Fin du calvaire pour bon nombre de festivaliers râleurs et fatigués après la dizaine de jours de la 71e édition du Festival de Cannes. Edition qui ne s’était pas amorcée sans couacs entre les bisbilles avec Netflix, les conséquences du scandale Weinstein et les absences remarquées de films attendus.

Rien n’aura été épargné à Thierry Frémaux cette année. Ni une sélection officielle reçue tièdement, sans aucun consensus, ni la projection d’un Solo décevant qui n’était même pas une avant-première, et jusque dans les errements du déroulé de la cérémonie de clôture. Ni même la météo n’aura été de la partie et aura eu raison de la chaleur traditionnelle des fêtes cannoises !

Mais les nombreuses défaites de cette année ne sauraient ternir la Palme d’or attribuée à Une affaire de famille d’Hirokazu Kore-eda. présent déjà depuis plusieurs éditions consécutives. Il rejoint enfin Shohei Imamura, Akira Kurosawa et Teinosuke Kinugasa dans le cercle des cinéastes japonais couronnés de la plus prestigieuse récompense du Festival de Cannes.

Une peu de politique avec Spike Lee qui reçoit le Grand prix pour Blackkklansman. Face à l’Amérique plongeante de Trump, le cinéaste newyorkais aura rappelé que Cannes possède le meilleur festival du monde, du fait de son ouverture et de la diversité du monde rassemblée.

Mais l’autre revers de la médaille fut l’affligeante récompense du larmoyant Capharnaüm avec le Prix du jury, particulièrement contesté auprès des journalistes. Le malaise s’implantant d’autant plus lorsque la réalisatrice rappela que son jeune acteur allait devoir repartir là où elle est allée le chercher. Ou quand la quête “artistique” du misérabilisme nous éclate à la figure de tout son cynisme.

Le Prix du scénario est à nouveau ex-aequo : Trois visages de l’iranien Jafar Panahi et l’italien Heureux comme Lazzaro. La Caméra d’or fut attribué au cinéaste polonais Pawel Pawlikowski pour les noirs et blancs contrastés de son Cold War. Côté prix d’interprétation, si le Dogman de Matteo Garrone, alias Marcello Fonte, fait l’unanimité, l’actrice Samal Yeslyamova n’aura pas trouvé un soutien global dans l’interminable Ayka.

Il était impossible que Le Livre d’images de Jean-Luc Godard (qui sera diffusé directement sur Arte, n’en déplaise à Netflix) reparte bredouille. On peut se demander si cette Palme d’or spéciale, d’autres diront la Palme en chocolat, qui avait été inventée l’an dernier saura faire son trou pour récompenser le fait d’avoir participer. Comme Nicole Kidman en 2017, Godard n’est pas venu chercher son lot de consolation made in Chopart.

À Un certain regard, c’est le Border d’Ali Abbasi qui triomphe de la compétition, tandis que la Quinzaine des réalisateurs aura récompensé la comédie En liberté! de Pierre Salvadori et remis l’Art Cinema Award au dément mais très ému Gaspar Noé pour son dernier Climax.

Le Festival de Cannes ferme donc ses portes jusqu’à l’année prochaine, en espérant que ce sommet de conflits soit derrière l’organisation pour que la 72e édition se déroule pour le mieux en mai 2019. Et nous serons là pour en témoigner.

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