En ces temps de canicule, rien ne vaut un peu de fraicheur. On va donc vous parler d’une comédie dramatique fraiche. Et on colle d’autant plus avec l’actualité que l’un des rôles principaux est tenu par la délicieuse Ellen Page que votre serviteur a eu l’occasion de croiser en fin de semaine dernière pour Inception (photos et vidéos dès demain).
Un Dimanche, Une Critique signée Angéline est donc consacré à Juno.

Juno – Sortie le 6 février 2008
Réalisé par Jason Reitman
Avec Ellen Page, Michael Cera, Jennifer Garner

Avec ses nombreuses récompenses dont l’oscar du meilleur scénario original, le film éponyme Juno traite avec humour d’un sujet au cœur des mœurs du XXe siècle, les grossesses non désirées.
Jason Reitman (Thank’s you for smoking, In the air..) signe avec Juno son deuxième long métrage et nous offre une belle comédie dramatique ou Ellen Page (Bliss, X-Men…) et Michael Cera (Scott Pilgrim, SuperGrave…) incarnent deux anti-héros très attachant.

Juno McGuff, 16 ans, est une jeune fille qui n’a pas la langue dans sa poche mais qui, sous ses airs de dure, se cherche comme toutes les adolescentes de son âge. Alors que la plupart de ses copines de lycée passent leur temps sur Internet ou au centre commercial, Juno ne fait rien comme les autres. C’est ainsi qu’un jour où elle s’ennuie, elle couche avec Bleeker, garçon aussi charmant que peu prétentieux.
Mais quand elle tombe enceinte accidentellement, elle décide de trouver le couple de parents adoptifs idéal qui pourra s’occuper de son bébé. Avec l’aide de sa meilleure amie Leah, elle repère dans les petites annonces du journal local Mark et Vanessa Loring qui rêvent d’adopter leur premier enfant. Soutenue par sa famille, Juno fait la connaissance des Loring. Tandis que le terme de sa grossesse approche, Juno va devoir faire preuve de maturité et de courage…

La légèreté dont fait preuve ce film n’est aucunement liée au sujet, qui aborde un thème difficile surtout lorsqu’il concerne les adolescents.
Cette fraîcheur est dûe à ses teintes pastel qui envahissent l’écran et qui rappellent la candeur et la jeunesse de ces deux teenagers américains. Tout cela est accentué par les différents clins d’œil qui nous confine dans cet univers, comme par exemple le Sunny Delight ou encore le Burger Phone. Toutes ses petites choses dédramatisent cette situation que Jason Reitman organise avec brio en échappant largement à une comédie qui aurait pu s’avérer niaise. C’est un nouveau genre de comédie américaine qui apparaît dans les salles obscures, loin d’Americain Pie et son abondance de sexe ou encore des comédies romantiques cucul pleines de paillettes et de morales à deux cents (les confessions d’une accro au shopping, 27 robes, 17 ans encore..)
Autre fait qui permet d’éviter la lourdeur d’une comédie américaine en tout genre, les acteurs. En effet, Ellen Page représente, avec le personnage de Juno, une ado qui sort de l’ordinaire et qui ne manque pas de répartie. Ce garçon manqué aborde avec tout simplicité cette situation complexe et nous montre une nouvelle image de l’ado, autre que la fille supercifielle ou le garçon-geek des Etats Unis du XXe siècle.

Quant à son « boyfriend », Paulie Bleeker, il apparaît au premier abord comme l’homme le plus niais au monde, et surtout, le number one des losers. Le premier qui m’explique à quoi sert le déodorant qu’il se met sur les cuisses a gagné ! Il a reussi à engrosser cette jeune rebelle à la surprise de tout le monde d’ailleurs. Toutefois, ce grand bêta est constitué de toutes les qualités du prince charmant des temps modernes : son attention à l’égard de Juno et de son gros ventre et sa gentillesse hors-normes parviendront à faire fondre en guimauve les cœurs de pierre les plus durs.
Autre douceur que nous offre le film, la bande originale tout à fait succulente. Ses notes pop-folk viennent parfaitement se rattacher à Juno, adepte de musique. C’est un tout qui marche à merveille et qui nous fait passer un bon moment sans qu’une seule fois notre regard ne se pose sur notre montre.

Bien que l’humour soit dominant, quelques passages laissent une petite boule dans la gorge sans pour autant tomber dans le mélodrame. Comme nous l’avons dit auparavant, le thème délicat sous ses airs fantaisistes on sent un ton plus grave qui touche un sujet multi-générationnel. et qui tente de mettre en avant des ados perdus dans ces situations cocasses.

Les relations entre les personnages sont aussi toutes autant touchantes et parfois ambiguë. Juno, se lie d’amitié avec ce couple qui sera les futurs parents de ce bébé non-désiré. Vanessa apparaît comme une hystérique qui compense son mal-être de maman stérile en s’occupant de Juno comme de sa propre progéniture. Cependant, la relation avec le conjoint de Vanessa, Mark, apparaît un peu moins saine. Alors qu’on l’imaginait comme un père idéal, casual et prêt à accueillir un enfant, celui-ci apparaît ensuite comme un ado en manque de ses années 60. Il entame dès lors avec Juno une relation amicale avec une certaine pointe de flirt non maîtrisée par cette ado. Dans cette caricature du parfait petit couple américain, cette relation malsaine entache ce tableau idyllique.

La société américaine est présente avec l’image du couple Mark et Vanessa qui incarne la perfection et qui en frôle le ridicule. Le puritanisme des Etats Unis est donc bien caricaturé dans Juno. Ce film ne prône ni l’avortement ni les mamans-ado et c’est bien là qu’il réussit son pari. La décision de l’adolescente apparaît alors comme une évidence.

Cette comédie tout en pastel et humour décalé, a su nous ravir par sa différence et sa bande son enivrante. On notera toutefois un petit bémol quant aux personnages secondaires que l’on aurait aimé voir un peu plus sur le devant de la scène, comme les amis de Juno et Paulie Bliker, ou encore les parents de celle-ci.

– Angéline.

1 commentaire

  • Broack Dincht lundi 12 juillet 2010 10 h 20 min

    je ne l’ai pas encore vu ce film mais je n’en ai toujours entendu que du bien. J’espère pouvoir le voir un jour.

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