L’avantage d’avoir un rédacteur au Canada, c’est qu’il nous arrive de pouvoir critiquer des films qui tardent à sortir en France. C’était le cas avec Hors de Contrôle, ça l’est aussi maintenant avec The Losers.
The Losers est donc l’adaptation du comic du même nom et fait fortement penser à l’Agence Tous Risques sur le principe avec un casting tout aussi lourd : Jeffrey Dean Morgan (Watchmen), Zoe Zaldana (Avatar), Chris Evans (le futur Captain America).
Voici la critique d’un film … manifestement oubliable.

The Losers – Sortie prochainement
Réalisé par Sylvain White
Avec Jeffrey Dean Morgan, Idris Elba, Zoe Saldana
Une équipe de forces spéciales déclare la guerre à la CIA après que l’agence ait tenté de les supprimer…

C’est terrible et surtout pénible à la longue, mais comme la plupart du temps avec les adaptations de bd, il se trouve que votre humble serviteur connaissait l’œuvre originale avant d’aller voir le film. Je m’en excuse à l’avance auprès de ceux qui espéraient avoir un regard frais et vierge sur le film de Sylvain White. Et il se trouve que la BD, The Losers d’Andy Diggle et Jock, je l’aimais beaucoup, bien que mes souvenirs soient quelque peu brumeux maintenant.

Le film est-il une adaptation fidèle ? Pour les 3 du fond que ça intéresse (après tout la série est pratiquement inconnue en France), oui et non. On y retrouve des scènes (généralement assez cool) copiées collées de la BD mais le ton général a bien changé. The Losers, le film, est bien plus grand guignolesque et bouffon que son homologue papier. Ne serait-ce que la fin qui change radicalement la donne mais aussi et surtout l’humour omniprésent qui désamorce finalement la tension qu’offrait à l’origine cette histoire d’espionnage. De même le personnage incarné par Zoë Saldana a subi une refonte quasi complète, beaucoup plus formatée (c’est bien dommage). Il faut noter que la série d’origine n’était pas non plus “réaliste”, en matière d’espionnage on n’était pas non plus dans du John LeCarré. Mais enfin c’était plus sombre et plus nerveux.

Faut-il pour autant bouder son plaisir ? Déjà la question ne se pose pas pour les heureux ignorants qui n’ont jamais eu vent de l’oeuvre de Diggle et Jock. Pour les gens qui ont peur de l’humour, c’est une autre affaire. Le film reste distrayant à condition qu’on accepte cet aspect “over the top” et son débit de blagues, répliques, comique de situation. C’est pas du Eddy Murphy mais ça fait du pied aux comédies d’action des années 80 genre l’Arme Fatale. Il y a un côté un peu ringard là dedans, surtout que White ne filme pas à l’ancienne mais déploie son esthétique de clip de hip hop (on a affaire au réalisateur de Steppin, pour rappel). Le mélange est loin d’être organique.

Pour ceux qui veulent de la scène d’action, vous en aurez. Quant à avoir de la bonne scène d’action, c’est une autre histoire. Les scènes de sexe sont filmées comme si White était le rejeton illégitime de Bay et Snyder, tout le reste c’est de l’hystéro/ralenti au petit bonheur la chance. On a du champ/contre champ lisible, beaucoup d’effets gratuits et une qualité d’ensemble largement oubliable. Je n’ai pas trouvé ça déshonorant, ça me se distingue pas de la médiocrité habituelle, c’est juste dans la moyenne basse de la production d’actioners d’aujourd’hui. Coup de gueule quand même à une scène d’explosion de jet privé où les effets spéciaux sont plus cheap qu’un téléfilm M6, absolument aberrant de mettre un truc pareil quand on n’a pas le budget pour produire un résultat correct à l’écran.

Alors The Losers, conclusion ? J’ai rigolé, j’étais indulgent, je le ne reverrais pas. Si vous êtes assez sélectifs sur vos films d’action, le film de White ne passera pas les premiers filtres, mais comme l’immense majorité de la production. Un avant goût certain de The A-Team, qui se verra assurément affublé du même humour forcé et (je l’espère pas quand même) de la même réalisation débilo-hip hopesque.

– Basile, envoyé spécial de CloneWeb au Canada

Ajoutez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués * sont obligatoires.