Cette fois, c’était la bonne !

4 ans après s’être installé au Grand Rex, la Nuit Nanarland affichait enfin complet en remplissant les 2400 places pour la première fois. Ce n’est pas totalement une surprise quelques mois après la double projection de The Room en présence de Tommy Wiseau, mais ça fait toujours plaisir de voir la curiosité montante du public pour le mauvais goût déluré et les professions de foi totalement foireuses, surtout à l’heure où certains vantent les mérites des « nanars volontaires », véritable aberration en soit.

Et pour remercier le public d’un tel succès, les organisateurs mettaient les petits plats dans les grands en offrant pour la première fois la projection de White Fire sur grand écran. Aussi appelé Vivre pour Survivre, ou le Diamant, ce film franco-turc de 1984 est l’un des piliers de Nanarland, et ils ont courus après une copie 35mm en vain pendant des années, quand soudain un distributeur a mis la main sur le graal, et l’a restauré en 2K ! L’occasion de redécouvrir un film d’action évidemment pétris de faux raccords et de gaffes en tout genre, magnifiquement porté par un héros un peu trop obnubilé par sa sœur, au point où ça en devient carrément gênant et mortifère ! Cerise sur le gâteau, le réalisateur Jean-Marie Paillardy est venu profiter d’une standing ovation colossale en fin de projection, et en a profité pour répondre à quelques interrogations du public, faisant preuve d’un amour un peu trop collant pour la gente féminine.

Dans un autre registre, la Nuit Nanarland 3 nous a prouvé qu’il faut toujours croire en ses rêves, comme le démontrait merveilleusement bien Force Noire, un film écrit, produit et réalisé par Christian Anders en 1979. Le monsieur en question est un chanteur de variété très connu en Allemagne, une sorte de croisement entre Claude François et Dave, qui marchait tellement bien à l’époque qu’il s’ennuyait. Et quoi de mieux entre deux albums que de se transformer en star des arts martiaux dans son propre film ? Surtout si c’est censé se passer à Madrid et que le bougre se rêve en maitre de dojo, qui voit son petit business en péril quand un baron de la drogue veut construire son école de karaté en face de la sienne ! Incapable de se mettre en valeur et passant pour un bouffon de la première et la dernière seconde, Christian Anders pensait pourtant faire preuve d’une virilité et d’un charisme à toute épreuve, et ce décalage merveilleux rythme Force Noire du début à la fin.

Parce que le nanar a ses fondamentaux, il était impossible de passer la nuit sans un film de zombies.
Et pas n’importe lequel, puisque Zombi 3 est l’œuvre maudite de Lucio Fulci, qui s’est barré rapidement du tournage pour voir celui-ci être terminé par Bruno Mattei, l’un des papes du Z italien, connu pour son implacable Virus Cannibale ! Zombi 3 porte totalement ses stigmates, en un tournage à peu près correct et un script qui vomit sa bêtise à chaque seconde, faisant totalement feu de toute cohérence pour envoyer une tête de mort-vivante volante à la tronche de l’une de ses victimes, ou proposant un accouchement d’un tout autre genre. C’est gore, c’est crasseux et c’est d’une gratuité apaisante pour qui veut vider son cerveau en moins de deux.

L’autre fondamental du nanar, déjà esquissé durant cette nuit, c’est forcément le NINJA !
Et pour clôturer les festivités, Ninja III – The Domination venait faire éclater le génie de la Cannon Films et de ses patrons Menahem Golam et Yoram Globus, qui surfaient sur la vague de la série B bien pétée dans les années 80. Il est question ici d’une jeune femme américaine fan d’aérobic dont le quotidien va être bouleversé lorsqu’elle sera maudite par un ninja mourant. Possédant la jeune femme la nuit, l’esprit maléfique va en profiter pour opérer sa vengeance à travers elle !
Un mélange improbable d’arts martiaux, d’exorcisme, de slasher et de romance, baignant dans les années 80 jusqu’au coup, la jeune femme essayant notamment de contrer l’esprit en dansant frénétiquement ! Archétype du projet uniquement dirigé par des ambitieux mercantiles, Ninja III fait partie de ces œuvres étranges dont la conception improbable a donné lieu à un film ne ressemblant finalement à aucun autre, et qui passe d’un genre à l’autre sans qu’on ait le temps de dire ouf.
Se prenant totalement au sérieux, le résultat a le mérite d’être imprévisible et hautement bordélique, mais tout aussi génial !

Sans aucun temps mort, avec ses habituels interludes à base d’extraits improbables (on y a vu la scène de course poursuite en moto sur l’eau de xXx 3 !) et de bandes annonces d’un autre temps et d’une autre dimension, ou encore ses quizz, la nuit Nanarland 3 a tout simplement fait carton plein sur toute la ligne cette année, avec 4 films réellement fendards et un public chaud comme la braise.

Un rendez-vous toujours aussi sympathique donc, qu’on ne peut que vous conseiller l’an prochain…

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