2e et dernière partie des aventures de Jean-Victor au PIFFF alors que le festival s’est terminé ce dimanche couronnant Don’t Grow Up de Thierry Poireaud du Prix du Public et Phantasm of the Living de Jean-Sébastien Bernard du Prix du Jury. Un prix a également été décédé à Evolution de Lucile Hadzihalilovic dont Jean-Victor vous parle justement ci-dessous.

Notez qu’étaient également projetés ce week-end quelques fils que nous avions déjà eu l’occasion de découvrir de l’autre côté des Alpes : Some Kind of Hate, Deathgasm et Green Room pour cloturer les festivités…

 

Evolution (2015)
de Lucile Hadzihalilovic

10 ans après s’être faite remarquée avec Innocence, Lucile Hadzihalilovic revient pour une nouvelle fable inquiétante teintée de mystère. Evolution suit un enfant vivant avec sa mère sur une île reclus uniquement constituée de petits garçons et de leurs mamans. Soumis à une opération dont ils ne savent rien, la progéniture de l’île continue sa vie sans trop remettre en question ce qui s’y passe, excepté pour le héros qui commence sérieusement à douter de l’entreprise.
Et pour autant, les réponses qu’il trouvera éventuellement ne l’aideront pas tant que ça dans son enquête tant le film est totalement ampoulé, usant de l’atmosphère cloitrée et silencieuse de son microcosme pour tenter l’immersion dans un monde qui se veut sensible avant tout, mais dont l’aspect minimaliste, autiste diront certains, prend peut être trop le dessus pour entrer dans son univers. Loin d’être dénué d’intérêt donc, mais difficile d’accès.

 

The Virgin Psychics (2015)
de Sono Sion

Sono Sion, 3ème ! Après Tag et l’incroyable Love & Peace, le PIFFF nous offrait l’occasion de voir la 3ème des 5 réalisations du japonais cette année ! Et pour cette commande adaptée d’un manga, le bougre revient à ses amours de toujours, à savoir les adolescentes en petites culottes !
Au Japon, un flash traverse le ciel une nuit et dote tous les puceaux excités sexuellement à cet instant précis des pouvoirs psychiques ! Une lutte va alors s’instaurer entre eux pour sauver le monde, l’un d’eux transformant le pays en un lieu de débauche où tout le monde est en chaleur !
L’occasion pour Sono Sion de filmer des fesses bien rebondies et des bustes qui le sont tout autant à foison, avec une bande d’ados attardés qui auront bien du mal à accomplir leur destin au milieu de toutes ses jolies filles en petites tenues. Forcément, l’ensemble fait la part belle à un humour gonzo et bien en dessous de la ceinture même si l’ensemble reste « sage » dans le sens où il n’y a rien d’explicite. On reste dans le domaine du fantasme non assouvi, ce qui suffira cependant à beaucoup pour se délecter de toutes ses japonaises presque nues. Malheureusement, les meilleures blagues sont les plus courtes et The Virgin Psychics dure presque 2h, ce qui fait bien long pour un film qui a donné l’ensemble de ses propositions en même pas 30 minutes ! A force, ça devient même pénible malgré l’énergie du film qui rabâche certaines scènes à plusieurs reprises assez inutilement.
Alors the Virgin Psychics, un film précoce ? Assurément.

 

The Survivalist (2015)
de Stephen Fingleton

Du post-apocalyptique forestier, voilà une idée qu’elle est bonne !
The Survivalist, c’est un type qui vit reclus dans une petite ferme tout juste bonne à l’alimenter, le tout dans un monde visiblement en voie de décès. Le bonhomme n’a pas une vie très folichonne : il est constamment sur ses gardes, et passe ses journées à s’occuper de ses cultures pour se sustanter avant de passer la nuit cloitré dans sa cabane, en espérant ne pas avoir de mauvaises surprises. Jusqu’au jour où deux femmes, une mère et sa fille, débarquent, ce qui va un peu chambouler ses plans. Amis du naturalisme poussé, du réalisme accru et de l’économie narrative, vous allez être conquis tant The Survivalist prône l’immersion la plus radicale. Pas de musique ou de bruits extra-diégétique, une caméra au plus proche de son personnage et un quasi huit-clos dans lequel les relations humaines se tordent et de déchainent en silence pour voir fondamentalement si des temps de survie aussi noirs permettent à l’humanité d’outre passer son statut d’animal.
Malgré une trop longue durée, et une progression assez prévisible sur la fin pour qui connait bien le genre du survival, The Survivalist a le mérite d’être aussi épuré que sec, remplissant ainsi parfaitement son contrat.

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