Régulièrement, les distributeurs organisent ce qu’ils appellent des roadshows, sorte d’évènement destiné à présenter des films à venir. Montrer des images d’un film avant sa sortie n’a qu’un seul but : convaincre. Dans certains cas, le film a mauvaise presse dès la diffusion de la bande annonce et il faut rattraper le coup en montrant des extraits motivants.

Dans le cas de Godzilla, le scénario est différent : le film n’a que de bons échos mais il faut quand même convaincre une vieille presse réticente, ceux qui se souviennent du film de Roland Emmerich, ceux qui voient d’un mauvais oeil la version américaine d’un produit très ancré dans la culture japonaise mais finalement peu connus chez nous et ceux qui croient y voir un ersatz de Pacific Rim.

Nous avons donc vu 15 minutes du film de Gareth Edwards.

 

Il faut bien reconnaitre un certain talent au monteur de Godzilla, ou du moins à celui ayant travaillé sur la preview puisque la vidéo d’une quinzaine de minutes (incluant une présentation par le réalisateur et la bande annonce connue) parvenait à maintenir le mystère autour de la créature et le contenu du film. Néanmoins, attention, les lignes qui suivent contiennent des spoilers sur ce qui a été montré.

La séquence s’ouvrait sur des évènements se déroulant quinze ans avant ceux de l’intrigue. Bryan Cranston y est rajeuni, il est marié à Juliette Binoche et ont un fils, plus tard incarné par Aaron Taylor-Johnson. Dans un environnement qui semble être le Japon (mais tourné à Hawaii), il travaille sur des secousses sismiques et tente d’en découvrir le phénomène. Un drame a lieu, il y a des morts et une ville est ravagée. Quinze ans plus tard, les personnages retournent sur le lieu de ce qui est décrit comme une catastrophe naturelle pour savoir ce qui s’est réellement passé et découvrent qu’une créature a été réveillée.
S’enchainent alors différentes scènes à différents endroits montrant principalement Taylor-Johnson, personnage intéressant car intimement lié à la créature de part ses parents. Par facilité scénaristique, il est devenu militaire – ce qui lui permettra d’affronter Godzilla frontalement.

L’enchainement des séquences tel qu’il nous a été montré ne nous permettait pas de juger de l’ampleur des scènes ni même de la créature, jamais montrée en intégralité. Nous avons néanmoins pu mieux comprendre l’enchainement des images de la bande annonce (loin d’être chronologiques) ainsi que la raison pour laquelle Edwards a été engagé. A l’image de ce qu’il avait fait pour Monsters, le réalisateur montre avec Godzilla qu’il est bien capable de se focaliser sur l’humain, faisant en sorte que la monstreuse menace ne soit qu’une toile de fonds. Les séquences montrées étaient très réussies, parfois très belles tout en en dévoilant le moins possible (à l’image notamment du personnage d’Elizabeth Olsen, absente de ce qu’on a pu voir).

Il est évidemment difficile d’avoir un véritable avis tant que le film complet et finalisé ne sera pas montré. On sait également que les images étaient volontairement vendeuses puisque là pour convaincre. Mais impossible de ne pas sortir rassuré de la projection : ce Godzilla nouveau semble entre de bonnes mains et ne devrait ni ressembler à du Roland Emmerich ni même à du Guillermo del Toro.

C’est un film avec une identité propre, qu’on découvrira avec plaisir le 14 mai prochain.

 

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