Nous sommes de retour une nouvelle année au Festival du Film Américain de Deauville pendant que l’Etrange bat son plein à Paris.

Si les festivités ont commencé Vendredi avec Everest dont vous pouvez retrouver la critique ici. Pour son premier week-end, Deauville était placé sous le signe de Eli Roth, accompagné de Keanu Reeves et de Lorenza Izzo pour présenter Knock Knock, en salle le 23 Septembre et The Green Inferno, une sortie VOD. C’était l’occasion pour nous de commencer sur les chapeaux de roues avec 3 films, dont une séance à minuit.

 

Knock Knock – Sortie le 23 septembre 2015
Réalisé par Eli Roth

Le sale gosse d’Hollywood, Eli Roth, réalisateur de Hostel 1 et 2, et également un des Inglorious Basterds, se voit accompagné aujourd’hui de Keanu Reeves qui semble faire un retour en force sur nos écrans depuis John Wick.
Knock Knock raconte l’histoire d’un père de famille qui vient en aide à deux jeunes filles débarquant chez lui trempées en pleine nuit. Après l’avoir bien allumé, ils passent à trois une nuit de folie. Le lendemain, elles décident de le séquestrer chez lui, en le torturant physiquement et psychologiquement, pour le punir d’avoir pêché (trompé sa femme donc).
Au delà du message complètement puant que Knock Knock essaie de faire passer aussi subtilement qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine, le film remporte aisément la palme de ce qu’on a vu de pire cette année (et on a vu Terminator Genisys et Pixels). A l’instar d’Hostel, le long-métrage se découpe en deux parties. 45 minutes de rien, de vide, de creux, construit, joué et réalisé comme un mauvais porno. On s’ennuie ferme et rien ne se passe. Arrivé à la moitié, la séquestration commence mais même ça ce n’est pas réussi. Tout est mauvais et raté. Keanu Reeves n’a jamais aussi mal joué (vous le voyez s’énerver dans Man of Tai Chi ? Ben là c’est pire) et les deux actrices ont autant de charisme qu’un paquet de céréales (et c’est pas très sympa pour le paquet de céréales).

 

The Green Inferno – Sortie le 16 octobre 2015 en VOD
Réalisé par Eli Roth

Deuxième film de Eli Roth de la journée, accompagné une nouvelle fois de sa femme Lorenza Izzo. The Green Inferno est tourné depuis déjà quelques temps et peine à sortir en salle. Il sort finalement en e-Cinéma en France et s’est fait une petite réputation dans les festivals de genre, comme un film gore et dérangeant, se voulant un hommage à Cannibal Holocaust. Le pitch est simple : des jeunes étudiants décident de partir dans la forêt Amazonienne pour arrêter des bulldozers. Ils se font capturer par des cannibales.
C’est triste de voir que Eli Roth fait toujours le même schéma dans ses long-métrages (voir plus haut) : une moitié nulle, où il ne se passe rien, et une deuxième moitié, après un élément perturbateur arrive, où il se passe des choses (tout aussi nulles). La première partie s’approche plus d’un mauvais soap espagnol, aussi bien joué que dans Un Dos Très. On doit attendre 1h pour voir un premier démembrement (sur 2…). Les dernières 45 minutes ne sont pas mieux : c’est filmé et joué comme un mauvais Asylum. Le gore se résume à 4 scènes pas plus sanglantes qu’un épisode de Walking Dead, les personnages sont tous des crétins finis et tout ça sent la prothèse à plein nez.
Si The Green Inferno n’arrive pas à sortir en salle, malgré son avertissement aux moins de 16 ans, ce n’est pas parce que c’est dérangeant ou trop gore pour le public non. C’est juste parce que c’est nul.

 

Life – Sortie le 9 septembre 2015
Réalisé par Anton Corbijn

Avant d’avoir réalisé des longs-métrages, Anton Corbijn est d’abord un photographe de génie et un réalisateur de clip. Il a eu l’occasion de travailler avec les plus grands artistes, de Depeche Mode à U2 (c’est lui qui est à l’origine de la superbe pochette de Joshua Tree).
C’est donc sans étonnement et après avoir mis en scène un biopic sur le chanteur de Joy Division (Control), un thriller avec George Clooney (l’excellent The American) et un film d’espionnage avec Philip Seymour Hoffman (Un homme très recherché), qu’il s’attaque à un gros morceau : le premier film sur la vie de James Dean. Attention, Life n’est pas un biopic à proprement parler puisqu’il se consacre uniquement sur quelques semaines : celle où le photographe Dennis Stock fait ce fameux shooting pour Life avant que l’acteur ne soit réellement connu.
Comme pour ses précédents longs, Corbijn prend son temps. Life est avant tout un film à l’esthétique rare, sublime, où chaque plan est une véritable photographie, où la composition est hallucinante. Souvent contemplatif, il n’en est pas moins prenant. La réalisation du photographe est superbe et surtout, le film est porté par Dane DeHaan, d’une justesse impeccable et surtout Robert Pattinson, qui éclipse tout le monde par un jeu et un charisme exceptionnels. Une vraie réussite

 

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