2e jour au Festival de Neuchâtel pour Arkaron et Jean-Victor. Peu de sommeil, beaucoup de films et quelques surprises en préparation. Mais ce 6 juillet, ils ont vu des films fantastiques suisses, coréens et québécois.
Voici leur programme et, surtout, leurs avis !

Black Out, de Jean Louis Roy (1970)
Fiche Allociné
Arkaron: Émile et Élise sont deux retraités qui vivent paisiblement dans leur petite maison. Tout va pour le mieux, seulement voilà : la fin du monde est proche. Problème mineur certes, mais problème quand même. Que faire alors ? S’enfermer, se barricader dans son foyer, acheter assez de provisions pour survivre. Mais la vie coupée du monde n’est pas aussi simple qu’elle y paraît… L’exemple même du film qui paie pas de mine avec son lieu de tournage quasi-unique, ses trois acteurs et son rythme lent. Proche du théâtre par la forme (peut-être même un peu trop), le film provoque inévitablement quelques crises de rire chez le spectateur à cause de son aspect vieilli et d’un traitement narratif parfois peu adapté au support cinématographique. Cependant, au milieu d’un récit triangulaire hypnotique, de relations superbement écrites, d’un rythme en déambulateur et d’une tension grabataire, il est impossible de nier la puissance évocatrice du système autarcique suisse et des relations hommes/femmes passé l’âge de l’omniprésence du symbolisme phallique. Une expérience unique.

Jean Victor : La Suisse réserve décidément bien des surprises et ce Black Out en fait partie.
Certes, ca a pris un méchant coup de vieux dans les dents, tout comme la mise en scène ou du moins le découpage se limite à de l’illustration de scénario et l’ensemble ne brille donc pas pour une quelconque question de maitrise. La où on se dit que cet OVNI cinématographique n’est pas aussi naze qu’il en a l’air, c’est sur son scénario un rien barjo et anxiogène avec un couple de vieux dont la quête de survie grotesque et aveuglée va prendre des allures de Guerre des Roses retraitée. Un curieux objet fort intéressant.

 

Bedevilled, de Jang Cheol-so (2010, pas encore de date de sortie en France)
Fiche Allociné
Arkaron: Une jeune femme stressée par la vie à Seoul décide de partir en vacances sur l’île où elle a grandi. Elle y retrouve son amie d’enfance et redécouvre les engrenages parfois mortels d’une société particulière… Filmé avec une précision irréprochable, ce film âpre et violent tant physiquement que psychologiquement assène une vérité brute et teste sans arrêt le spectateur. Ses partis pris narratifs poussent le récit au bord du gouffre mais la maîtrise de la mise en scène empêche tout égarement. Je suis ressorti de la salle transi par cette immense leçon qui envoie le politiquement correct et la démagogie aux oubliettes. Le meilleur film que j’ai vu depuis le début du festival.

Jean Victor : Chaque jour sa petite claque. C’est comme ca le NIFFF, on sort des films qui font mal sans prévenir, à l’instar de ce Bedevilled qui fait le même effet qu’un uppercut bien placé. Un film qui prend le temps de poser ses personnages et de dépeindre le portrait d’une femme usée et abusée, littéralement détruite par la vie malgré l’étincelle d’espoir qu’il lui reste. Jusqu’à ce que la dite étincelle disparaisse à son tour…
Admirablement construit, posant fortement le contexte pour mieux le voir exploser, Bedevilled est un long-métrage brutal, sans concession et qui aurait pu être parfait si il n’avait pas un peu trop tiré sur la corde lors des 20 dernières minutes qui auraient très bien pu sauter. Dans l’état, ca reste un excellent film.

 

The Crazy Family, de Sogo Ishii (1980)
Arkaron: Premier film de la rétrospective Sogo Ishii, The Crazy Family nous immerge dans la vie quotidienne d’une famille japonaise qui pète progressivement les plombs, amorçant un cercle vicieux qui part très, très loin dans l’hystérie et le mal-être du citoyen japonais. Drôle et assez inventif, ce film est à voir à la première occasion. Monsieur Ishii, présent pendant la projection, nous affirme que s’il devait refaire ce film aujourd’hui, ça serait encore plus démentiel. On a du mal à imaginer…

Détour, de Sylvain Guy (2009)
Fiche Allociné & Bande annonce
Jean Victor : Après la très bonne surprise 5150 Rue des Ormes, quoi de mieux que d’enchaîner sur la suite du focus dédié au cinéma québécois? Pas Détour en tout cas, qui se pose comme le pur exemple du thriller ambitieux mais qui ne mène à rien en raison d’un script vu mille fois et dont la situation de base n’est pas crédible une seule seconde, une caractéristique un rien handicapante quand le reste de l’histoire et ses nombreux rebondissements sont touchés par le même syndrome. On dira donc qu’on s’est quelque peu… fortement ennuyés.

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