Le Paris International Fantastic Film Festival a ouvert ses portes ce mardi à Paris, prenant ses quartiers cette fois au Grand Rex. C’est une bonne occasion pour nous tous d’aller se vider la tête quelques heures dans une salle obscure et devant des images bien éloignées de la réalité.

Jean-Victor est évidemment de la partie et revient sur le film d’ouverture réunissant Taissa Farmiga, Malin Åkerman et Nina Dobrev pour ensuite se pencher sur deux des projections de ce mercredi, dont le documentaire Le Complexe de Frankenstein de Gilles Penso et Alexandre Poncet…

 

Scream Girl (The Final Girls) – Disponible en VOD chez Sony Pictures Home Entertainment
de Todd Strauss-Schulson

Pour ouvrir cette 5ème édition du PIFFF, l’organisation s’est dit que ce serait bien de se fendre la poire avec la diffusion de The Final Girls en VO, qui sort cette semaine chez nous en VOD. Le film possède à vrai dire tous les ingrédients d’une ouverture de festival réussie puisqu’on y suit une jeune femme en deuil de sa môman qui n’était autre que la star d’une série de slashers célèbres dans les années 80. Se rendant à une projection pour revoir sa mère sur grand écran, l’héroïne finit par rentrer littéralement dans le film avec ses amis suite à un incident, et le groupe se retrouve donc coincé dans une sorte de Vendredi 13 dont ils doivent s’échapper. L’occasion pour Todd Strauss-Schulson de jouer avec tous les mécanismes d’un genre qu’il affectionne puisque les héros doivent convaincre les personnages du film de ne pas coucher, de ne pas se baigner dans le lac, de ne pas fumer, etc, bref de respecter les règles du genre à ne surtout pas transgresser sous peine de finir avec une machette dans la tronche. Et c’est plus facile à dire qu’à faire quand on doit gérer avec des adolescents attardés qui ne pensent qu’à ça !
Si l’ensemble se prend un peu les pieds dans le tapis en instaurant des règles narratives qu’il ne respecte pas lui même, ce Last Action Hero version slasher possède suffisamment de bonnes idées pour maintenir l’intérêt. Surtout, il fait preuve d’une grande déférence puisque si on est clairement dans le pastiche, voir la parodie, le tout n’est jamais cynique vis à vis des œuvres qu’il revisite, et évite la condescendance balourde de la Cabane dans les Bois. Quitte à y aller à fond, on n’aurait pas été contre plus de sexe et de gore, Scream Girl étant chiche de ce côté là, mais il tire son épingle du jeu ailleurs.
L’histoire pense à mettre un peu de dramaturgie dans le schmilblick, le personnage principal faisant face au rôle joué par sa mère dans le passé, pour mieux réapprendre à la connaître d’une certaine manière. Être méta pour apporter de l’émotion et pas seulement pour faire les petits malins ? That’s clever !

 

Blind Sun (2015)
de Joyce A. Nashawati

Suivie par le PIFFF depuis ses débuts, Joyce A. Nashawati passe au long métrage avec Blind Sun, dans lequel elle dépeint une grave victime d’une chaleur écrasante, où l’eau potable devient rare, et le climat social de plus en plus violent.
C’est dans ce contexte « pré-apocalyptique » que l’on suit un immigré devenu gardien d’une villa de français, dans laquelle l’homme va commencer à voir des silhouettes menaçantes. Sous couvert d’un sous texte géopolitique (la police lui a pris ses papiers sans raison), ce thriller psychologique pas très finaud s’étire en longueur sans ménager assez de mystère ou de suspense pour captiver. Assez évident dans ses intentions sans pour autant nourrir en conséquence son intrigue, Blind Sun devient une succession de scènes se ressemblant toutes, où la paranoïa peine à être communicative et où l’on a bien du mal à voir autre chose qu’un type qui a pris un sacré coup de chaud.
On ne le dira jamais assez : n’oubliez jamais votre crème solaire !

 

Le Complexe de Frankenstein (2015)
de Gilles Penso et Alexandre Poncet

Déjà présent à la première édition du festival avec le superbe documentaire consacrée à Ray Harryhausen, Alexandre Poncet & Gilles Penso préparaient depuis une autre lettre d’amour aux monstres mythiques du 7ème art et surtout à leurs créateurs qui sont au centre de ce nouveau film. Au travers d’interviews prestigieuses, regroupant les plus grands noms du genre (Phil Tippett, Rob Bottin, Rick Baker, Steve Johnson…) et les réalisateurs qui ont mis en scène leurs folles créations (Guillermo Del Toro, Joe Dante, John Landis…), le Complexe de Frankenstein remonte l’histoire des effets spéciaux de maquillage au cinéma, en passant par la révolution de l’animatronique, des marionnettes et des images de synthèse. Outre bien des anecdotes délicieuses sur les coulisses de films cultes, avec des images inédites sur la préparation des Gremlins, de Jurassic Park ou encore de Starship Troopers, le film célèbre la créativité folle et le talent hors pair de ces visionnaires qui devaient rivaliser d’ingéniosité à chaque nouveau film, à une période où l’industrie était galvanisée par leur travail et favorisait l’innovation.
Tirant un bilan un peu plus sombre de la production actuelle, le documentaire sonde intelligemment la passion de ces artisans fous, et parvient à dépasser le simple cadre du plaisir pour cinéphiles en extrapolant sur le caractère universel des monstres. Même si on aurait aimé que cette réflexion sur leur pouvoir de fascination soit poussée un peu plus loin, d’autant que le docu tire un peu en longueur par moment, voilà un vibrant hommage à ces hommes de l’ombre qui ont marqués l’inconscient collectif, et dont l’enthousiasme et la candeur sont contagieux.

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