Ce jeudi était placé sous le signe de Tobe Hooper. D’abord, nous avons pu rencontrer le réalisateur culte de Massacre à la Tronçonneuse pendant plus d’une heure (interview vidéo à suivre et à ne pas manquer) mais trois de ses films étaient présentés : le célèbre Massacre donc, celui dans un Train Fantôme et enfin Eggshells, premier film du Monsieur qui avait disparu de la circulation, présenté ici dans une copie restaurée.

Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper (1974)
Premier film de la mini rétrospective qu’il lui était dédié, le non moins cultissime Texas Chainsaw Massacre plus connu chez nous sous le nom Massacre à la tronçonneuse. Étant vierge de tout Hooper, j’ai enfin découvert ce panthéon du cinéma horrifique et le moins que l’on puisse dire, c’est que le film mérite son rang. Le temps a quelque peu fait son effet et appliqué une couche cheap à l’ensemble qui n’en perd pas sa force comme le démontre la scène de repas assez démentielle et fucked up. L’ambiance rongée du tout marche toujours et ce qui étonne, c’est de voir combien on pouvait être sobre à l’époque pour faire peur. La preuve en est que le film est loin d’être gore, le coeur des meurtres étant suggéré puisque aucun morceau de barbac coupée à la tronçonneuse n’apparait durant ces 1h30 d’anthologies, à l’atmosphère féroce et mettant encore aujourd’hui quelque peu mal à l’aise. Quand on voit l’influence que la chose a eu et à encore aujourd’hui en plus de son efficacité toujours réelle, on ne peut que s’incliner.

Massacre dans le train fantôme de Tobe Hooper (1981)
S’appelant originellement The Funhouse et non ce titre français surfant sur la réputation du précédent film discuté, ce long métrage était l’occasion pour Hooper de faire son “carnaval à lui” comme il nous l’a si bien présenté. En résulte une série B rigolote baignée dans une ambiance freak et colorée dont la bonne idée est de prendre comme menace un monstre tout droit sorti de l’imagerie d’un train fantôme et qui sous son masque de frankenstein se révèle bien plus horrible que son modèle. L’histoire en elle même est classique (une bande d’ados qui décide de passer la nuit dans un train fantôme après sa fermeture avant de découvrir que les propriétaires sont barjes) et retourne sur la thématique du couple père/fils ayant visiblement un lourd passé psychologique et des rapports tout aussi sains.
Très prévisible, pas toujours fin et n’utilisant pas au maximum le lieu génial qui sert de théâtre au film, ce Massacre là reste tout de même rigolo.

Eggshells de Tobe Hooper (1969)
Le vrai évènement de la journée, c’était Eggshells. Premier film de Tobe Hooper perdu durant plusieurs décennies, il a été récemment retrouvé et remasterisé et nous avons eu la chance d’être l’un des rares publics à voir le film depuis 40 ans (!) puisqu’il n’existait aucune copie VHS ou DVD de cette oeuvre complètement introuvable et inédite. On admettra volontiers que la surprise s’arrête là vu que cette heure et demi d’expérimentations visuelles entre deux dialogues de hippies était franchement limité, d’autant plus que le Festival n’a pas fourni les champignons à l’entrée, ce qui aurait grandement faciliter la tâche. Entre les différents caméras de baladant en steadycam ou sur le toit d’une voiture en accéléré durant 5 minutes, les kaléidoscopes psychédéliques et les scènes avec des mecs qui se trémoussent devant des spots, ce Eggshells était une curiosité rare, mais tout aussi dispensable, devant laquelle on se demande comme un homme peut passer de ça à son deuxième film : Massacre à la tronçonneuse. M’enfin, à la limite, on va pas s’en plaindre.

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