Deauville est bel et bien fini, le tapis rouge est replié, les planches ont retrouvé leur calme.

Nous sommes rentrés après 5 jours de films et d’interviews. Le festival n’est donc pas encore tout a fait fini pour vous sur CloneWeb.

Au programme aujourd’hui : un film d’amour en deux parties mais réunis en une, avec James McAvoy et Jessica Chastain, le dernier né des studios Laika et Jon Favreau qui cuisine tout en réglant ses comptes avec Disney (en salle le 29 octobre).

 

 

The Disappearance of Eleanor Rigby : Them
Eleanor aime Conor, et Conor aime Eleanor. Que se passe-t-il lorsqu’un couple vivant en parfaite harmonie se retrouve soudain confronté à un événement tragique? Les deux films composant The Disappearance of Eleanor Rigby racontent la même histoire d’amour, adoptant le point de vue de Conor dans Him et celui d’Eleanor dans Her, se renvoyant l’un à l’autre et s’emboîtant comme les pièces d’un puzzle.

The disappearance of Eleanor Rigby est une histoire d’amour en somme très classique. C’est dans sa forme en revanche qu’elle prend tout son intérêt. En effet, Ned Benson avait prévu cette romance du point de vue de l’homme et de la femme par deux films : Him & Her. Il n’a pas été du même goût d’Harvey Weinstein qui a demandé au réalisateur un montage regroupant les deux films en un seul : Them.
On y suit Connor et Eleanor, un couple marié, juste après leur séparation. Il en ressort de fait un certain déjà-vu, que ce soit sur la construction ou la narration. Néanmoins, le film se suit avec un immense plaisir et une grande fascination. En effet, Jessica Chastain et James McAvoy portent le film à bout de bras et sont tout simplement hypnotisants. On est touché par leur histoire et surtout très étonné du parti pris du metteur en scène. Si The disappearance of Eleanor Rigby : Them,  est assez pessimiste et extrêmement mélancolique. Il n’en reste pas moins un film réussi, une belle leçon de vie et n’hésite pas à offrir quelques moments de grâce. On espère que la France va distribuer Her & Him plutôt que Them, tant on aimerait en voir plus.

 

Les Boxtrolls
Les Boxtrolls est une fable qui se déroule à Cheesebridge, une ville huppée de l’époque victorienne, dont la principale préoccupation est le luxe, la distinction et la crème des fromages les plus puants. Sous le charme de ses rues pavées, se cachent les Boxtrolls, d’horribles monstres qui rampent hors des égouts la nuit pour dérober ce que les habitants ont de plus cher : leurs enfants et leurs fromages. C’est du moins la légende à laquelle les gens de Cheesebridge ont toujours cru. En réalité les Boxtrolls sont une communauté souterraine d’adorables et attachantes créatures excentriques qui portent des cartons recyclés comme les tortues leurs carapaces. Les Boxtrolls ont élevé depuis le berceau un petit humain orphelin OEuf, comme l’un des leurs, explorateur de décharge et collectionneur de détritus mécaniques.

On en attendait beaucoup de ces Boxtrolls, nouveau venu des studios Laikas, après l’acclamé ParaNorman et l’excellent Coraline. Alors que ce dernier était un film assez noir, presque adulte, ParaNorman pêchait ici et là sur quelques séquences tout en restant de haut niveau. Malheureusement pour les Boxtrolls, on dégringole. Si on ne s’y ennuie pas, les sourires peineront à s’esquisser si vous avez plus de 8 ans. Le scénario ne décollera jamais de ses rails bien tracés et on devine la fin dès les 3 premières minutes.
Visuellement, tout de même, ça reste absolument hallucinant. La réalisation est excellente, l’animation d’une fluidité rare, les décors sont superbes et les personnages extrêmement bien travaillés. Mais ça ne fait pas tout. Dommage.

 

#Chef
Carl Casper, Chef cuisinier, préfère démissionner soudainement de son poste plutôt que d’accepter de compromettre son intégrité créative par les décisions du propriétaire de l’établissement. Il doit alors décider de son avenir. Se retrouvant ainsi à Miami, il s’associe à son ex-femme, son ami et son fils pour lancer un food truck. En prenant la route, le Chef Carl retourne à ses racines et retrouve la passion pour la cuisine et un zeste de vie et d’amour.

On se demandait un peu comment Jon Favreau allait rebondir après Iron Man et Cowboys & Envahisseurs. Et il a visiblement profité de ces expériences chez les majors pour en faire un film semi-biographique sur sa seconde passion : la nourriture.
Difficile ici de ne pas faire de parallèle entre la carrière du chef Casper à celle du réalisateur : chef d’un restaurant de haute gastronomie étoilée (Favreau chez Disney), après un flop total et un pétage de plomb suite à une critique ultra négative (Cowboys & Envahisseurs), il décide de prendre du recul et d’ouvrir quelque chose de beaucoup plus intime : un foodtruck (#Chef étant un film indé).
Si l’histoire est ultra classique, on s’attardera surtout sur la réalisation. Jon Favreau filme la nourriture comme personne. La cuisine est un art pas seulement gustatif mais aussi visuel, il l’a bien compris. Chaque plan est savoureux et dégouline de tout l’amour qu’il a pour la bonne bouffe.
Si vous vous demandiez pourquoi un # devant le titre, c’est parce que #Chef évoque énormément la force des réseaux sociaux, ses dangers et ses inconvénients. Et pour une fois, il est important de le dire : c’est fait sans aucun cliché et avec une justesse trop rare que seul très peu de films ont réussi à atteindre sur un tel sujet.
Le film est également un vrai feel-good movie comme on n’en voit que trop rarement, on rit souvent, on est parfois ému, on en sort avec un sourire jusqu’aux oreilles et une faim monstrueuse. Une vraie réussite.

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