LA CRITIQUE

Le trésor de Sutton Hoo est actuellement exposé au British Museum de Londres. Découvert en 1939 dans la petite bourgade qui lui a donné son nom, c’est l’une des plus emblématiques découvertes de l’histoire du Haut Moyen-Age. Il s’agit d’un bateau funéraire enterré avec différentes pièces du VII siècle. Au delà de l’état de conservation de certaines pièces, impeccables, il a permis de documenter une époque dont on avait peu d’artefacts. L’épée (et son magnifique pommeau), le bouclier ou encore les attaches d’épaule sont des pièces historiques emblématiques. Ca valait bien un film.

The Dig raconte donc comme ce trésor a été trouvé, par un archéologue amateur appelé Basil Brown et la jeune femme qui l’a embauché pour fouiller les tertres de son jardin. Évidemment, les découvertes ont attiré les convoitises, le British Museum ne voulant pas laisser tout cela à une petite bourgade du Suffolk, et le travail d’un seul homme est devenu celui d’une équipe.

Adapté du bouquin de John Preston qui romance l’évènement, le film de Simon Stone a de nombreuses qualités dont celle d’être historiquement correct. De la reconstitution des lieux aux personnages en passant par les différents éléments retrouvés dans la tombe, tout est correct. Beaucoup de soin est apporté à la reconstitution et le réalisateur, aidé à la photographie par Mike Eley, magnifie la déjà très belle campagne anglaise avec de très belles séquences ensoleillées.

Les seconds rôles sont sympathiques et le petit arc narratif réservé à Lily James fait plaisir. Mais ce sont évidemment les rôles principaux qui sont à souligner, en particulier le travail remarquable de l’éblouissante Carey Mulligan, dont le personnage est malade. On pense très souvent, et les décors aident en cela, au très beau film de Mark Romanek Never Let Me Go aussi bien pour l’ambiance que pour l’interprétation de haut vol.

Mais plus qu’un film sur la reconstitution de fouilles, The Dig est un film sur l’humain. Comme l’explique le personnage de Ralph Fiennes, quand on ouvre une tombe comme celle de Sutton Ho, on ne trouve pas la mort. On y découvre la vie, à travers les trésors qu’elle renferme. C’est pour ça que le film va mettre en opposition vie et mort, notamment entre l’archéologue qui se trouve une nouvelle jeunesse en fouillant et la jeune propriétaire des terres dont la vie s’en va. Le montage, l’utilisation de plans symétriques et de nombreux éléments du récit vont renforcer cette interprétation.

The Dig est un joli film, superbement interprété et qui vous donnera envie de voyager en Angleterre. Quand vous pourrez à nouveau traverser la Manche, n’hésitez pas à aller vous balader dans le Suffolk, à vider une pinte dans un pub et même à pousser jusqu’à Londres et son British Museum. Le trésor découvert par Basil Brown, qui avait peur de ne pas être reconnu, est installé au 3e étage, salle 41.

The Dig de Simon Stone – Disponible sur Netflix

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