La diffusion des bandes annonces avait fait parler de Your Highness (Votre Majesté en version française) parce que rares sont les comédies médiévales. Et puis le postérieur de Natalie Portman portant un string d’époque ou une culotte numérique selon les versions avait marqué les esprits.

Si le film n’arrive que tardivement en France -le 28 septembre prochain- il est déjà visible outre-Manche. Arkaron s’est donc jeté dans une salle de cinéma dublinoise pour ensuite pouvoir vous en parler.
Voici sa critique.

 

 

Votre Majesté (Your Highness) – sortie le 28 septembre 2011
Réalisé par David Gordon Green
Avec Danny McBride, James Franco, Natalie Portman et Zooey Deschanel
Thadeous, un prince fainéant et jaloux de son ainé Fabious, se voit contraint d’embarquer dans une quête afin de sauver la fiancée de son frère des griffes du sorcier Leezar…

 

Faire une comédie médiévale aujourd’hui présente un défi certain pour la simple raison que l’ombre du meilleur film du genre planera toujours sur les nouveaux venus. Les Pytons avaient parfaitement cerné leur époque et avaient su transformer leurs faiblesses budgétaires en forces de création et d’inventivité. Cette année, Gordon Green, réalisateur du correct Pineapple Express, s’associe de nouveau avec ses potes McBride et Franco pour une aventure entre humour (très) gras et action.

Sans surprise aucune, on retrouve dans le rôle titre un McBride qui en fait plus que nécessaire, accompagné d’acteurs talentueux campant tous des personnages volontairement caricaturaux. Ainsi, Franco est le chevalier sans peur et sans reproche, Deschanel une vierge innocente et sans défense, Justin Theroux un méchant sorcier porté par la soif de pouvoir et de luxure, et Portman une intrépide aventurière.

Le script fait alors exactement ce qu’on attend de lui : il se moque et détourne de façon grossière et lourde des codes qui gagneraient à être mieux manipulés, ou au moins manipulés dans un but autre que faire rire les trois mecs au fond de la salle qui s’extasient à voir deux fesses, quelques seins, un pénis et McBride qui fait la pseudo-grimace les trois quarts du temps. Loin de moi l’idée de renier toute subversion du conte médiéval : Sacré Graal et Jabberwocky savaient allier humour et intelligence, tandis que l’extravagant Raüberinnen vu au NIFFF l’an passé transcendait sa vulgarité extrême grâce à la violence narrative du film. Seulement tout dans Your Highness apparait comme attirant pour le geek jeuno, et avec un peu de chance, pour quiconque aime ce type d’humour. En effet, outre les références, McBride s’inscrit dans une mode d’humour pour qui la subtilité est une aberration, et si la bande annonce ne suffit pas à vous en persuader, je vous assure que 95% des blagues sont situées en dessous de la ceinture. En résulte une fatigue inévitable chez le spectateur peu enthousiasmé par les blagues répétitives et peu inspirées de l’ami Danny.

Côté action, Your Highness est riche en scènes de poursuites et de combats, ce qui tend d’ailleurs à contre balancer l’humour lourdingue des dialogues ou des situations. La mise en scène de Gordon Green n’est pas pénible à suivre, même si le montage ne permet pas une lisibilité optimale durant les poursuites. Les combats rapprochés en revanche, sont beaucoup moins maîtrisés. Malgré tout, le film offre ses meilleurs moments lorsqu’il se prend enfin un peu au sérieux, et qu’il daigne verser dans le genre épique (l’affrontement final). Le registre n’est cependant pas aidé par les effets visuels fauchés, mais peut compter sur l’aide d’une musique outrancière mais efficace, et très présente.

Comme tous les films du genre ou presque, Votre Majesté se moque des codes et les tripote, avec affection cependant, parce qu’au-delà d’un sens de l’humour adolescent, le film ne prétend jamais être plus que ce qu’il est, et avoue de lui-même ne rien apporter sinon une séance de divertissement, généreuse dans son domaine, et à la beaufitude sympathique.

Au final, Your Highness se laisse regarder gentiment, mais ne nous voilons pas la face : c’est un film de potes à voir entre potes en fin de soirée, rien de plus et rien de moins.

3 commentaires

  • alexandre mathis jeudi 5 mai 2011 14 h 09 min

    Portman + Deschanel. a savoir une déesse et une muse. Un bon moyen pour acheter ma tolérance (toute relative faut pas déconner). On verra ça à sa sortie française.

  • Anne lundi 20 juin 2011 3 h 04 min

    Vu ici au Québec en avril et franchement, ca ne valait pas le 6$ de la place, à regarder entre amis en dvd à la limite…mais aps en salle.

  • Trackback: Sorties cinéma du mercredi 7 septembre 2011 | Blog d'un(e) ciné-geek(ette)

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