Deuxième jour à Lyon pour l’Etrange Festival ce vendredi. Au programme, The Countess dont la critique complète arrive bientôt mais aussi Les Seigneur de la Route (Death Race, l’origine) et surtout une soirée Nanarland. Du lourd : Ninja Terminator et Devil Story.
Compte-rendu et critiques.

Le programme des réjouissances en ce vendredi 2 avril est lourd. Très lourd. Ma matinée illuminée par la projection presse de l’excellent The Countess, dont on vous reparlera bientôt, j’attends avec impatience la suite des festivités. Autant dire que je ne suis pas déçu.

À 17h45 commence le film Les Seigneurs de la Route (Death Race 2000, sorti en 1975), en ouverture de la rétrospective hommage à Paul Bartel. Dans le rôle titre, David Carradine, alias Frankenstein, meilleur pilote des États-Unis, affronte des adversaires dans une course à la mort à travers tout le pays. Le principe est simple: cinq équipes (pilote et navigateur) prennent le chemin qu’ils veulent tant qu’ils arrivent à destination. Pendant la course, les joueurs peuvent faire des points en fauchant les passants, chaque catégorie de piéton faisant gagner un nombre différent de points (enfants, adolescents, retraités, etc.). Bien sûr, les forces rebelles tentent de saboter la course et s’opposent au régime tyrannique du Président. Face à Frankenstein, quatre conducteurs pour le moins atypiques: Calamity Jane et son cowboy, Mathilda la Hun et son petit nazi, Néron et sa maîtresse, et Mitraillette Joe (Stallone, grotesque). Les meilleurs ingrédients sont ainsi réunis: grosses voitures, road-movie, filles peu vêtues, gore, blagues recherchées et suspens insoutenable. Je vous le dis franchement, ce film aurait pu être une catastrophe. Et bien non. D’abord, parce que sous ses airs un peu débiles, le script ne se gêne pas pour en mettre plein la tête de la société nord-américaine, ensuite parce que Bartel, malgré quelques erreurs de montage, fait preuve d’une certaine inventivité dans sa mise en scène. On rit sans vergogne face à ce déluge de répliques (en VF!) pour les trois-quarts minables, mais on finit le film un immense sourire aux lèvres avec une question en tête: pourquoi diable ce film est-il si rare?

Pour l’attraction principale, la foule afflue, et la très attendue soirée Carte Blanche à Nanarland frôle la salle comble (notez qu’au même moment, l’équipe du site présente une soirée similaire en Suisse pour les Étranges Nuits du Cinéma). Autant dire que les organisateurs nous ont gâtés: la soirée s’ouvre, à 19h45, sur un montage de Nanarland intitulé “Les Cuts Excentriques”, cocktail explosif de 15 minutes des pires scènes que les chroniqueurs ont pu découvrir lors de leurs recherches. Dans cet apéritif on retrouve, entre autre, Kadhal Parisu (immense), Les Massacreurs (édifiant), Super Ninja, Clash of the Ninjas, Insects ou Highlander the Source. C’est donc dans une ambiance déchaînée que nous ai projeté, en 35mm (!) et en VF (!!), le tristement célèbre Ninja Terminator (!!!). Je vous laisse lire ou relire la chronique grandiose de nanarland, mais pour faire simple, c’est un “2 en 1”, ou un film asiatique jonché de scènes avec des acteurs occidentaux pour mieux l’exporter. Les deux parties étant tournées à plusieurs années d’intervalle, les personnages ne se croisent donc même pas, mais le plus important, ce sont les répliques, absurdes, et les chorégraphies, pas vraiment plus glorieuses.

L’entracte est animé d’un documentaire sur Richard Harrison, à l’affiche de Ninja Terminator, et pilier du cinéma de série B des années 1970 et 1980. Conduit par Nanarland, ce reportage fournit un témoignage intéressant de la relation qu’entretenait l’acteur avec le cinéma. S’en suit un autre “Cut Excentrique”, cette fois avec Sangharsh, Hellriders, Hercule Contre les Vampires, Demonicus, Rock’n’Roll Nightmare, Fast Gun, La Riposte de l’Homme Araignée, ou encore Tiger Blade.

Le coup de grâce de la soirée est donné par Devil Story (Bernard Launois, 1985), peut-être le plus mauvais film qu’il m’ait été donné de voir. Introduit par un documentaire où Launois en personne s’exprime sur le film, ce Il était une fois ..le diable n’a aucun sens. Tourné à la va-vite avec des moyens restreints, ne gardant pas la moindre cohérence interne ou logique narrative, ce film est une sombre merde qui, à mon sens, mérite bien son sort de nanar à la triste notoriété. Hilarant tant il est ridicule, ce… truc bénéficiera bientôt, grâce aux efforts de Nanarland, d’une sortie DVD. Encore une fois, nous vous invitons à parcourir sa chronique et, si vous voulez entrer en possession du pire film français jamais tourné, à vous le procurer.

Un grand merci à Nanarland et l’Étrange Festival pour cette soirée de franche poilade et la confirmation que non, Ed Wood n’était pas le plus mauvais cinéaste de tous les temps parce que lui, au moins, il aimait réellement son métier.

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