Depuis le 20 octobre dernier, il est possible de voir les Duellistes en salle dans une version restaurée grâce à Solaris Distribution. Le film est toujours à l’affiche dans quelques salles de France notamment à la Filmothèque du Quartier Latin à Paris (5 séances par jour quand même !) ou à Toulouse à l’Utopia (horaires complets ici).
Pour moi, c’était l’occasion de découvrir le premier long-métrage de Ridley Scott mettant en scène un Harvey Keitel encore jeune.

Un Dimanche, Une Critique est donc consacré aux Duellistes sorti en 1977.

Les Duellistes – 31 août 1977
Réalisé par Ridley Scott
Avec Harvey Keitel, Keith Carradine, Albert Finney
Deux lieutenants de l’armée napoléonienne, d’Hubert et Feraud, vont poursuivre une querelle pendant quinze ans a travers toute l’Europe et se provoquer régulièrement en duel.

En 1976, alors qu’un réalisateur barbu filmait une guerre se déroulant dans une galaxie lointaine, un autre jeune metteur en scène était en France et filmait deux hommes se battant dans un champ à proximité de Sarlat – et ce, bien que l’action se déroule officiellement à Strasbourg.

Pour son premier film, Ridley Scott choisit d’adapter une nouvelle de Joseph Conrad : Le Duel, parue en 1908. Le spectateur va donc suivre deux hommes, deux hussards dans l’armée de Napoléon que le destin et les différentes batailles vont faire se croiser à plusieurs reprises. A chaque fois, et pour la raison la plus futile possible, ils se battront en duel, notamment à l’épée de cour (fine lame réservée surtout aux duels, successeur amélioré de la rapière) et au sabre ainsi qu’aux pistolets.

Les Duellistes est un premier film prometteur, même s’il y est sans doute difficile d’y voir la patte de Ridley Scott. Visuellement, les plans sont sublimes. Comme Barry Lindon de Kubrick, le film s’inspire des peintures de l’époque. Scott filme donc beaucoup en plans fixes, travaillant énormément ses ambiances, les couleurs et la lumière pour faire ressortir le coté artistique de la chose. Le premier plan flagrant du genre est d’ailleurs tout simplement une nature morte, puisque la caméra fixe des fruits sur une assiette.
Les duels, eux, bénéficieront d’un traitement différent, plus dynamique, parfois filmé à la caméra portée. Mais profitant des décors naturels de la Dordogne, de nombreux levers et couchers de soleils et de ciels après l’orage, Scott nous offre là aussi des plans magnifiques.

Détail amusant, Scott choisit Sarlat et ses alentours par hasard. Pourtant, l’histoire de Joseph Conrad a été inspirée par deux personnages originaires de la région ! Il choisit également deux acteurs brillants et parfaitement à la hauteur pour leurs personnages respectifs, l’un trop fier pour arrêter les duels et l’autre carrément drogué à cet acte violent, ne pouvant s’arrêter de se battre même après avoir blessé et vaincu son adversaire. On regrette presque d’avoir trop peu vu Keith Carradine par la suite qui en était à ses débuts, ou presque, et alors que Harvey Keitel avait déjà tourné deux fois pour Martin Scorsese (dans Mean Streets et Taxi Driver).

Malheureusement, à trop vouloir se focaliser sur les duels, le scénario de Gerald Vaughan-Hughes se perd un peu. Les personnages sont peu ou mal développées. Les ellipses temporelles sont trop nombreuses pour vouloir coller à l’histoire de Napoléon et l’ensemble manque de tenant. C’est d’autant plus dommage que les duels eux-même, bien que nombreux et intéressants, se révèlent trop courts pour en profiter pleinement.

Il n’en reste pas moins que pour un premier film, juste deux ans avant de tourner Alien, Ridley Scott réalisait une histoire honorable et qui mérite le coup d’oeil. Surtout si vous aimez les beaux uniformes de hussards !

– Marc

2 commentaires

  • MacReady lundi 8 novembre 2010 3 h 20 min

    Le mot “critique” me paraît un peu galvaudé pour des textes du genre.
    “Un Dimanche, un avis (vide)” serait déjà plus approprié.

    Et Keitel avait déjà fait trois films avec Scorsese. Mais pour ça faut remonter aux années 60, forcément…

  • cloneweb lundi 8 novembre 2010 9 h 03 min

    ??

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