Chaque samedi de l’Etrange Festival se tient une nuit thématique permettant à des cinéphiles acharnés et insomniaques de de vivre tous ensemble dans une grande pièce sans fenêtres pendant près de 8 heures.

Après une nuit Grindhouse l’année dernière et en attendant la nuit New British Generation, les fous noctambules ont pu voir Zombie Ass, Cockney vs Zombies, Osombie et Gangsters, Guns & Zombies.
Mais Jean-Victor a également vu des courses poursuites, avec Motorway et La Grande Casse ainsi que The Mutation et un film d’animation réussi intitulé Afterschool Midnighters.

Comme pour les précédents compte-rendu, on vous présente tout ça en mini-critiques et bandes annonces bien entendu.

 

Motorway (2012)
Réalisé par Soi Cheang
Un fugitif connu pour ses qualités de pilote de voitures met au défi un flic appartenant à une unité de police secrète.

Produit par Johnnie To et réalisé par l’un des derniers artisans hong kongais qui ne jure que par le cinéma d’action, Motorway offrait la promesse de courses poursuites haletantes dans la mégalopole chinoise. Et pour cause, puisque son héros est un flic obsédé par la vitesse qui n’hésite pas à transgresser les ordres de ses supérieurs pour prendre en chasse les fous du volant du coin. Jusqu’au jour où il va tomber sur plus fort que lui… Se traînant une intrigue pas originale pour deux ronds du jeune surdoué de la conduite donc l’impatience handicapante sera corrigée par un vieux mentor qui décide de remettre le couvert, Motorway n’est pas si excitant qu’il aurait dû être, d’autant que les poursuites se ressemblent toutes, le film tournant rapidement à vide.

 

Afterschool Midnighters (2012)
Réalisé par Hitoshi Takekiyo
Une rumeur dit que, la nuit tombée, les monstres montrent le bout de leurs nez dans l’enceinte de l’école. Trois petites filles curieuses iront changer le quotidien de l’un d’entre eux, un modèle anatomique de la classe de sciences naturelles qui se met à bouger pendant la nuit.

Quand trois petites filles curieuses bravent les légendes urbaines pour aller retrouver un mannequin anatomique scientifique vivant en pleine nuit dans un lycée hanté, cela donne Afterschool Midnighters, long-métrage d’animation complètement barjo. Un peu comme Redline l’an dernier, le tout carbure à un rythme ultra soutenu mais a le mérite d’être riche en situations loufoques et variées, renouvelant sans cesse l’intérêt et la folie de la chose. Comme le film précité, les voix criardes peuvent un peu taper sur les nerfs, mais l’animation pour autant assez simpliste ne manque pas de charme dans son mélange d’univers kawai ultra coloré ou gothique plus menaçant. Une récréation réjouissante en bonne et due forme.

 

La Grande Casse (1974)
Réalisé par H.B Halicki
Long Beach, Californie. Mandrian Pace dirige un réseau de voleurs de voitures hyper organisés. Il reçoit commande d’un gang mexicain qui, pour 400 000 dollars, réclame 48 véhicules aux caractéristiques bien précises, et ce dans un délai de cinq jours…

Titré en VO « Gone in 60 Seconds », ce film qui a eu un remake avec Nicolas Cage à la fin des années 90 a été réalisé en réaction à Bullitt, par un cascadeur qui en avait marre de voir le long-métrage culte avec Steve McQueen cité à tort et à travers dès qu’il s’agissait de poursuite au cinéma. Résultat, cette grande casse voit un groupe de gangsters insolites rassembler des voitures toutes plus luxueuses les unes que les autres pendant une heure, dans une ambiance délicieusement seventies, avec des rouflaquettes, des moustaches et des lunettes hyper larges à gogo. Il faut bien avouer que dans le fond, cette exposition prétexte n’est pas des plus intéressantes, et est sauvée uniquement par son atmosphère et la galerie de jolis bolides rétro qui défile à l’écran, un détail qui parlera surtout aux amateurs. Et vient alors Eleanor, une Ford Mustang survitaminée qui s’avère être la star du film, au point d’être la première citée au générique. La raison est simple : elle va être au cœur d’une course-poursuite déchainée de 34 minutes qui va froisser de la tôle à tout va et envoyer bon nombre de flics dans le ravin.
Certes, tout ça se limite vraiment à du vroom vroom primitif mais pour le coup, ça remplit son cahier des charges haut la main et s’inscrit naturellement dans le classement des meilleures scènes du genre.

 

The Mutations (1974)
Réalisé par Jack Cardiff
À Londres, le professeur Nolter mène des expériences pour prouver qu’en manipulant les structures de l’ADN, il est possible d’obtenir des créatures mêlant des caractéristiques animales et végétales. Lynch, un homme défiguré complice du scientifique, kidnappe des passants pour en faire des cobayes…

Sorte de mélange entre Freaks, Frankenstein ou encore la belle et la bête, The Mutations a été réalisé en hommage à la célèbre œuvre de Tod Browning, et reprend donc l’histoire d’une troupe de cirque constitué d’hommes aux physiques atypiques en y mêlant une intrigue de professeur taré adepte de manipulations génétiques obscures. Bien qu’amusant avec ses maquillages un peu fous et sa galerie de vrais déformés physique comme dans son modèle, The Mutations cite ses références trop directement pour s’en détacher et se limite donc à un hommage curieux mais pas déplaisant.

 

Zombie Ass : Toilet of the Dead (2012)
Réalisé par Noboru Iguchi
Un groupe d’amis se fait attaquer par des zombies sortant des toilettes. Ils doivent également faire face à une mystérieuse infection avec des vers parasites…

Pour introduire la nuit Zombie, l’organisation de l’Etrange Festival n’a rien trouvé de mieux que de commencer les festivités en mettant les deux pieds dans le plat bien comme il faut. Jugez plutôt : un réalisateur issu de l’écurie azimutée Sushi Typhoon et connu pour ses travaux dans le porno à tendance scatophile, qui met en scène un groupe de jeunes devant faire face à des zombies sortant du fond de la cuvette. Cette dernière étant la plus sale possible de préférence, ce qui n’empêche pas nos morts-vivants préférés d’avoir une attirance démesurée pour les popotins. Avec la densité et la grâce d’une diarrhée aigüe, Zombie Ass déroule un nombre énorme d’idées schtarbés, avec du cassage de gueule de zombard version kung-fu, du plan racoleur à la pelle, des torrents de liquides ragoutants déversés à la gueule de ces comédiens et un sens du ridicule et du mauvais goût prôné en étendard. Tel un pet un peu trop retenu mais aussi soulageant que libérateur, Zombie Ass était tout simplement parfait pour ouvrir les hostilités, et devrait ponctuer de nombreuses soirées pizza/bières/dvd.

<

 

Cockneys VS Zombies (2012)
Réalisé par Matthias Hoene
Deux frères dévaliseurs de banques voient leurs plans contrecarrés quand des ouvriers travaillant sur un chantier ouvrent une voûte close depuis 350 ans…

Les anglais sont souvent très forts quand il s’agit de reprendre à leur compte des genres horrifiques très codés pour y insuffler leur humour si caractéristique, et ce n’est pas ce Cockneys VS Zombies qui dérogera à la règle. Ou comment une bande de bras cassés qui sortent d’un hold-up bordélique au possible vont devoir faire face à une invasion zombies dans les règles de l’art, se mettant en tête d’aller sauver leur papi lui aussi en train de défragmenter du revenant dans sa maison de retraite. Si certains gags sont un peu forcés, la bonne humeur générale et la sacrée tenue du film pour son budget restreint assurent le spectacle, pour une comédie qui sans toucher au niveau d’un Shaun of the Dead s’avère très recommandable.

 

Gangsters, Guns & Zombies (2012)
Réalisé par Matt Mitchell
Alors qu’un début d’épidémie se transforme en apocalypse zombie, cinq redoutables gangsters britanniques tentent de survivre.

On nous avait prévenu « Vous allez voir le même film que précédemment, mais sans aucune tune ». C’est vrai qu’avec un budget estimé à 2000€, cette histoire de gangsters anglais aux grandes gueules affiche une image et une direction artistique des plus minimalistes et cheap. Et malgré un amour certain pour le genre et la volonté de bien faire qui transpire à l’image, le scénario hyper balisé qui aligne les clichés et les situations vues mille fois peine à maintenir l’intérêt. Il faut dire que les jumpscare à base de rêve ou de zombie surgissant à la fenêtre d’une voiture, on fait difficilement moins original, tout comme le membre de gang ultra psycho, ou la romance naissante en plein apocalypse. Gangsters, Guns & Zombies ressemble donc plus à un film de potes amateurs qu’autre chose, et même si on imagine que ses créateurs doivent le revoir entre eux avec grand plaisir, c’est une toute autre histoire pour le commun des mortels.

 

Osombie (2012)
Réalisé par John Lyde
Ben Laden n’est pas mort et revient à la tête d’une armée de zombies intégristes. Un professeur de yoga et l’OTAN semblent bien être les seuls espoirs pour endiguer la menace.

Pour terminer cette nuit dont on sortait avec la démarche d’un mort-vivant, nous avions le droit à un film dont le programme vend du rêve, puisque Osombie propose de suivre la traque d’un Ben Laden revenu d’entre les morts avec son armée de talibans maléfiques. On a très rapidement déchanté, le long-métrage de John Lyde étant une arnaque, une vraie. On y suit durant 95% du temps un groupe de GI mannequins errant dans un désert du Nevada, se faisant passé pour celui d’Afghanistan, en parlant de sujets existentiels entre deux scènes de fusillades mollassonnes. On n’a rien contre les discussions autour des excréments de zombie et de leurs potentiels couches ou de l’enfance des têtards qui servent de personnages en pensant faire du Tarantino à parler de cartes Pokémon, mais le tout est tellement répétitif et vain que ca tape rapidement sur les nerfs. Encore plus à 7h du mat. Enfin, pour vous faire une idée, imaginez un extrait de 5 minutes qui se la raconte pour se la jouer cool, et qui passe en boucle pendant 1H40. Ca vous donne une bonne raison de fuir cette daube.

Ajoutez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués * sont obligatoires.