Goooooooood Morning from Lyon! De retour pour quelques mots sur le festival du film qui met à l’honneur Clint Eastwood, Sergio Leone et Don Siegel. Aujourd’hui, encore très pris par des obligations d’ordres divers, je me contente de deux films des années 1950 projetés dans le berceau, que dis-je, dans le placenta de l’art cinématographique: l’Institut Lumière de Lyon.

Les frères Auguste et Louis Lumière sont souvent considérés comme les pionniers de la technologie cinématographique en cela qu’ils ont créé plusieurs procédés techniques qui ont rendu possible (et profitable) leur profession. Leur métrage “La sortie de l’usine Lumière à Lyon”, datant de 1895, est généralement associé à la naissance du cinéma, quoique cela soit parfois sujet à débat. Mais soyons chauvins, et réjouissons-nous d’être en ces murs aujourd’hui pour voir, dans un premier temps Dans l’Ombre de San Francisco (Woman on the Run, 1950), de Norman Foster, un film en noir et blanc présenté ici dans le cadre de la rétrospective The Art of Noir.

Comme son nom l’indique, la rétrospective The Art of Noir a pour but de faire découvrir ou redécouvrir, pour les plus aguerris, des films en noir et blanc des années 1940 et 1950 principalement. Aujourd’hui mercredi 15 octobre, se tenait ainsi la séance de Woman on the Run, chose pour le moins exceptionnelle puisque la copie originale du métrage fut victime de l’incendie qui ravagea les studios Universal il y a environ deux ans, et ce film serait définitivement perdu si monsieur Eddy Muller, qui est venu en personne de San Francisco, n’avait autrefois pas eu la bonne idée d’en faire une copie illégale.

C’est donc avec une grande curiosité, en partie éveillée par la présentation des invités, que la salle plonge dans l’ombre de San Francisco. Évidemment, le film est une découverte pour moi, et des plus plaisantes qui plus est. L’aspect peut-être désuet du film tient en son scénario, qui joue avec l’intrigue à la manière d’un cluedo, ou tout simplement à la manière de tant d’autres films noirs de la fin des années 1940 aux États-Unis. Cependant, l’alchimie créée entre l’enquête policière et l’histoire d’amour est habile, d’autant que la réalisation de Norman Foster est remarquable, notamment par l’hétérogénéité des plans et des mises en scène: les plans fixes d’illustration bercent une narration ponctuée de plans déséquilibrés lors des nœuds scénaristiques et le climax est d’une redoutable efficacité, qui tient surtout à sa réalisation qui alterne classicisme et vue subjective désorientée. Le sentiment de déjà-vu du scénario ne tient probablement que de l’âge de l’œuvre, mais son aspect formel la rend extrêmement intéressante. Si vous avez un jour l’occasion de regarder ce film, je ne puis que vous le conseiller.

Après une attente insoutenable, je retourne à L’Institut Lumière vers 16h, pour la projection de Ennemi Public (Baby Face Nelson, 1957), de Don Siegel. Une fois de plus, la surprise est au rendez-vous puisque Laurent Gerra vient présenter le film de façon assez légère. Point d’avis d’expert donc, mais plutôt une invitation à découvrir le film avec lui. Concernant le métrage lui-même, je reste sur ma faim. J’en attendais plus de Don Siegel au niveau purement formel, cependant, les acteurs et les personnages ont un réel capital sympathie, et la bonde son est délicieusement jazzy (certes, c’était l’époque). Mon reproche principal tient de la réalisation, en aucun cas mauvaise mais en aucun cas remarquable, du moins selon moi. J’ai trouvé le film intéressant pour la culture cinématographique, puisqu’à plusieurs reprises, mon esprit a tracé un parallèle avec Public Enemies, le film de Michael Mann sorti cette année, qui donne la vedette à John Dillinger. Ici, Dillinger n’est que secondaire, mais certaines scènes de Public Enemies sont toutefois réminiscentes de ce film (entre autres, bien entendu).

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