Le PIFFF a beau avoir fermé ses portes dimanche 22 novembre, il restait quelques films à évoquer que Jean-Victor a vu pendant les dernières heures du Festival (dont Bridgend dont nous avions déjà parlé.

Prenez le comme un bonus, ou comme le DLC d’un jeu vidéo : quand il n’y en a plus, il y en a en fait encore un peu !

 

Don’t Grow Up (2015)
de Thierry Poiraud

Grand gagnant de cette 5ème édition du PIFFF, puisqu’il est reparti avec l’œil d’or, Don’t Grow Up marque surtout le retour de Thierry Poiraud (Atomik Circus, Goal of the Dead) dont c’est le premier long métrage en solo. Et le bougre a mis toutes les chances de son côté puisque cette production française est jouée en langue anglaise, et suit une bande d’ados vivant en internat jusqu’au jour où ce dernier est étrangement vide, pour la simple et mauvaise raison que le monde est victime d’un virus poussant les adultes à attaquer les enfants… Entre son concept et son titre très évocateur, pas besoin d’aller bien loin pour comprendre la métaphore sur l’adolescence et la difficulté du passage à l’âge adulte avec le torrent de questions que cela implique. Les personnages vont dans ce sens, chacun étant caractérisé précisément pour mieux confronter tout ce beau monde aux mêmes difficultés et offrir un écho assez large au film. Les jeunes acteurs sont excellents, très naturels dans leur jeu, et l’ensemble remplit largement son contrat de divertissement horrifique avec quelques passages énervés, tout en gardant son sous-texte en main tout du long. Malgré une dernière partie où les errances des personnages reflètent un peu celles des scénaristes (finir ce genre de film n’est jamais simple…), Don’t Grow Up a fière allure et promet de se faire son petit nid à l’international, ce qui est une bien bonne nouvelle !

 

Southbound (2015)
de Roxanne Benjamin, David Bruckner, Patrick Horvath & Radio Silence

Le film à sketches horrifique ne cesse de faire des petits par les temps qui courent, pour se retrouver quasi systématiquement soumis à la loi du « à boire et à manger » tant la qualité peut grandement varier d’un segment à l’autre, accentuant la sensation de plus voir une compilation de courts qu’autre chose.
Southbound tente de résoudre ce problème puisque cette anthologie horrifique se dérouler dans le sud poisseux des Etats Unis essai de lier directement ses segments les uns aux autres avec des transitions soignées. Concrètement, on aurait presque l’impression de voir une seule et même histoire mettant en scène les péripéties rocambolesques de plusieurs personnages avec qui la région ne va pas être des plus tendres. Malgré un effort de cohérence thématique et formel, on ne va pas se cacher la réussite variable une fois encore des différentes parties. Le cœur du film, avec un groupe de rock féminin se retrouvant chez une famille et des plus étranges, et surtout un homme renversant une demoiselle en voiture, possède une vraie générosité dans l’horreur avec des idées ragoûtantes et un jeu sur les codes et l’appréhension assez malin. Malheureusement, l’intro et la conclusion du film qui se font écho s’avèrent beaucoup plus convenues avec des jump scares bas du front et une volonté de faire mal qui tombe pas mal à plat. Dommage, d’autant que l’effort général est louable, et que le folklore mis en scène ici sort des sentiers battus.

 

The 1000 Eyes of Dr Maddin (2015)
de Yves Montmayeur

Auréôlé du prix du meilleur documentaire cette année au festival de Venise, The 1000 Eyes of Dr Maddin tire le portrait de Guy Maddin, un réalisateur à part dans le paysage cinématographique mondial puisque ses films muets expérimentaux l’ont imposé au fil du temps comme un auteur unique, dont la créativité rebelle et la quête sensorielle font de chacun de ses films des expériences à part entière.
Au fil d’interviews de l’intéressé lui même et de ses collaborateurs, on découvre donc les méthodes de travail atypiques du bonhomme pour mieux comprendre le sel de ses œuvres. Concis, puisqu’il dure seulement 65 minutes, The 1000 Eyes of Dr Maddin va à l’essentiel et fait exactement ce qu’on peut attendre de lui, à savoir nous donner envie d’en voir plus.

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