“Aujourd’hui est un beau jour pour mourir” disaient les Sioux, mais pour moi, c’est plutôt un beau jour pour voir de beaux films. De retour à l’Institut Lumière pour cette avant dernière journée du samedi, quatre films sont au programme.

M’étant accordé une matinée de vacances, on commence à 14h avec The Web (Le Traquenard, 1947) de Michael Gordon, un réalisateur peu connu en son temps, et grand-père d’un certain Joseph Gordon-Levitt. Selon les invités, le film nous est surtout montré par rapport à l’excellent travail de William Bowers, ancien journaliste qui parvenait souvent à rehausser des scripts faibles grâce à des dialogues bien trouvés. Et force est de constater qu’ils ont raison: le travail du dialoguiste est remarquable, et le film fait passer un très agréable moment. Intrigue policière intimiste à l’ancienne, The Web vaut aussi pour ses acteurs attachants et impliqués. Une bonne surprise pour commencer la journée et ma dernière séance The Art of Noir.

Cette journée sent vraiment le festival, puisqu’à peine le premier film terminé je dois m’époumoner pour rejoindre la salle suivante où se tenait la projection de Clint Eastwood, le franc-tireur, un documentaire extrêmement intéressant sur l’un des plus grands cinéastes de ces 40 dernières années. Michael Henry Wilson, le réalisateur, nous présente d’abord deux clips issus de son prochain reportage actuellement en post-production, qui portera notamment sur Invictus, le prochain film de monsieur Eastwood prévu pour février 2010. Alors que la salle est comble (je dois rester debout), le documentaire vedette est en fait une longue interview de Maître Clint en personne qui revient sur toute sa carrière et plus longuement sur ses deux derniers films à l’époque du reportage: son diptyque sur Iwo Jima. Plus qu’enthousiaste à la fin de la séance, je demande à M.H.Wilson si une sortie DVD est prévue ; hélas, Warner Bros sont actuellement assis sur les droits et ne semblent pas décidés à changer leur position.

À 19h, je retourne à une séance plus conventionnelle avec Riots in Cell Block 11 (Les Révoltés de la Cellule 11, 1954), un film de Don Siegel que je trouve soporifique et sans intérêt (les très faibles applaudissements à la fin du métrage me confortant dans mon impression). En effet, le scénario est minimaliste et ne retient pas l’attention, les acteurs sont plutôt mauvais et la réalisation est sans surprise. Ajoutons à cela un texte introductif clamant l’honnêteté du système judiciaire et de la démocratie américaine (qui arrache une hilarité à toute les personnes présentes), et il est nul besoin de demander au bourreau d’achever la victime.

Un peu inquiété par cette déception, je me rends tout de même à la projection de Two Mules for Sister Sara (Sierra Torride, 1970), encore une fois de Don Siegel. Pas d’inquiétude cette fois, puisque le film est cent fois supérieur aux révoltés: la musique d’Ennio Morricone, et Clint Eastwood suffisent à me convaincre d’emblée. Alors que l’histoire commence comme tout autre western, Siegel nous offre en réalité une excellente comédie axée sur le duo Eastwood-MacLaine absolument hilarant. De plus, le réalisateur propose ici des scènes d’anthologie, notamment sur la fin, avec la prise d’une garnison militaire superbement réalisée. Quelques bémols seulement, comme les Français qui parlent français tels des Américains, ou les Amérindiens qui ont peur d’une croix christique. Mais c’est un film à voir absolument ne serait-ce que pour le duo d’acteurs, excellent en tous points.

Ajoutez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués * sont obligatoires.