frontières, Inside, Calvaire, ILS… creo que hay una generación muy parecida a la nuestra, que gozan de un gran prestigio internacional.

¿Se inspira en otros realizadores? ¿Quiénes son sus modelos?
Más que inspirar, creo que hay películas que pasan a formar parte de ti y que determinan quién eres, te moldean como persona y como cineasta. Siento una especial devoción por Carpenter y Cronenberg, y me encanta la manera de entender el cine de Sam Raimi o Robert Rodríguez, por ejemplo.

¿Con quién le gustaría rodar en el futuro?
Con cualquiera que tenga pasión por el cine y ganas de dar lo mejor de sí mismo para la película.

¿Qué película o DVD le ha sorprendido en los últimos tiempos?
De los últimos tiempos me han encantado Splice, Piranha, I saw the devil, The last exorcism…

¿Hay algún futuro estreno, algún título en particular que le llame especialmente la atención, que despierte su interés?
No dejo de pensar en Black Swan. No es que quiera verla, es que lo necesito. JAJAAJAAJA.

Interview réalisée par David.
Merci à Jacques et Christine pour la traduction.

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