Le Festival de Neuchâtel continue sous le soleil de Suisse. Voici donc les critiques des films vus par David ce weekend.

On commence d’abord par Employé du Mois, le court-métrage d’Olivier Béguin avec Catriona MacColl, présenté en compétition dans le cadre du NIFFF et dont nous avions visité le tournage et interviewé l’équipe (voir le reportage).
Les deux long-métrages du weekend sont deux avant-premières : Todos Tus Muertos, un film d’horreur colombien récompensé au dernier festival de Sundance et Stake Land, sorte de post-apocalyptique américain. Vu qu’ils n’ont pas encore de date de sortie en France, il y a bien entendu les bandes annonces pour vous faire une idée.

La suite, demain !

Employé du mois (Compétition des courts suisses – Swiss short films SSA / Suissimage competition)
Réalisé par Olivier Béguin
Avec Catriona MacColl
« Dur de trouver du travail, surtout quand on est un vampire, un fantôme ou le Diable en personne ! Heureusement, une conseillère expérimentée est là pour les guider ».

Durant les 15 minutes de son court-métrage, Olivier Béguin exploite pleinement le potentiel comique de son pitch de départ et enchaîne des dialogues et des situations drôles où sept créatures fantastiques sont confrontées à la dure réalité d’une réinsertion professionnelle. Dans chaque segment, dédié à l’une des créatures, le réalisateur suisse mélange habilement un humour « tous publics » (zombie caissier dans un supermarché) et un humour plus noir (vampire travaillant à la morgue ou comme baby-sitter) sans jamais se répéter.
La très bonne direction artistique et le jeu très convaincant des acteurs permet de rendre crédible et drôle chacun des sept personnages fantastiques en très peu de temps (un peu plus d’une minute par créature).
Employé du mois contient néanmoins quelques défauts mineurs : le segment de la fée est légèrement long, des effets visibles (piano qui s’écrase), et quelques gros plans répétés du personnage de Catriona MacColl, qui n’entravent en rien à sa réussite.
Après Dead Bones, son précédent court, Olivier Béguin nous livre une excellente (courte) comédie horrifique, on attend donc avec impatience Stresseurs son premier long-métrage actuellement en préparation.

 

Todos tus muertos (compétition internationale) – Pas de date de sortie en France
Réalisé par Carlos Moreno
Avec Alvaro Rodriguez, Jorge Herrera, Martha Márquez
« (…) Salvador, un fermier ordinaire, est brusquement interrompu lorsqu’il fait une sombre découverte : au milieu de son champ gît un tas de cadavres, (…). Consterné il compte bien avertir la police locale pour être débarrassé de ces intrus. Mais le moment est mal choisi ; c’est le jour des élections municipales… »

Le concept de cette production colombienne est intéressant : illustrer l’impuissance du peuple (une famille de paysans pauvres) et la corruption générale des autorités face à un massacre afin de proposer une allégorie sur la guerre civile. Passé la première demi-heure, ce concept s’épuise et le film devient rapidement ennuyeux, (presque) rien ne se passe durant la dernière heure du film. A force d’insister et de surligner constamment son propos, pour s’assurer de la compréhension de chaque spectateur, le film perd toute subtilité et également tout intérêt.

Le réalisateur colombien nous prouve qu’il sait très bien manier une caméra en adoptant un style très proche de celui du documentaire et la qualité d’interprétation de l’ensemble du casting est remarquable. Mais malgré ces qualités artistiques, Todos tus muertos est un film long et ennuyeux qui aurait dû se limiter au format du court-métrage.

 

Stake Land (compétition internationale) – Pas de date de sortie en France
Réalisé par Jim Mickle
Avec Nick Damici, Connor Paolo, Michael Cerveris,
L’Amérique n’est plus qu’un chaos politique et économique depuis qu’une terrible épidémie s’y est propagée. Et pas des moindre, puisqu’il s’agit de vampirisme. C’est dans cet enfer sur terre que Martin, un adolescent, rencontre un chasseur de ces monstres aux dents pointues. Aidé de celui-ci et des rencontres qui jalonnent son périple, il se dirige vers le Canada, encore épargnée par l’épidémie. Encore faudra-t-il pouvoir échapper aux buveurs de sang et aux fanatiques religieux…

Présenté par un membre de la programmation du NIFFF comme « The Road filmé par Terrence Malick », Stake land est une très bonne surprise. S’il partage effectivement une trame commune avec le film de John Hillcoat, le parcours initiatique d’un jeune homme (ou enfant pour The Road) afin de survivre dans un décor apocalyptique, la deuxième réalisation de Mickle se démarque surtout par son mélange de genre très réussi (drame, road movie et horreur). Le réalisateur américain exploite à merveille son scénario, coécrit avec Nick Damici (l’un des deux acteurs principaux), qui lui permet de se démarquer d’un genre ultra-conventionné en détournant habilement des situations prévisibles et en développement remarquablement les relations entre ses personnages principaux. Parmi les nombreux thèmes abordés, la religion (au centre du récit) est remarquablement traitée sans manichéisme.
Stake land comporte son lot de moments gores et marquants, mais manque peut être d’une scène d’action « bourrine ». La mise en scène est très réussie, l’action est toujours lisible, les paysages et les décors sont magnifiquement mis en valeur, tout comme le jeu des acteurs principaux (mention spéciale à Nick Damini qui interprète le chasseur, une sorte de croisement entre Josh Brolin et Mickey Rourke), le tout servi par une très belle bande originale.

Stake Land est une relecture originale et intelligente du mythe du vampire, à l’instar de Vampires de John Carpenter avec lequel il partage également de nombreux points communs. Même s’il manque « quelque chose » en plus au film de Jim Mickle pour devenir une référence du genre, il est néanmoins l’un des meilleurs films de vampires de ces dernières années.

Ajoutez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués * sont obligatoires.