L’année 2011 a été riche en cinéma et l’heure des bilans approche.

Ce que vous lisez est d’ailleurs la dernière critique de l’année 2011. Et si l’année 2012 s’annonce comme riche en évènements, voici le premier.
En effet, pour son nouveau long-métrage avec The Social Network, le génial David Fincher s’est attaqué au roman de Stieg Larrson. Et nous livre un de ses meilleurs films.

Ou comment commencer 2012 sur les chapeaux de roue.

 

 

Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes – Sortie le 18 janvier 2012
Réalisé par David Fincher
Avec Daniel Craig, Rooney Mara, Christopher Plummer
Mikael Blomkvist, brillant journaliste d’investigation, est engagé par un des plus puissants industriels de Suède, Henrik Vanger, pour enquêter sur la disparition de sa nièce, Harriet, survenue des années auparavant. Vanger est convaincu qu’elle a été assassinée par un membre de sa propre famille.
Lisbeth Salander, jeune femme rebelle mais enquêtrice exceptionnelle, est chargée de se renseigner sur Blomkvist, ce qui va finalement la conduire à travailler avec lui.
Entre la jeune femme perturbée qui se méfie de tout le monde et le journaliste tenace, un lien de confiance fragile va se nouer tandis qu’ils suivent la piste de plusieurs meurtres. Ils se retrouvent bientôt plongés au cœur des secrets et des haines familiales, des scandales financiers et des crimes les plus barbares…

 

En guise de préambule, je dois avouer que je ne connaissais pas l’histoire de Millenium avant d’avoir vu le film de David Fincher. Contrairement à des millions de gens, je n’ai jamais lu les romans de Stieg Larsson. Et je n’ai vu ni les films suédois ni leurs versions diffusées sous forme de mini-série à la télévision.
C’est donc grâce au scénario de Steven Zaillian que j’ai découvert Lisbeth Salander.

Pour ceux qui, comme moi, ne connaissaient pas Millenium Les Hommes qui n’aimaient pas les Femmes, sachez qu’on commence par suivre deux histoires qui vont finir par se croiser.

D’un coté, Mikael Blomkvist (Daniel Craig, parfait comme toujours). Journaliste pour le magazine suédois Millenium, il est pris dans la tourmente après avoir diffamé un homme d’affaire en enquêtant sur lui. Quand le patriarche d’une riche famille lui fait une proposition, il en profite donc pour prendre le large. Il va en effet s’engager auprès d’Henrik Vanger (Christopher Plummer) pour enquêter sur la disparition de sa fille, mystère non élucidé depuis plus de 40 ans. Les circonstances de cette disparition sont telles qu’une chose est sûre : habitants tous différents bâtiments sur une même île rattachée au continent par un seul pont, les membres de cette famille cachent forcément le coupable.
Blomkvist va se lancer alors dans une enquête qui pourrait bien être comparée à un bon Agatha Christie moderne : complexe, tordu, mais aussi centré sur un petit nombre de gens dans un environnement presque fermé.

De l’autre coté, la fameuse Lisbeth Salander. Jeune fille au passé flou et à l’apparence particulière, bardée de tatouages et de piercings, bisexuelle, elle vit sous tutelle. Mais sous cette apparence se cache un petit génie de l’informatique, une sourdée à l’incroyable mémoire visuelle et une femme forte marquée par la vie.
Pour incarner ce personnage haut en couleurs, David Fincher a fait appel à Rooney Mara, soeur de Kate et brièvement aperçue dans The Social Network. La jeune femme livre ici une incroyable performance, se donnant à fond pour le personnage qui donne son nom au film et on ne peut qu’espérer qu’elle soit multi-récompensée.

Si ce n’était pas forcément évident au début, les deux personnages étaient en fait destinés à se rencontrer et travailleront ensemble quand Blomkvist aura besoin d’une assistante. Ayant enquêté sur lui, le connaissant donc par cœur, elle sera la personne idéale pour lui permettre d’avancer à grands pas dans son enquête. Qui plus est, Salander trouvera chez le journaliste la gentillesse et le réconfort qui manquent à son quotidien si troublé.

Pour filmer cette histoire qui se révèlera passionnante surtout dans sa deuxième partie et dès lors que les deux héros se mettront à collaborer, David Fincher livre tout simplement le meilleur de lui-même. En offrant une réalisation d’apparence sobre mais en réalité fouillée, riche, et soignée, et en reprenant des éléments utilisés dans de précédents films (notamment The Social Network, Seven pour la noirceur de certaines scènes et Benjamin Button pour la luminosité des flashbacks) le metteur en scène donne l’impression que son dernier film est le point d’orgue de sa carrière. C’est sans doute d’autant plus que le cas que son prochain projet (l’adaptation de 20 000 lieues sous les mers) sera tourné en performance capture.

Au delà de l’histoire, de la mise en scène et du jeu des acteurs, il fallait quelque chose en plus pour lier l’ensemble : la musique. En faisant une nouvelle fois appel à Trent Reznor et Atticus Ros, David Fincher a fait le meilleur choix possible. Les deux membres de Nine Inch Nails livrent ici une musique de film omniprésente, discrète quand c’est nécessaire.
Il y a des films où la musique est sans importance, d’autres pour lesquels elle fait partie intégrante du récit, captant le spectateur, lui donnant un coup de pouce supplémentaire pour plonger dans l’histoire. Et tout cela, sans même évoquer le sublime générique du début reprenant du Led Zeppelin…

Passionnant, captivant, dur, sombre. Les superlatifs ne manquent pas pour évoquer Millenium Les Hommes qui n’aimaient pas les Femmes, sans doute “le” grand film à voir en ce début d’année 2012. Non content d’avoir adapté un roman à succès, David Fincher livre un des meilleurs films de sa carrière.
Et si on se réjouit de voir ce que le magicien va faire de Jules Verne en perfcap, on ne peut qu’espérer qu’il reprenne ses acteurs pour nous livrer les deux suites.

3 commentaires

  • Bastien lundi 2 janvier 2012 10 h 07 min

    Fincher est presque fatiguant … C’est un sans fautes sa filmographie et là encore ça m’a tout l’air d’être du lourd… Peut-on me prêter une peu de son talent ?

    http://www.festivalnikon.fr/videos/view/id/1043

    J’en profite pour laisser un lien vers un de mes court-métrages inscrit au festival Nikon. N’hésitez pas à voter et à partager au maximum.

    Merci

  • Trackback: CloneWeb » Demain c’est … mercredi 18 janvier
  • Narcisse dimanche 22 avril 2012 11 h 26 min

    Les Américains sont décevants. Vraiment décevants. La version suédoise du livre était surprenante, jamais je n’avais autant accrochée sur un film, le jeu des acteurs était excellent d’après moi, on se prend d’affection pour Lisbeth, jouée par Noomi Rapace. J’ai pu enfin la comparée à la version Américaine et je peux dire que jamais je n’ai autant haïs un film, le rôle de Lisbeth était interprété à merveilles par la jeune suédoise, mais là, l’Américaine n’est qu’une pâle copie ( et c’est le cas de le dire ), on n’arrives pas à croire à son jeu , les Ricains se sentent obligés d’en rajouter, de montrer comment par exemple, Lisbeth se retrouve au lit avec une femme ou la scène de sexe avec Blomkvist , on se sent obligés de la casée dans la case bisexuelle, alors que dans le film suédois, elle paraît juste être une fille marginale qui n’a d’attirance particulière pour aucun des deux sexes.
    Quant à Daniel Craig, il n’a pas su exploiter totalement le rôle de Blomkvist, bien qu’il ai plus de deux heures pour y parvenir. L’ancien Blomkvist n’était pas beau, n’avait pas de charme mais on savait l’apprécier malgré cela. Craig est tout d’abord, dans le monde du cinéma considéré comme un beau gosse, ce qui ne colle AB-SO-LU-MENT pas avec le personnage qu’il est censé joué, Craig est distant, froid alors que Michael Nyqvist ( Blomkvist version Suédoise ) sait avoir ses moments de chaleur humaine, on voit qu’il sait sourire, contrairement à son double américain.
    Film déçevant que je ne conseil en rien. Si vous voulez un Millenium pur et dur, la version suédoise est la plus appropriée.

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