On continue dans l’animation ce dimanche après les Lascars, ou presque. Cette fois-ci, il s’agit de la critique d’un film culte de Robert Zemeckis mélangeant à la fois acteurs réels et personnages de dessins animés : Qui veut la peau de Roger Rabbit ?
Normalement, après la lecture de ces quelques lignes, vous aurez envie vous aussi de vous replonger dans ce chef d’oeuvre dont une suite est désormais prévue…

Qui veut le peau de Roger Rabbit – Sortie le 18 octobre 1988
Réalisé par Robert Zemeckis
Avec Bob Hoskins, Christopher Lloyd, Joanna Cassidy
et les voix française de Luq Hamet (Roger Rabbit), Tania Torrens (Jessica Rabbit)
Roger Rabbit est au trente-sixième dessous. Autrefois sacré star du cinéma d’animation, le lapin blanc est fortement préoccupé pendant les tournages depuis qu’il soupçonne sa femme, la sublime Jessica Rabbit, de le tromper. Le studio qui emploie Roger décide d’engager un privé, Eddie Valliant, pour découvrir ce qui se cache derrière cette histoire bien plus complexe qu’il n’y parait !

Notre histoire se déroule en 1947 en plein âge d’or du cinéma à Hollywood. Une époque, une ambiance et… des toons. Un dessin animé commence, les héros sont le lapin Roger Rabbit et Bébé Herman tout ce passe au moins lorsque le réalisateur dit “coupé”. Ô joie, dans notre film, les héros de dessins animés, ou toons, sont bien réels et côtoient les vivants pour le meilleur et pour le rire. Notre lapin connaît quelques difficultés de cœur puisque sa femme, la séduisante Jessica Rabbit, fricoterait avec le directeur de la ACME, Marvin Acme. Pour en avoir le cœur net, le producteur des studios Maroon Cartoons qui engage Roger, décide de faire appel à un détective privé en la personne d’Eddy Vaillant, reconnu dans le milieu comme un expert dans les affaires de Toons. Après enquête, il semble que l’adultère soit avéré et à l’annonce officiel de ce fait, Marvin Acme connaîtra un triste dessein et Roger Rabbit sera accusé à tort de la mort de ce dernier, la vengeance pour seul mobile. A présent en cavale, Roger trouvera refuge chez Eddy Vaillant, espérant tirer cette histoire au clair et ainsi échapper au juge DeMort et à ses Fouines.

 

Pour un film avec des Toons, tout cela semble bien compliqué et c’est bel et bien le cas. Pour nous amener au dénouement final de cette histoire, Robert Zemeckis (Retour vers le futur, Forrest Gump, Le drôle de Noël de Scrooge…) réalise un film pour le cinéma et sur le cinéma. Outre la technique mêlant animation et prises de vues réelles, qui a certes un petit peu vieilli, c’est une histoire comme il doit pouvoir en arriver si souvent à Hollywood, une histoire qui mêle déboires d’acteurs, corruptions, adultères, pots de vins, sexe et show-business. A travers ces Toons, Zemeckis nous livre une critique d’un milieu qu’il connait bien en utilisant le rire pour aboutir à une satire de la société cinématographique.

Pour ce qui est du casting, on a la crème de la crème, de Dumbo aux balais de Fantasia, de Betty Boop à Sam le Pirate, en passant par un concert “battle” entre Donald Duck et Daffy Duck jusqu’à un saut en parachute avec Mickey et Bug Bunny. Pour ce qui est des acteurs en chair et en os, on y retrouve le sympathique Bob Hoskins (Brazil, Super Mario Bros le film – et oui -) qui excelle dans son rôle de détective tourmenté et en pleine remise en question. Le méchant du film n’est autre que l’extraordinaire Christopher Llyod (Doc Emmet Brown de Retour vers le futur) dans le rôle de l’effrayant Juge DeMort. Qui veut la peau de Roger Rabbit est un de ces films qui se regardent en version française puisqu’au casting vocal on a bien évidemment Pierre Hatet derrière le Juge DeMort, Luc Hamet aux commandes de Roger Rabbit, qui n’est autre que le doubleur de Marty McFly dans Retour vers le futur (encore, surtout qu’il s’agit du même réalisateur, Robert Zemeckis) et la doubleuse de Sigourney Weaver pour Jessica Rabbit, Tania Torrens.

Au dénouement final de l’histoire il en ressortira une critique de la société de consommation assez juste. Une métaphore de l’évolution des techniques liées à la culture et au cinéma, dans la volonté de vouloir couler la société de tramway Cloverleaft pour ainsi la remplacer pour un énorme complexe autoroutier quitte à exterminer au passage ToonVille et ses habitants. Zemeckis critique peut-être à juste titre une époque où l’avenir du dessin animé était plus qu’incertain. Ce projet d’autoroute n’est pas s’en rappeler un certain monsieur allemand des années 30-40, célèbre mais pas que pour sa moustache carrée, instigateur d’un même projet autoroutier. Pour conclure et pour reprendre les mots de Roger Rabbit, “ce stupide projet d’autoroute ne pouvait être mijoter que par un toon “.

Aux dernières nouvelles, Robert Zemeckis travaillerait actuellement sur une suite, 20 ans après ce premier chef d’œuvre. On espère y trouver les mêmes protagonistes et pourquoi pas espérer y voir des personnages en 3D des studios Disney/Pixar.


3 commentaires

  • Hellboy dimanche 7 février 2010 13 h 39 min

    Pour compléter cette critique, un petit trivia : C’est Tim Curry qui au départ devait jouer le rôle du juge mais il était si effrayant que les producteurs ont eu peur qu’il provoque une vague de cauchemars et ils ont choisi Christopher Lloyd à sa place.

    Et de même, pour jouer Edie Valiant, les producteurs avaient au départ choisi Bill Murray mais ils se sont dit qu’il ne serait pas intéressé et donc pas investi. Ils ont donc pris Bob Hoskins. Quand Bill Murray apprit la nouvelle, il hurla qu’il aurait adoré jouer ce rôle.

    Et dernier truc : la Warner avait accepté que ses personnages soient utilisés à la condition qu’ils partagent chaque plan avec un personnage de Disney.

  • LudSidious dimanche 7 février 2010 20 h 01 min

    C’est d’ailleurs ce qui rend peu intéressantes deux scènes : celle où Daffy et donald s’affrontent de façon pas franchement pacifique au piano et celle à la fin où Mickey et Buggs Bunny tombent du ciel aux côtés d’Eddy.

    Ca reste un chef d’oeuvre, mais ça fait mal de voir que cela a 22 ans ! Aïe, aïe, aïe ! Ca nous rajeunit pas, tout ça !!! :(

  • Chris lundi 8 février 2010 9 h 20 min

    Pour recompléter cette critique, juste quelques mots sur la bande originale du maître Alan Silvestri qui était à cette époque au sommet de son art (on ne peut pas dire que ses productions actuelles soient exceptionnelles).
    En tout cas, il réalise pour ce film un travail magistral. Le thème du juge de Mort est flippant à souhait, celui d’Eddy plein de mélancolie, quand au thème de Jessica disons… qu’il colle au dessin !
    Bref pour moi c’est un chef d’oeuvre.
    Pour info la chanson de Jessica Rabbit est interprété par Amy Irving, ex Mme Spielberg.

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