Ce samedi au PIFFF a été riche. La matinée s’est ouverte sur la compétition de courts métrages français, sur laquelle je reviendrai notamment parce que j’ai pu voir en avant-première mondiale le très beau Peter, de Nicolas Duval, court métrage inspiré de la bande dessinée de Régis Loisel.

Coté longs, 4 films dont un documentaire : The Dead, Comment Survivre A Une Attaque De Zombies, Cassadaga et The Innkeepers qui avait fait du bruit dans de précédents festivals.

The Dead – Pas de date de sortie en France
Réalisé par les Ford Brothers
Avec Rob Freeman, Prince David Osei, Fae Ford-Brister
Après le crash d’un vol d’évacuation, le lieutenant Brian Murphy doit survivre en milieu hostile : un territoire dominé par les morts-vivants en pleine Afrique de l’Ouest.

The Dead aurait pu être un énième film de zombies sans intérêt si il n’avait pas cette particularité d’avoir été tourné au Burkina Faso et au Ghana. Prenant donc place en Afrique du Sud, le film raconte comment un mécanicien de l’armée va remonter une partie du pays pour tenter de s’échapper de ce cauchemar.
Quasi western à l’atmosphère enlevée et pesante, le premier film des frères Ford souffre d’un évident problème structurel tant il a tendance à se répéter et à allonger certaines scènes juste pour l’effet alors que ça en devient répétitif et donc ennuyeux. Dommage, car au delà de cette demi heure en trop, le long métrage propose malgré son faible budget de belles images, et aurait pu s’avérer autrement plus prenant.

 

 

Comment survivre à une attaque zombie? – Pas de date de sortie en France
Réalisé par Bosilka Simonovitch
Un voyage didactique à travers l’histoire du film de zombies… et un excellent guide de survie!

Ce docu-fiction produit par Ciné+ Frisson renoue avec une certaine tradition ancienne de Canal + qui par le passé s’amusait à mélanger savamment humour et cinéma comme ont si bien pu le faire les Nuls ou Michel Hazanavicius. Sorte d’émission de TV fictive détaillant les 8 catégories de zombies (Zombus Atomicus, Zombus Diabolus…) et exposant les différents cas de rencontres face aux morts-vivants, le documentaire s’aide d’extraits de films très variés en retraçant au passage l’historique du zombie au cinéma, ponctué par des interventions purement informatifs de spécialistes français du genre.
Même si cette dimension strictement explicative nuit un peu au folklore de la chose, l’objet n’en demeure pas moins fortement documenté, et très sympathique.

 

 

The Innkeepers – Pas de date de sortie en France
Réalisé par Ti West
Avec Sara Paxton, Pat Healy, Kelly McGillis
Après cent ans d’ouvertures, l’hotel The Yankee Pedlar n’est qu’à quelques jours de sa fermeture définitive. Les derniers employés Claire & Luke, sont bien décidés à profiter du peu de clients pour lever le mystère de cet hôtel considéré comme le plus hanté de la Nouvelle-Angleterre…

Après plusieurs films passés inaperçus et un The House of the Devil qui aura fait parler de lui, Ti West fait partie de ses jeunes réalisateurs qui montent qui montent et dont le nouveau film se paie un petit buzz ne tarissant pas d’éloges à son sujet. Dans cette histoire mettant en scène deux jeunes employés d’un vieil hôtel de la Nouvelle Angleterre dont le hobbie est de chasser les phénomènes paranormaux due à une sombre histoire de suicide par le passé, le réalisateur américain n’hésite pas à donner dans le pur film de fantôme très 70’s, en voulant détourner les codes contemporains.
Une utilisation différente et plus posée du jumpscare, un appel fort à la suggestion et une place toute trouvée pour une atmosphère lourde, tels sont les revendications de ce cinéaste dont le nouveau bébé peine pourtant à trouver un intérêt quelconque.
Il faut dire qu’entre une exposition à rallonge et une économie drastique de situations horrifique au profit de l’humour, The Innkeepers n’aide pas vraiment le spectateur, et se révèle extrêmement frustrant avec son final se voulant tétanisant, mais se révélant surtout expédié et inefficace au possible.
Un raté qui ne pardonne pas quand bien même la lumière est soignée, et les acteurs attachants.

 

 

Cassadaga – Pas de date de sortie en France
Réalisé par Anthony DiBlasi
Brisée après la mort accidentelle de sa petite soeur, Lily s’exile à Cassadaga, Floride, pour se ressourcer. Sur place, elle va tenter d’entrer en contact avec son esprit, mais c’est finalement avec celui de la victime d’un tueur en série qu’elle va avoir affaire…

Habitué de l’univers de Clive Barker, puisqu’il en a adapté le Dread et produit Midnight Meat Train, Anthony DiBlasi quitte le monde dérangé du célèbre écrivain pour raconter cette histoire originale d’une jeune femme sourde ayant perdue sa soeur et tentant de rentrer en contact avec son esprit par le biais d’un médium. Par malchance, c’est la victime d’un serial killer qui répondra à l’appel et se mettra à hanter l’héroïne, laissant l’ensemble tomber progressivement dans une mécanique narrative délicate devant gérer avec du thriller à base d’enquête et de tueur schtarbé et du fantastique pur, tout en ne négligeant pas l’humain. A vouloir jouer sur tous les fronts, Cassadaga finit par tomber dans le grotesque, en enchaînant les apparitions de fantômes sans intérêts, des climax annoncés dès le début par des détails de script négligés et une résolution ridicule.
Ça énerverait presque quand on voit combien le film parvient à donner de l’épaisseur à ses personnages tout en amenant subtilement le cœur de son récit, mais la deuxième partie du film se plante trop pour ne pas altérer l’ensemble.

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