Le mois de janvier est arrivé et pour tout amateur de bd, c’est l’émotion car, à peine remis des fêtes de fin d’année, il doit se préparer pour… le festival interrrrnational de la bande dessinée d’Angoulême !

Comme nous sommes sur un site d’infos cinéma, pour vous donner un ordre d’idée, c’est un peu l’équivalent du festival de Cannes : beaucoup de stars, beaucoup de public, des soirées arrosées, une sélection assez intello et des récompenses qui essaient de satisfaire le plus grand nombre mais qui laissent souvent perplexe. À ceci, s’ajoutent des polémiques annuelles (combien de temps va durer celle de cette année ? suspense…) et des remises en cause semestrielles (les financements, les dirigeants, etc.).

Bref, afin de surfer sur cette actualité de dingue mais surtout de vous présenter des récits agréables –je dirais même plus, d’agréables récits – voici donc le retour de cette magnifique rubrique et si vous êtes sages, il se pourrait bien qu’il y ait une nouvelle fournée avant la fin du mois ! Stay tuned !

 

VIVE LA MARÉE !
de Pascal Rabaté et David Prudhomme

Le pitch :

Une journée à la plage, tout simplement.
Du matin jusqu’au coucher du soleil, le déroulement des activités estivales au bord de la mer : bronzage, baignade, promenade, jeux, rencontres… Des petits détails qui en disent long sur les caractères et les sentiments.

Pourquoi c’est bien :

Avec des virtuoses comme Pascal Rabaté et David Prudhomme aux commandes, on ne pouvait que s’attendre à un album aux petits oignons et on n’est pas déçu. Déjà responsables du fantastique (dans tous les sens du terme) La Marie en plastique, les deux auteurs poursuivent leur exploration de l’âme humaine dans ses petits travers avec Vive la marée : ici, pas de héros, pas de personnage principal, on découvre une vaste galerie d’acteurs qui jouent devant nous des situations banales, parfois cocasses, parfois étranges mais qui nous rappellent forcément quelque chose que l’on a déjà vécu ou observé. Ceci est brillamment mis en image par le dessin de Prudhomme qui est d’une expressivité incroyable, on cerne immédiatement les émotions des personnages.

Et à tous ces talents, s’ajoute une brillante idée de mise en scène, très cinématographique mais en même temps très difficile à réaliser : tout comme dans Birdman, l’album entier n’est qu’un long « plan séquence » à l’intérieur duquel la « caméra » se déplace, suivant les personnages, alternant les points de vue, les champs / contre-champs, réalisant des travellings, etc., tout en respectant l’unité de temps de la journée. Nous voilà donc en présence d’un album de bd lorgnant à la fois vers le théâtre et le cinéma, multipliant les références à Tati, au burlesque, faisant penser à Philippe Delerm ou aux brèves de comptoirs de Jean-Marie Gourio.

L’album est en compétition à Angoulême pour l’édition 2016, je ne pense pas qu’il ait un prix (les auteurs ont déjà été moult fois récompensés) mais c’est assurément mon coup de cœur de la sélection. Qui sait ?

Taux d’adaptabilité : hummm, difficile, en gardant tout ce qui fait le sel de l’album, je dirais 60 à 70% en prise de vue réelle, 100% en animation (mais qui parierait dessus ?)

Forme de l’adaptation : long métrage

Réalisateur / producteur envisagé : Alejandro G. Inarritù a la capacité technique mais saurait-il faire une comédie ? Sinon il faudrait un nouveau Jacques Tati. Sylvain Chomeil ?

 

Liens utiles : le site éditeur avec les premières pages

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