Le SXSW, c’est l’occasion de découvrir des films hyper attendus et de vous en parler en vidéo comme nous l’avons fait avec Song to Song et Baby Driver.
C’est aussi l’occasion de découvrir de “plus petits” films, du genre de ceux qui tenteront ensuite leurs chances auprès d’acquéreurs internationaux pour pouvoir être diffusés en dehors des Etats Unis.

On commence avec trois longs métrages qui n’ont pas encore de date de sortie française.

Fits and Starts (2017) de Laura Terruso

Et une avant-première mondiale, une ! Très attaché au cinéma d’auteur immergeant, SXSW consacre une large partie de sa programmation à de jeunes cinéastes qui sont rarement étrangers au festival voire à sa région. C’était le cas de Laura Terruso pour son Fits and Starts, l’histoire d’un romancier qui peine à percer à l’heure où sa petite amie enchaine les cartons littéraires. Un contexte un peu étouffant qui nuit à son bien-être et à sa créativité, ce qui va se cristalliser au sein d’une journée pas comme les autres où le couple doit aller à une soirée mondaine dont les hôtes n’ont d’intérêt que pour la demoiselle. Et rien que le voyage vers la soirée va être compliqué…

Prototype typique de la petite comédie indé US, Fits and Starts a bien pour lui quelques gags pince sans rire et deux trois trouvailles rigolotes, mais croule sous le poids d’une fabrication quelconque et d’un récit balisé qui est souvent prévisible quand il n’est pas forcé. Que ce soit dans le jeu des acteurs, dans la photographie ou dans le rythme, l’aspect amateur du film s’en ressent et l’ensemble peine à tirer son épingle du jeu passé quelques gags qui font mouche.

Un film gentillet donc, et tout aussi oubliable.

 

This is your Death (2016) de Giancarlo Esposito

Les fans de Breaking Bad connaissent forcément Giancarlo Esposito, le grand bad guy de la série « Gus ». Ce qu’ils ne savent peut-être pas, c’est que le comédien possède plusieurs casquettes comme le prouve la première mondiale de son second long-métrage à SXSW.

Dans « This is your Death », Josh Duhamel joue un présentateur d’émissions de TV réalité qui assiste médusé au meurtre du Bachelor sous ses yeux. Choqué par la violence du fait divers dont il ressort considéré comme un héros, il décide avec sa productrice véreuse de monter une nouvelle émission dans laquelle les gens viennent se donner la mort en direct en espérant que les spectateurs miseront sur eux pour assurer un avenir radieux à leur entourage. Oui, vous avez bien lu, le personnage passe du coq à l’âne sans s’en rendre vraiment compte, dans un récit moralisateur forcément, dont la force éventuelle est anéantie par un manque total de rigueur d’écriture. Plus c’est gros, plus ça passe comme on dit, et l’aspect moral du film est d’autant plus douteux que le récit mise sur un personnage en fin de parcours pour faire basculer la donne, un personnage joué par le metteur en scène… Se donnant le bon rôle dans une trame secondaire ultra prévisible et totalement accessoire, Giancarlo Esposito nous fait la leçon grassement, enfonçant des portes ouvertes et enfilant des perles à tout va pour dénoncer voyeurisme, surmédiatisation et la crise US.

Pointer du doigt sans rien apporter au débat, tout le monde sait le faire sans nécessairement se faire passer pour le héros de l’histoire. Autant dire qu’avec sa réalisation illustrative d’une platitude totale, son rythme à la ramasse et son message balourd, This is your Death ne risque pas de trouver une sortie en France, et c’est tristement une bonne nouvelle.

 

Small Town Crime (2016) de Ian & Eshom Nelms

Chaque festival à ses artistes fétiches, et ici à Austin c’est peu dire que l’acteur John Hawkes et sa gueule mémorable sont à même de déplacer les foules.

Dans ce polar déluré, le comédien joue un ancien flic alcoolique tombant sur le cadavre d’une jeune femme en plein désert Texan. Malgré les avertissements de ses anciens collègues et de son entourage, il va se lancer dans une enquête retorse pour résoudre l’affaire non sans difficulté.
Capable de mélanger un humour parfois très sec à un propos sombre sur l’Amérique, Small Town Crime rappelle le cinéma des frères Coen dans sa capacité à rire de la misère humaine pour mieux vous attraper par la gorge juste après. Toute proportion gardée bien sûr, mais avec sa galerie de tronches pas possibles, des dialogues cinglants et une lumière soignée qui propose de belles ambiances cradingues, le tout s’impose comme un polar fun, bad ass et plus touchant qu’il n’y paraît, porté par la prestation royale d’un John Hawkes méconnaissable sans sa barbe, ce qui ne l’empêche pas de dégueuler de charisme.

Une belle surprise plus dense qu’il n’y paraît, qui rejoint le récent Comancheria dans le renouveau du polar US aussi bouseux que réjouissant.

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