Les petits veinards actuellement à Neuchatel ont eu la chance de voir en avant-première Mary and Max, un film en claymotion (comprendre en images par images et en pâte à modeler, comme Wallace et Gromitt). Le film avait été salué par un Cristal au Festival du Film d’Animation d’Annecy il y a quelques semaines, ex-aequo avec Coraline.
Voici la critique de Basile, et ça donne envie d’être le 30 septembre prochain pour la sortie française…

Mise à jour : le 30 septembre n’est plus que dans quelques jours. Le film a été montré hier soir à une poignée de blogueurs chez Gaumont. Il est également montré en avant-première en présence du réalisateur ce vendredi 25 au soir au MK2 Bibliothèque si vous êtes parisien.

Si le domaine de la claymotion se résume aux studios Aardman aux yeux du grand public, gageons que l’arrivée d’Adam Elliot va changer la donne. Mary and Max est esthétiquement riche et foisonnant mais son intérêt ne réside pas dans sa partie technique (irréprochable mais pas révolutionnaire).

Ce qui rend ce film époustouflant, c’est bien son scénario hors du commun. Basé sur le concept de la correspondance, Elliot arrive à entrelacer deux destins sans que les personnages ne se rencontrent. Les enjeux naissent et s’ancrent profondément dans le coeur du spectacteur qui ne peut que succomber devant le flot d’émotions véhiculés par cette oeuvre mature, bouleversante et universelle.

Selon le principe édicté par Walt Disney (et repris par John Lasseter) “chaque rire doit être suivi d’une larme”. Elliot a définitivement retenu la leçon et confère ainsi à son film une richesse et une portée rares. Ça n’est pas du Pixar, ça n’est pas du Miyazaki, c’est quelque chose de différent et totalement nouveau et ça fait du bien.

Lors de l’introduction du film par le président du festival Fantoche (cinéma d’animation), on a pu entendre une comparaison entre Mary and Max, Valse Avec Bachir et Persepolis, pour désigner l’émergence d’un cinéma (non asiatique précisons le tout de même) d’animation pour adultes. On est encore loin du compte avec cette association réductrice. Loin de livrer un fond sentencieux (“pour faire sérieux”), niais (on aurait pu avoir un Forrest Gump en pâte à modeler) ou creux (écueil de certains jolis film en stop motion qu’on ne citera pas mais qui manquaient cruellement de substance), l’histoire est bien l’une des plus originales que le cinéma d’animation ait eu à offrir.

Mary and Max entre directement dans la cour des grands, des très grands. Si Elliot arrive à se dépasser pour ses futurs projets (ce film est son premier long métrage !!!), nous allons vivre des moments de qualité. Aucune hésitation devant l’étiquette à apposer : chef d’oeuvre. Pas de ceux qui viennent challenger les pontes en place comme un Wall-E ou un Totoro, plutôt de ceux qui ouvrent de nouveaux chemins. C’est dire si il est indispensable d’aller le voir.

– Basile

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