Nous sommes allés voir The Good Heart -sortie en salles le 17 mars- premier film américain du réalisateur islandais Dagur Kari avec l’excellent Paul Dano vu notamment dans Little Miss Sunshine.
Critique d’une petite production qui a tout d’une grande.

Critique initialement publiée le 1er mars
Sortie du film en salles le 17 mars

The Good Heart – Sortie le 17 mars 2010
Réalisé par Dagur Kari
Avec Paul Dano, Brian Cox, Isild Le Besco

Pour son 3ème long métrage, Dagur Kari nous livre une œuvre plus qu’atypique. S’offrant un casting quatre étoiles, le réalisateur islandais nous donne alors une vision très personnelle et particulière de New-York.

Lucas, un garçon marginal, rencontre par hasard Jacques, un patron de bar grognon affaibli par cinq attaques cardiaques. Sachant que ses jours sont comptés, Jacques décide de prendre sous son aile Lucas. Tout se passe selon ses souhaits jusqu’au jour où April, une jolie hôtesse de l’air un peu éméchée, fait irruption dans le bar….

Un vieux barman aigri à l’approche de la mort recueille un jeune clochard et le prend sous son aile pour lui offrir un triple apprentissage. Paul Dano apprendra grâce à lui à vivre, à se protéger, mais aussi, Jacques (joué par Brian Cox) lui enseignera le métier de barman. Parallèlement, le comportement du jeune homme fera alors se remettre en question le vieux bonhomme.

Il l’avait déjà montré pour Little Miss Sunshine et surtout dans There Will Be Blood, Paul Dano est simplement extraordinaire de justesse. Isild le Besco, par contre, arrive comme un cheveu dans la soupe. Son personnage paraît fade quoiqu’utile à l’histoire, mais c’est surtout son jeu d’actrice qui laisse à désirer. Brian Cox quand à lui n’a plus rien à montrer de son talent.
Mais ce ne sont pas les seuls protagonistes.
Véritable personnage à part entière, le bar occupe ici une grande place puisque les trois quarts du film s’y passent et il est loin d’être un lieu de rencontre et de socialisation (puisque la solitude est aussi un des thèmes abordés).

Parfois maladroit, le scénario se révèle très ingénieux surtout par sa fin complètement inattendue. Dagur Kari joue souvent avec les clichés sans pour autant tomber dedans puisque, disons le, le thème présent est déjà-vu. Pourtant, et c’est surtout grâce à la photographie très soignée, il arrive à en faire quelque chose de particulier et d’extraordinaire. L’humour, souvent noir, est constamment présent et nous permet alors de contourner les stéréotypes en provoquant un certain décalage avec le fond tragique de l’histoire.

« The Good Heart ».
Ce cœur est au centre de l’histoire. Et ainsi, ce titre prend plusieurs valeurs, au sens propre comme au sens figuré, le bar étant le cœur de Jacques, lui-même victime de crises cardiaques. Mais « The Good Heart », c’est aussi Lucas qui, ancien clochard, offre le bonheur et la bonne humeur à certaines personnes.
Le film peut parfois rappeler le sublime « My Blueberry Nights » de Wong Kar Wai, où le réalisateur laisse au spectateur le choix d’imaginer un passé et une histoire aux personnages puisque comme dans l’œuvre du réalisateur de « In the mood for love », nous ne connaissons strictement rien du passé de nos protagonistes, que ce soit pour les sujets abordés ou l’ambiance dans lequel « The Good Heart » nous plonge.

– Alex

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