Il y a trop de beaux films qui ressortent en salles ou en Blu-ray pour ne pas s’y intéresser.

Jusque là, Un Dimanche Une Critique vous permettait de (re)découvrir un film déjà sorti mais pas forcément disponible. La version 2013 de la rubrique accueillera donc régulièrement des rééditions ou des ressorties salles comme nous l’avions fait avec La Porte du Paradis.

Ce dimanche est donc consacré à un film de Sam Peckinpah disponible chez l’éditeur au chat qui miaule, Wildside, depuis le 6 février dernier en DVD et Blu-ray, éditions proposant d’ailleurs les deux versions (avec 8 minutes de différents). Nous parlons de The Killer Elite.

 

L’arrivée et la démocratisation du format blu-ray ont donné l’occasion à quelques éditeurs de sortir du placard de vieux films pour mieux les numériser en HD, parfois les restaurer quand c’était nécessaire et leur offrir une seconde jeunesse. On citera par exemple Disney qui fait un boulot formidable sur ses vieux et grands classiques. A l’arrivée du DVD, de nombreux films avaient été transférés sur ce nouveau support à l’arrache et sans le soin qu’on apporte aujourd’hui au son et à l’image.
On peut donc se (re)plonger avec bonheur dans de vieux films et dans de très bonnes conditions. C’était notamment mon cas il y a quelques jours avec The Killer Elite. Je n’avais en effet jamais vu le film de Sam Peckinpah.

The Killer Elite est avant tout le parcours d’un homme face à un autre et, dans les grandes lignes, aurait bien pu inspirer cette mode actuelle du héros qui s’effondre pour mieux se relever et affronter son adversaire, mode vue notamment au travers de The Dark Knight Rises et de Skyfall.
On va en effet faire la connaissance du personnage de James Caan, travaillant pour une agence privée dépendante de la CIA, et pour laquelle le générique précise bien que tout est fictif. Nous ne sommes en effet que quelques années après le scandale du Watergate, et il ne fait pas forcément bon parler espionnage.
Caan a un coéquipiquer (Robert Duvall) et celui-ci va se retourner contre son ami, allant jusqu’à lui tirer dans le genou pour l’handicaper. James Caan devra alors se remettre de ses blessures pour mieux, assoiffé de vengeance, aller affronter son ennemi.

Le film évoque donc la renaissance du tueur d’élite mais le fait sur fond d’espionnage puisqu’on ne sait pas très bien (du moins au début de l’histoire) qui commande qui et qui retourne sa veste envers qui. La guerre entre les services d’espionnages, qu’ils soient privés ou non, fait donc rage et Caan se révèlera n’être qu’une marionnette au service de ses puissants-là. Peckinpah rajoute par ailleurs une couche à son histoire en incluant des Japonais (et des ninjas !) dans l’histoire qui va permettre à James Caan de retrouver son ennemi. Il sera donc également question d’honneur.

Malgré ce fond riche, The Killer Elite souffre d’un problème de rythme. La première partie est en effet consacrée à la remise sur pieds (au sens propre) du héros à terre et, contrairement aux films contemporains évoqués plus haut, on n’a pas le temps de s’attacher à James Caan. De fait, le voir se relever, récupérer ses jambes et ses facultés est … long. Évidemment la deuxième partie est bien intéressante et réussie mais néanmoins on peut reprocher au réalisateur d’avoir voulu prendre trop de temps sans arriver à capter le spectateur.
Une fois Caan remit sur pied, l’intérêt remonte d’un cran et on assiste à de très belles scènes d’actions, entrecoupées de juste ce qu’il faut de dialogues et de narration. Et avec Peckinpah, on prend un plaisir certain devant ces fusillades (aux maquillages très sanglants, comme c’était déjà le cas dans la Horde Sauvage !). Mieux, le réalisateur s’offre le luxe d’inclure des ninjas dans son histoire, sous exploités certes mais seulement jusqu’à la scène finale.

Si The Killer Elite n’a donc pas la classe des Chiens de Paille ou de la Horde Sauvage, notamment grâce à une longue mise en route, ça n’en est pas moins un film riche, dense et chargé en action pour ne pas bouder son plaisir !

 

The Killer Elite (1975) – Disponible en DVD et Blu-ray depuis le 6 février
Réalisé par Sam Peckinpah
Avec James Caan, Robert Duvall, Arthur Hill
Mike Locen est un espion indépendant. Lors d’une affaire que lui a confié la C.I.A, son principal fournisseur, un de ses amis le trahit. Il se retrouve blessé au genou et à l’épaule. Après avoir retouvé l’agilité de ses membres, il décide de se venger et se lance à la recherche de son ami.

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