Quand on pense à Sean Connery et à la science-fiction, on pense surtout au fameux Zardoz de John Boorman sorti en 1974 notamment à cause de ses costumes ridicules.

Mais dans sa filmographie variée et chargée, au milieu de quelques films dont tout le monde en a oublié l’existence (qui se souvient de Shalako, western de 1968 ?), on trouve un autre film évoquant l’espace et que personnellement je ne connaissais pas.

C’est donc celui-ci qu’Arkaron vous propose de découvrir en ce dimanche : Outland.

 

 

 

Outland – Sortie le 4 septembre 1981
Écrit et réalisé par Peter Hyams
Avec Sean Connery, Peter Boyle, Frances Sternhagen
Dans un lointain futur, le Marshall O’Niel est assigné à une mission d’un an sur la mine lunaire Io, en orbite de Jupiter. Très vite, il se retrouve confronté à un problème de distribution d’une drogue fatale largement utilisée chez les ouvriers afin d’accroître la productivité. Dans son investigation, il découvrira que bien peu de résidents de la station sont prêts à coopérer…

 

Peter Hyams, cinéaste familier avec le genre de la science-fiction (2010, Capricorn One), signe au début des années 80 une anticipation singulière et qui, selon moi, vaut le déplacement.

Il est très souvent admis qu’Hyams, admirateur du western Le Train Sifflera Trois Fois (High Noon, en VO), avait à l’époque transposé le film de Zinnemann dans un contexte SF. Sans être en complet désaccord avec cette affirmation, je suis de ceux qui auraient plutôt tendance à nuancer : certes, il y a des similarités d’écriture, mais le traitement global des personnages est très différent. Ce qui est tout à fait vrai, en revanche, c’est la parenté d’Outland aux thématiques de High Noon, en cela que l’œuvre de Hyams ne se contente pas d’une simple transposition, mais amorce une réelle réflexion quant à l’évolution de concepts semblables dans un univers (à peine) futuriste.

La ressemblance formelle la plus pertinente tient en effet de l’appartenance des deux films dans leur genre, respectivement le western et la SF, malgré l’absence d’une grande partie des codes habituellement utilisés. Si High Noon se permettait d’utiliser le western sans embrasser sa violence coutumière, Outland se révèle être avant tout une histoire humaine qui utilise la SF comme toile de fond : mine lunaire en orbite de Jupiter et référence à la cryogénisation sont les seuls éléments qui permettent une réelle classification du film. Certains détails font même penser à un univers rétro-futuriste (les ordinateurs, les armes, etc.).

Thématiquement parlant, Outland resitue la Frontière américaine au-delà de la limite terrestre, et fait l’exposé d’une stagnation de la psychologie et des motivations humaines malgré les siècles passés. Dénonciation des corporations fondées sur la recherche du profit quelles qu’en soient les conséquences, Outland n’a pas besoin de créer d’aliens pour mettre en scène une menace d’envergure malgré la claustrophobie constante de son univers. Se déroulant dans une mine spatiale, le scénario se retrouve inévitablement confiné à des parois grises et ternes, qui ne laissent respirer qu’un air artificiel, toujours sous la menace du vide de l’espace. Le récit ne laisse par ailleurs que peu de répit au spectateur, qui se doit de suivre une course haletante qui n’a de cesse d’inverser les rôles de chasseurs et de chassés.

On lit parfois qu’Outland est parmi les pionniers du genre western spatial, cependant, sa seule connexion au genre western est une parenté à un autre film, duquel il ne retient pas vraiment les codes spécifiques, surtout pas ceux de mise en scène. Si le héros se retrouve presque seul contre tous, les ressemblances thématiques pourraient s’approcher de n’importe quel genre.

Pour recentrer mon opinion sur le film uniquement, relevons un Sean Connery impeccable en Marshall faisant face à un système de corruption entier, une narration plaisante, sans temps mort ni fautes de rythme notables, et une bande originale discrète mais toute en dissonance de circonstance signée Jerry Goldsmith.

Malheureusement quelque peu ignoré depuis sa sortie à cause d’une rude concurrence, Outland se révèle être une anticipation intéressante, qui ose attaquer son sujet de façon frontale tout en livrant un divertissement de qualité. Le propre de la bonne science-fiction.

3 commentaires

  • Kdace lundi 2 mai 2011 12 h 38 min

    Capricorn One, c’est plutot méconnu mais c’est pas mal aussi

  • Ripley dimanche 1 mai 2011 20 h 04 min

    ça donne envie tout ça !!

  • Helldars dimanche 1 mai 2011 23 h 07 min

    Ah, j’ai la vieille novélisation de ce film, avec la tête de Sean Connery dessus et des photos du film sur certaines pages du bouquin. Ça m’avait intrigué quand je l’avais trouvé il y a des années de ça et j’en ai lu quelques pages, assez intéressant et maintenant faut que je vois le film !

Ajoutez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués * sont obligatoires.