Comme nous l’annoncions sur la critique de John Dies At The End qui a fait office de film d’ouverture, Jean-Victor passe ses nuits dans un grand cinéma près de l’opéra de Paris pour découvrir des films de genre au Paris International Fantastic Film Festival version 2013.

Et le programme du samedi 17 novembre a contenu une histoire de famille, un film à sketchs sur 26 manières de mourir (tout un programme !), un clown tueur et un montage de bandes annonces (dont on vous propose une sélection dans l’article).

Si la qualité n’est pas toujours au rendez vous, c’est au moins une bonne manière de découvrir un genre de films qu’on a rarement l’occasion de voir autrement.

 

Here Comes the Devil (2012) de Adrian Garcia Bogliano
Une famille en crise part se ressourcer en montagne. Très vite, l’angoisse et la peur s’installent, les deux enfants disparaissant soudainement avant de réapparaître le lendemain, métamorphosés…

Une bonne journée de festival est généralement censée partir par un bon film histoire de se mettre en jambe. C’était mal barré avec ce Here Comes the Devil, qui semblait prendre un malin plaisir à perpétuer la médiocrité grasse du programme de l’année précédente, comme si ce PIFFF édition 2012 n’allait décoller une fois encore qu’à de rares exceptions.
Se trimballant une mise en scène ultra pachydermique digne d’un étudiant en cinéma, avec une image baveuse, des zooms pas possibles, et un montage balourd, ce premier film dégueule l’amateurisme et est assommant par la redondance de ces situations, la gratuité générale de la chose et sa connerie. Il faut dire que le pitch de départ de ce film fantastique n’est pas né de la dernière pluie : deux parents s’adonnent à des choses pas très catholiques dans leur voiture tandis que leurs gentils mômes sont partis faire un tour dans la montagne. Pas de bol, ces derniers disparaissent, et refont surface miraculeusement plus tard, affublés d’un comportement des plus étranges.
Vous voyez déjà la lourde métaphore fantastique qui plane sur la chose, et tout le traitement est de ce niveau, le film partant à de nombreuses reprises complètement en sucette avec des manifestations fantomatiques dignes de Paranormal Activity, et des personnages qui reviennent à deux fois devant l’incroyable pour être sûr de l’avoir vu. Et forcément, quand une nana prend 10 minutes de film pour comprendre une chose acquise par le spectateur en 30 secondes, ça fait mal…

 

The ABC’s of Death (2012) de 26 réalisateurs différents
26 réalisateurs, 26 façons de mourir. 26 cinéastes proposent 26 courts métrages horrifiques, développés à partir de chacune des 26 lettres de l’alphabet.

Le film à sketches a de beaux jours devant lui. Après The Theatre Bizarre l’an dernier à l’Etrange Festival et en attendant Paris I kill you, on retrouve deux représentants du genre cette année au PIFFF avec Doomsday Book et ce ABC’s of Death. Le concept est très simple : c’est un abécédaire de la mort, ou 26 façons de mourir correspondant chacune à une lettre de l’alphabet. Comme d’habitude dans ce type d’exercice, il y a à boire et à manger, avec dans le haut du panier le court métrage de Marcel Sarmiento sur un combat entre un homme et un chien plastiquement ultra chiadé, au même titre que le segment Orgasme des réalisateurs de Amer, les frenchies Hélène Cattet & Bruno Forzani, qui s’éclatent dans l’esthétique giallo au montage limite expérimental et sensoriel. Tandis que la team Sushi Typhoon s’en donne à cœur joie (Noboru Iguchi se charge de la mort en F… pour Farting, soit des jeunes japonaises qui se tuent en lâchant des pets…), Ben Wheatley montre qu’on peut une fois de plus compter sur lui, et le concours lancé sur le net pour la lettre T a donné lieu à une petite réussite que vous pouvez juger vous même ici : http://www.youtube.com/watch?v=UCmMebE0pIg.
Evidemment, il y a aussi beaucoup de choses à jeter, la palme revenant à Ti West dont le court sur la mort par fausse couche (Miscarriage…) a probablement été produit en une après midi dans son appart. Dans l’ensemble, rien de transcendant, mais un exercice plutôt rigolo.

 

Stitches (2012) de Conor McMahon
Un clown lubrique meurt durant un anniversaire organisé pour des enfants. Des années plus tard, il revient avec la ferme intention de tous les massacrer. La fête peut enfin (re)commencer…

Il fut une époque durant laquelle les ados allaient frissonner le samedi soir dans les Drive-In et les salles obscures en voyant des héros de leurs âges aux hormones déchainés finissant par se faire massacrer la goule par des boogeyman unilatéraux et bourrins. Cette période bénie des années 80, qui aura fait les belles heures de Vendredi 13 et autres Freddy, n’aura pas survécu aux années 90 et encore moins au nouveau millénaire et ces tortures porn en pagaille. Conor McMahon était visiblement nostalgique de tout ça puisque son film Stitches revendique haut et fort son appartenance à ce genre bien particulier et ultra codé. Avec son histoire de clown revanchard qui s’incruste à une soirée d’anniversaire pour finir son spectacle comme il l’entend après avoir été tué par erreur par les mêmes garnements 6 ans plutôt, Stitches sentait bon le slasher régressif couillon et jouissif. Manque de bol, le film met non seulement des plombes à partir, mais se révèle surtout avare en situations funs et gore, comptant en tout et pour tout 3 meurtres réellement inventifs. Sur une heure et demie de long-métrage, vous admettrez que ça fait peu, d’autant que le ton de sale garnement persuadé de faire un film super drôle agace plus qu’autre chose avec son humour forcé et son refus de foncer dans le tas. Je ne sais pas vous, mais un clown qui vient viser seulement 6 ados dans une baraque contenant plusieurs dizaines de victimes potentielles, c’est forcément frustrant. Sachant que le film a le mérite de mettre en scène de vrais gamins de 16 ans et non des mannequins siliconées ayant 10 ans de plus et que le tout baigne dans un folklore irlandais qui aurait pu faire mouche, c’est bien dommage.

 

Trailer War (2012) de DraftHouse Pictures
Un montage ahurissant de bandes-annonces de films d’exploitation des années 70/80. Un pur spectacle grindhouse garanti 100% authentique.

Trailer War n’est pas un film à proprement parlé puisqu’il s’agit d’une simple compilation de bandes annonces toutes plus hallucinantes les unes que les autres de petites perles nanardesques. Orchestrée par une société de production spécialisée et passionnée en la matière, Trailer War recèle de vraies pépites avec le trailer américain incroyable des Aventures de Rabbi Jacob ou les spots pour des œuvres reconnues des amateurs comme Star Crash, Super Inframan ou The Mutations, dont on vous parlait lors du dernier Etrange Festival. Ceci dit, pour vous faire partager une idée précise des 2h de compilation foutraque de la chose, on a pu y découvrir les folles aventures de Jermaine Jackson dans Voyage of the Rock Aliens,

on a fait connaissance avec la cause défendue ardemment par David Carradine dans Animal Protector,

The Electric Chair nous a montré comment imprimer le nom d’un film dans l’esprit du spectateur,

et enfin Argo Man s’est révélé plus spectaculaire que n’importe quel film de super héros.

Le genre de programme nous rappelant que le 7ème art, c’est beau. THE ELECTRIC CHHHAAAIIIIRRRRR !!!!

 

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