On vous présente pas mal de choses le dimanche. Du bon, du moins bon, de l’étrange parfois. Aujourd’hui, en ce premier dimanche de juillet, on va parler de grand cinéma, de très grand cinéma.

On va parler du film qui a valu son statut de réalisateur culte à celui qui l’a tourné, du film qui a valu des milliers d’heures de débats sur les forums Internet, d’un film souvent imité mais jamais égalé, d’un film disponible dans une très belle version restaurée en blu-ray depuis quelques jours.

Ce Un Dimanche, Une Critique est consacré à la première partie du Seigneur des Anneaux : La Communauté de l’Anneau

 

Le Seigneur des anneaux : La Communauté de l’Anneau – Sortie le 19 décembre 2001
Réalisé par Peter Jackson
Avec Elijah Wood, Sean Astin, Ian McKellen
Dans ce chapitre de la trilogie, le jeune et timide Hobbit, Frodon Sacquet, hérite d’un anneau. Bien loin d’être une simple babiole, il s’agit de l’Anneau Unique, un instrument de pouvoir absolu qui permettrait à Sauron, le Seigneur des ténèbres, de régner sur la Terre du Milieu et de réduire en esclavage ses peuples. À moins que Frodon, aidé d’une Compagnie constituée de Hobbits, d’Hommes, d’un Magicien, d’un Nain, et d’un Elfe, ne parvienne à emporter l’Anneau à travers la Terre du Milieu jusqu’à la Crevasse du Destin, lieu où il a été forgé, et à le détruire pour toujours. Un tel périple signifie s’aventurer très loin en Mordor, les terres du Seigneur des ténèbres, où est rassemblée son armée d’Orques maléfiques… La Compagnie doit non seulement combattre les forces extérieures du mal mais aussi les dissensions internes et l’influence corruptrice qu’exerce l’Anneau lui-même.
L’issue de l’histoire à venir est intimement liée au sort de la Compagnie.

 

“Un Anneau pour les gouverner tous. Un Anneau pour les trouver. Un Anneau pour les amener tous et dans les ténèbres les lier.”

C’est vers 1995 que le réalisateur de Brain Dead s’intéresse au Seigneur des Anneaux. Six ans plus tard, et il y a déjà dix ans, sortait sur les écrans la première partie de l’adaptation du roman de Tolkien par Peter Jackson : La Communauté de l’Anneau.

Le projet a pourtant été laborieux à monter. En matière de casting déjà, si certains noms étaient évidents – comme Christopher Lee en Saroumane, l’homme étant un fervent admirateur de Tolkien et lecteur de ses textes – d’autres n’étaient pas forcément les premiers choix de Jackson. Sean Connery avait été pressenti pour incarner Gandalf, mais déclina car ne comprenant rien à l’histoire (c’est lui qui le dit). Stuart Townsend sera remplacé à la dernière minute par Viggo Mortensen pour incarner Aragorn et Sean Astin (Sam) dut prendre du poids pour avoir le droit de tourner.

Le premier -et sans doute le seul- reproche qui a été fait à Peter Jackson et ses équipes est l’adaptation.
Transposer un roman à l’écran correctement est matière à un débat sans fin mais c’est d’autant plus particulier dans le cas du Seigneur des Anneaux que Tolkien a de nombreux fans, parfois hardcores. Et on peut les comprendre : le professeur à Oxford est un des précurseur de la fantasy moderne et ses romans ont inspirés de nombreux écrivains après lui.
Qui plus est, au moment du tournage, les premières fuites n’étaient pas forcément des plus réjouissantes : certaines scènes intéressantes du livre ne seraient pas dans le film (notamment le passage chez Tom Bombadil et celui dans les Hauts de Galgals où, à l’origine, les Hobbits récupéraient leurs armes) et pendant un moment les scénaristes avaient songés à adjoindre le personnage d’Arwen d’une manière ou d’une autre à la Communauté. Liv Tyler avait d’ailleurs tourné des scènes de batailles au Gouffre de Helm, qui devaient figurer dans Les Deux Tours.
Le public a heureusement été sauvé par les piètres performances de l’actrice qui finit coupée au montage et remplacée à l’arrache par d’autres personnages dans les scènes l’impliquant (Haldir à Helm et Elrond dans le Retour du Roi pour remettre l’épée à Aragorn).

Pour le grand public, l’approche n’était pas non plus évidente. La fantasy n’était, du moins en 2001, pas forcément à la mode et certains points pouvaient dérouter, notamment le fait que le héros n’est pas un humain et que le méchant de l’histoire n’est pas un chevalier noir mais un œil géant figé en haut d’une tour, à l’autre bout du pays.

Et pourtant, les premières scènes balayent tout sur leur passage. On commence par une scène de bataille très sombre, pour planter le décor et la légende. Les quelques plans suffisent à démontrer qu’on est là dans l’énorme. Et quand viennent ensuite l’arrivée de Gandalf chez les Hobbits, l’herbe verte, les petites créatures joufflues, les fleurs et la joie des enfants réclamant des feux d’artifice au magicien, on est vite conquis. Pire, le fan de base aura la larme à l’œil de voir son univers si justement transposé.

Mis à part quelques petites touches un peu étranges, comme l’humour nain un peu lourd, la romance un peu pénible, les visuels elfiques assez éloignés de l’imagination populaire et divers arrangement scénaristiques permettant au film de se tenir et irritant le fan de Tolkien, le reste n’est que qualités : les acteurs sont bons, l’univers parfaitement crédible grâce au travail de John Howe et Alan Lee et derrière aux incroyables équipes de chez Weta pour les décors fouillés et les costumes travaillés, la réalisation est époustouflante et la musique géniale… La liste pourrait être longue.

On suit avec passion la quête de la Communauté à travers la Terre du Milieu et ses différents univers. Malgré les différentes races, les langues, les habitudes, tout est fait pour que le spectateur se sente à l’aise, sans verser dans le cliché ni la facilité. Les personnages se développent juste comme il faut, petit à petit, suffisamment pour que le spectateur soit touché par chacune des scènes. Les scènes d’action sont hautes en couleur et, plus on avance dans l’histoire, plus on se sent touchés par ces petits personnages aux pieds poilus et leur quête paraissant si difficile à conclure. L’émotion du spectateur est présente, et la balance entre larmes de joie et de tristesse est parfaitement équilibrée.
Certains passages sont désormais absolument comme cultes, notamment grâce à l’incroyable travail d’Howard Shore sur la bande originale. Je pense en particulier aux Mines de la Moria et à la mort de Boromir à la fin du film.

Peter Jackson réussit donc avec La Communauté de l’Anneau à créer un véritable univers cohérent à l’écran, passionnant et prenant. Aidé par un matériel de base déjà fantastique à l’origine, il le transpose avec talent et pose ici la première pierre d’un édifice qui le conduira à son chef d’œuvre absolu : Le Retour du Roi.

“Ash nazg durbatulûk, ash nazg gimbatul,
Ash nazg thrakatulûk agh burzum-ishi krimpatul.”

6 commentaires

  • Olivier dimanche 3 juillet 2011 11 h 57 min

    Un peu indulgente, et un peu rapide, cette critique. Pour apprécier ce film, il faut que je sois dans un certain état d’esprit, et je ne suis pas le seul.Et j’ai mis du temps, face à l’engouement général, à avouer que je trouvais tout ça un petit peu chiant quand même. Pour moi, trop de compromis ont été faits.
    En lisant le livre, la première fois, je m’étais imaginé un univers beaucoup plus coloré et plus rythmé. Autrement dit : tout le contraire du film, avec ses couleurs désaturées et son rythme quasi-religieux.

    Heureusement les deux autres épisodes sont plus caractérisés, ils ont moins ces défauts-là.

  • unkichikun dimanche 3 juillet 2011 12 h 40 min

    Je trouve que le premier épisode reste le meilleur. Il est bien rythmé, particulièrement bien écrit (même si le passage avec Tom Bombadil est passé à la trappe).

    Le retour du roi, à l’inverse est une déception sans nom. Plus particulièrement la dernière demi-heure centrée autour d’arwen et aragorn. Et je ne pardonne toujours pas à Jackson d’avoir occulté le retour des Hobbits dans la comté et leur combat face aux humains….l’un des meilleurs moment du livre…

  • Koko86 dimanche 3 juillet 2011 19 h 34 min

    absolument d’accord avec UNKICHIKUN…

    Le retour du Roi est de très loin le plus mauvais épisode des trois, du moins à mes yeux. Et la version longue de ce dernier est particulièrement inutile. un beau gâchis!

  • Sauron dimanche 3 juillet 2011 23 h 23 min

    Aucune nouveauté dans ce résumé sur les bons et mauvais points de la communauté. On parle de ce qu’il y a autour du film, on parle de ce qu’il y a dans le film, sans même parler du film ! Alors, vu que cette critique accompagne la sortie du bluray, je m’interroge: a-t-on affaire à un article tout simplement promotionnel commandé par une maison de production ? De la pub sur CloneWeb ?

  • Marc lundi 4 juillet 2011 9 h 20 min

    Ahaha non.
    Mais j’ai acheté le bluray, revu la Communauté et eu envie d’en parler :)

  • Koko86 lundi 4 juillet 2011 23 h 56 min

    Merci quand même pour la critique que j’ai pris plaisir à lire, il n’y a jamais de mal a parler du Seigneur des Anneaux :)

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