Rien ne nous arrête ! La journée de samedi à l’Etrange Festival s’est terminé dimanche au petit matin après une nuit consacrée aux zombies ? Pas de problème, il ne suffit que quelques rares heures de sommeil à Jean-Victor pour aller s’installer à nouveau au Forum des Images.

Au programme, pour ma part, le remake d’Histoires de Fantômes Chinois sur lequel je reviendrai longuement ainsi qu’un film espagnol très drôle avec des loups-garous : Game of Werewolves. Et Jean-Victor donc deux films présentés par Kenneth Anger : La Garce sorti en 1949 et Le Banni réalisé par Howard Hugues ainsi qu’un film mexicain intitulé Los Chidos.
Il a terminé sur un truc incroyable dont on vous recommande chaudement de visionner la bande annonce pour halluciner : Dead Sushis, dans lequel de la nourriture japonaise prend vie. Tout un programme.

Game of Werewolves (2012)
Réalisé par Juan Martinez Moreno
Au début du XXe siècle à Arga, un village de Galicie, une terrible malédiction a transformé le fils de la marquise de Mariño en loupgarou. Cent ans plus tard jour pour jour, Tomás, dernier descendant de la famille, revient dans son village d’origine pour une cérémonie en son honneur…

Marc – Lors de la projection à l’Etrange Festival, le réalisateur espagnol était venu introduire le film. Il l’a présenté comme un pur divertissement destiné à rendre hommage à quelques cinéastes qu’ils admirent dont l’inévitable John Landis, bien connu pour son Loup-Garou de Londres.
On suit un jeune écrivain venu retrouver ses racines dans une vieille bâtisse familial, dans un petit village espagnol malheureusement marqué par une malédiction. Il y retrouve un ancien camarade, incarné par Carlos Areces, le clown fou de Balade Triste de Trumpeta.
Drôle, très drôle par moment quand l’humour dérape vers le scabreux, le film n’est rien de plus que ce qu’on nous a vendu : une comédie horrifique légère mais qui fonctionne de bout en bout devant laquelle on ne s’ennuie jamais. Une sorte de petit Shaun of the Dead, mais en espagnol et avec des loups-garous à la place des morts-vivants anglais.

 

Le Banni (1943)
Réalisé par Howard Hughes
Pat Garrett et Doc Holliday sont de vieux amis. Leur amitié va être mise à mal lorsque Billy the Kid vole le cheval de Doc. S’ensuit un jeu du chat et de la souris entre les trois hommes, compliqué encore par la relation équivoque entre le Kid et Doc.

L’avantage quand on est l’homme le plus riche du monde, c’est qu’aucun caprice ne nous résiste. Howard Hughes était très fort dans le domaine, et après avoir consacré un temps fous à son célèbre Hell’s Angels, il décida de faire son western avec ce Outlaw. Fruit de nombreux déboires avec la censure, cette histoire voyant la rencontre en Billy the Kid et Pat Garrett semblait être réalisée surtout pour le plaisir des yeux du réalisateur, fou amoureux de Jane Russell et de sa poitrine, l’affiche du film a l’époque ayant pour tagline « Vous aurez au moins deux raisons de voir The Outlaw ». On vous laisse deviner les deux raisons… Malgré l’affiche et l’imagerie que le film a pu véhiculer au travers du temps, il n’y a pourtant rien de sulfureux dans cette histoire, le personnage de Jane Russell étant plus malmené qu’autre chose au cœur d’une rencontre de cowboys à l’égo hautement dimensionné. Tel le film d’un enfant irraisonné, le Banni se révèle inutilement long et malgré le plaisir que Hughes laisse transparaitre à chaque plan, son œuvre transpire bel et bien le caprice qu’elle est avant tout, ne valant surtout que pour son statut dans l’histoire du cinéma au delà de questions artistiques. Reste qu’on pourra y déceler une tension homosexuelle entre les deux personnages principaux, ce qui ne manquera pas d’en amuser plus d’un.

 

La Garce (1949)
Réalisé par King Vidor
Rosa, femme dénuée de scrupules et dévorée d’ambition, s’ennuie dans sa petite ville du Middle West. Pour échapper à sa morne existence, elle compte quitter son mari, Lewis, un médecin sans ressources, et se faire épouser de Neil Latimer, un riche industriel de Chicago. Son plan arrêté, elle tente de soutirer quelque argent à son époux…

La Garce, c’est cette femme véreuse qui s’ennui à mourir dans son petit village paumée et dans sa vie toute tracée avec son mari médecin. Qui décide de changer le cour de son existence en mettant tout en œuvre pour que son riche amant la sorte de ce cauchemar, avant que ses plans soient mis à mal. La Garce, c’est ce genre de personnage qu’on adore détester, sublimée par une Bette Davis au regard incendiaire et à l’aura sulfureuse qui n’hésitait pas au cours d’une scène à braver les interdits en marquant « Shit » sur une table poussiéreuse. Un geste improvisé qui colle parfaitement à un film abordant des sujets tabous pour l’époque, au point d’avoir été recoupé par le studio pour évincer l’évocation de choses trop sensibles. Il n’en reste pas moins que ce film noir est toujours aussi passionnant aujourd’hui, notamment pour son final inoubliable.

 

Los Chidos (2012)
Réalisé par Omar Rodriguez-Lopez
Au Mexique, la famille Gonzales, propriétaire d’une casse auto, survit entre deux autoroutes et se complait dans la médiocrité et la crasse. Quand un industriel américain passe par leur boutique suite à une crevaison, il devient un appât suffisamment intéressant pour ne pas le laisser partir…

L’an dernier, l’une des sensations de l’Etrange Festival était El Infierno, succès monstre au Mexique qui réussissait à être un vrai film populaire sans mettre de gants pour traiter la décadence et la misère de son pays. Ce Los Chidos semblerait presque être le deuxième round, avec l’histoire d’une famille vivant sans complexe dans la misère humaine et la crasse la plus totale, jusqu’au jour où un riche américain va passer par leur boutique de pneu dans l’espoir de faire changer la roue creuvée de sa voiture. Une occasion en or pour cette famille dézinguée, qui va tout faire pour retenir notre bonhomme et lui faire découvrir les travers de chacun. Toujours aussi acerbe dans sa vision de la société mexicaine et les dérives autour du couple ou de la religion, Los Chidos est une comédie ultra savoureuse teinté d’un humour très noir, et qui évoque sans détour la violence de son pays, la condition désastreuse de la femme et le renoncement de son peuple, avec un entrain et une énergie communicative. Même si le film se paie un traitement sonore pour le moins perturbant, tout le long-métrage ayant été visiblement redoublé en post production, cela ne l’empêche pas de nous plonger avec bonhomme au sein de cette communauté de barjos et d’être une sacrée tranche de divertissement tout sauf inoffensive. Encore une fois, on peut en prendre de la graine…

 

Dead Sushi (2012)
Réalisé par Noboru Iguchi
Fille d’un grand chef sushi renommé, Keiko, 21 ans, s’enfuit de sa maison pour ne plus avoir à subir des entraînements de kung-fu devenus trop stricts. Elle se réfugie dans une auberge où un staff excentrique et un groupe de pharmaciens en séminaire la ridiculisent. Mais un ancien pharmacien avide de vengeance répand un sérum capable de transformer les sushi en créatures affamées…

Après les zombies fétichistes de fesses bien rebondies, l’Etrange nous offrait la possibilité de découvrir une autre douceur made in Noboru Iguchi, sans doute le réalisateur le plus talentueux issu des studios Sushi Typhoon et qui nous avait déjà offert l’an dernier le très sympathique Karate Robo Zaborgar. Ici, l’entreprise est bien moins sérieuse et baigne dans la production habituelle du bonhomme, à savoir un gros délire déviant donnant tout ce qu’il peut dans le gore et le mauvais gout. Et quoi de mieux comme pitch qu’un chef cuisinier un rien douteux qui décide de mettre un hôtel japonais sans dessus dessous en donnant vie aux sushis pour que ces derniers se vengent enfin des humains en bouffant tout ce qui bouge ? Si il faut bien admettre qu’on s’attendait à plus de tripailles charclées par ces petits bouts de riz et de poisson cru, Dead Sushi offre encore une fois un éventail de conneries plus inventives les unes que les autres, et donne au spectateur la possibilité unique de voir du karaté-sushi, du buddy-sushi ou même du sushi porn ! La meilleure idée du long métrage est d’avoir donné une personnalité de monstres couillons aux bestiaux, qui n’ont rien à envier à des Gremlins par moment. Et même si le but initial de la chose était de réaliser le Piranha 3D japonais, ce qui est bien loin d’être le cas niveau générosité et quantité de sang déversé à la gueule du spectateur, ce Dead Sushi ne manquera pas de satisfaire votre faim de junkfood filmique asiatique.

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