A l’occasion de l’avant-première française de Planes 2, le réalisateur Roberts Gannaway et le producteur de DisneyToon Studio Ferrell Barron avaient fait le déplacement.

J’ai donc pu les croiser pendant une table ronde à laquelle participaient également d’autres confrères blogueurs et spécialistes de l’univers Disney. Ce fut l’occasion de leur demander d’où était partie l’idée de faire un film sur les avions canadair mais aussi d’évoquer DisneyToon Studio, habitué de travailler sur des franchises existantes quand les autres studios de Disney développent leurs propres univers.

Planes 2 sort le 23 juillet.

CloneWeb : Comment est venue l’idée de faire quelque chose de nouveaux, qui ne soit pas un film de course ?
Bobs Gannaway : DisneyToon Studios travaille avec des univers déjà créés, nous sommes là pour raconter des histoires dans cet univers. Nous aimons changer les genre. Le premier était un film de course, et on voulait quelque chose de différent. Tout est parti du fait que le modèle d’avion servant pour le personnage de Dusty, dans la vraie vie, a servi pour éteindre des incendies. C’est donc l’avion lui-même qui nous a conduit vers cette idée.

Comment avez-vous travaillé avec John Lasseter, producteur exécutif du film, sur ce projet ?
Bobs Gannaway : John était très impliqué sur le projet. C’était fantastique de l’avoir, comme mentor pour moi mais aussi comme leader du studio.

Ferrell Barron : John s’occupe de tous les studios Disney, Pixar, et DisneyToon. Il est très impliqué dans le impliqué dans les processus créatifs. C’est un artiste et un réalisateur accompli, c’est donc bien de l’avoir qui nous soutient, nous teste et repousse nos limites. Et puis il a apporté un regard neuf sur ce qu’on faisait.

Il y a une référence à la série “Chips” dans le film. Pourquoi cette série en particulier ?
Bobs Gannaway : D’abord parce qu’en changeant une lettre, ça faisait “Chops” [hélicoptère, en anglais] ! Ca rejoint la première question. Nous voulions faire quelque chose de différent. On a pris le personnage de Blade Ranger, on voulait en faire un mentor, un personnage qui a connu la tragédie dans sa vie et qui est allé au-delà. On voulait qu’il puisse partager son savoir avec Dusty. On aimait l’idée qu’il ait joué un hélicoptère dans une série télé et que, suite à un évènement tragique, il ait été incapable de sauver son ami. Ca l’a changé et maintenant il sauve les gens pour de vrai. Ca donnait un background au personnage mais d’une manière amusante.

Quels sont les prochains projets de DisneyToon Studios à part le prochain film Clochette ?
Ferrell Barron : On fait des recherches à propos des univers sur lesquels on travaille. Bobs l’a expliqué, il a fait des recherches sur l’avion de Planes et ça l’a inspiré à raconter son histoire. On ne veut pas se forcer à tenir une chronologie. Faire un film nous prendre quatre ans donc il faut être sûr de ce qu’on fait et de ce qu’on veut raconter. Pour le moment, nous n’en sommes donc qu’à l’étape de la recherche et du développement.

Bobs Gannaway : Une réponse indirecte serait de dire que les différents studios Disney se considèrent comme des studios dirigés par les réalisateurs. Les histoires viennent des réalisateurs qui les font mûrir à travers un processus long pour faire un film d’animation. A la fin, le but est juste de raconter une histoire avec de bons personnages sans se dépêcher. Quand la bonne histoire est trouvée, le processus peut commencer.

Comment avez-vous collaboré avec les pompiers de Californie ?
Bobs Gannaway : Les recherches sont très importants. Il fallait qu’on respecte les avions, les pompiers et les pilotes. Dans le film, il y a une scène où Dusty arrive à la base, tout le monde travaille dans son coin et l’alarme se déclenche. Ca nous est vraiment arrivé. Nous étions à la base avec les pilotes qui donnaient un barbecue en notre honneur, l’alarme s’est déclenchée et ils sont partis dans l’action.

Ferrell Barron : Tout est basé sur du vrai. On est parti voir des pompiers qui éteignent des feux de forêt en Californie. On a beaucoup de feux là-bas. On a visité trois bases différentes sur la côte californienne. Lors de notre première visite, on a rencontré un spécialiste qui s’est beaucoup impliqué pendant les quatre ans de développement. Nous en sommes revenus changés et eux un peu aussi. Ils voulaient qu’on raconte leur histoire, ils nous ont donné un accès complet pour ça. Ils se sont impliqués pendant l’écriture du script, des dialogues pour vérifier que les échanges radio étaient exacts, dans l’animation pour nous montrer comment circulent les avions entre les arbres, comment on fait face à un feu… Ils nous aussi aussi aidé sur les sons du film.
C’est le genre de détail qu’on ne sait pas forcément mais c’était important pour nous que ça soit le plus réaliste possible.

Bobs Gannaway : Les détails ne doivent pas être vus, ils doivent être ressentis. Ca nous a beaucoup plu de voir qu’ils étaient si motivés à nous aider. Ce sont devenus des amis.

Ferrell Barron : Et il y a deux semaines, nous avons montré le film terminé à leur famille pour les remercier de leur implication. Ils ont été impressionnés !

CloneWeb : Nous parlions de créer des histoires dans un univers. N’aimeriez-vous pas créer votre propre univers ? N’avez vous pas l’impression d’être parfois dans l’ombre des autres studios ?
Bobs Gannaway : C’est une bonne question. On se l’est posée en regardant l’exposition Disney de jeunes artistes qui est présentée ici [Disney Art Challenge, qui récompense des étudiants en école d’art en France]. Qui n’aimerait pas avoir une toile vierge pour commencer à peindre dessus ? Je disais que nous sommes un studio porté par ses réalisateurs. Donc nous avons la possibilité de choisir nos histoires, les trouver, tomber amoureux d’elles. Même si je travaille dans un univers existant -et je suis excité à l’idée de travailler dans un univers créé par John Lasseter-, l’histoire vient du réalisateur. C’est donc forcément gratifiant de faire le film.

Ferrell Barron : Et puis nous avons créé un petit univers en laissant de coté le monde de la course pour plonger dans celui des parcs nationaux. On est toujours dans le monde de Planes mais c’est très différent.

CloneWeb : c’est comme avoir un petit bac à sable dans un grand finalement…
Bobs Gannaway : Oui mais c’est un film très personnel aussi. Par exemple, il y a ce grand chalet dans le film. Mon père était architecte, j’adore l’architecture. Avoir l’opportunité de créer ce chalet pour moi était passionnant. Il y a aussi une gare dans le chalet, elle est basée sur le travail d’un architecte qui a fait le chalet de Yellowstone. J’en ai fait un hommage à son travail, car sa gare a brulé. Au final, j’y ai mis beaucoup de choses que j’aimais. Quelques soient les choses que vous faites, vous ne pouvez pas vous empêcher d’y mettre du vôtre.
Alors oui j’adorerais avoir une toile blanche mais je suis ravi de ce que j’ai fait.

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